HiFi Vintage – Les platines K7 Nakamichi des années 80 – Partie 1 (1985-90)

La cassette audio revient à la mode, pas autant que le disque vinyle, cependant, beaucoup de jeunes mélomanes n’ayant pas connu les problèmes liés à ces supports techniques datant de l’ère analogique, se trouvent tentés d’investir dans une platine cassette vintage. J’ai moi-même vécu le remplacement de ces appareils perfectibles avec satisfaction, notamment par le Compact Disc Audio qu’il soit en simple lecture ou bien enregistrable, mais il m’arrive de penser avec nostalgie à certaines de mes anciennes platines cassette, et celles qui m’ont le plus impressionné étaient de la marque Nakamichi.

Au milieu des années 80, le prix d’un vinyle était callé entre 70 à 120 Francs, ce qui était cher, mais à ce prix là on avait un son honnête couvrant l’intégralité du spectre sonore audible soit 20-20Khz à 0 db. Certes, la dynamique était mauvaise (35 dB environ), la diaphonie aussi (30 dB), mais ça ne soufflait pratiquement pas (60 dB) (par contre, les craquements étaient bien présents). La cassette audio préenregistrée, vendue au même prix, cumulait tous les défauts (obligation d’écoute dans l’ordre d’enregistrement à moins d’utiliser le rembobinage rapide, mauvaise courbe de réponse en fréquence, mauvaise diaphonie, souffle catastrophique, dépôt sur les têtes de lectures…). La solution « miracle » fut le Dolby B, une sorte de filtre utilisé à l’enregistrement : il atténuait le souffle certes, mais il massacrait encore plus les aigus, à tel point qu’il fallait le désenclencher à la lecture, au prix d’un souffle encore plus audible qu’avant… Du milieu des années 80 au début des années 90, ce filtre évolua en Dolby C, de bien meilleure qualité, puis en Dolby S, d’excellente qualité, on ajouta enfin un filtre qui ne s’applique qu’à l’enregistrement de la cassette mais reste disponible quelque soit la platine cassette (le Dolby HX Pro), mais c’était trop tard, puisqu’en 1990, l’audio numérique bien plus pratique et performant commençait à prendre des parts de marché, et par la même occasion, sonnait le glas de ces dinosaures du son analogique que tout le monde vit disparaître avec joie.

Mais, pendant 20 ans à partir de 1970, la platine cassette fut le seul moyen populaire d’enregistrer du son en qualité « Hifi ». La marque qui se détacha très vite du lot de manufacturiers spécialisés de l’époque était Nakamichi, une marque que j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer dans quelques articles précédents. (Vous pourrez d’ailleurs vous référer à l’article en lien pour trouver un lexique explicatif de ces appareils vintage). La marque nippone ne faisait que du haut de gamme, et je dois dire qu’au niveau son, on en avait pour son argent. Leurs têtes de lecture de haute qualité étaient très résistantes, souvent au nombre de trois, ce qui permettait le monitoring (comparaison du son original et de l’enregistrement), les moteurs étaient aussi au nombre de trois (sur les appareils les plus chers), permettant d’optimiser le transport de la bande magnétique qui était des plus fragiles, comme tout le monde le sait, et pas forcément de bonne qualité. La mécanique d’entrainement des bandes était parfois délicate, mais le SAV des vendeurs distribuant la marque à l’époque était efficace, et cela ne posait donc pas de problème d’entretenir de tels appareils, sous réserve bien sûr, de pouvoir se les payer.

J’ai choisi de commencer cet article en évoquant quelques platines Nakamichi sorties entre 1985 à 1990 (les BX-100 E, BX-125 E, BX-300 E, RX-505 E, CR-7 E et le Célèbre Dragon), d’excellentes machines qui surpassaient haut la main tous les concurrents de la marque dans leur gamme respective. Dans la deuxième partie de l’article qui paraitra d’ici quelques mois, j’évoquerai quelques appareils tout aussi exceptionnel commercialisés par Nakamichi de 1980 à 1985, notamment l’incroyable 1000 ZXL mais aussi, les 480, 582, 680 ZX, LX5 et LX7. Tous ces appareils sont depuis devenus mythiques.

Nakamichi BX-100 E :

Nakamichi BX-125 E

Cette platine cassette haute performance certes, mais relativement chère pour de l’entrée de gamme, était dépourvue d’une fonctionnalité essentielle puisque le Dolby C était absent. Cependant, compte tenu de son prix, elle ne déçut pas les audiophiles exigeants qui possédaient les connaissances nécessaires pour tirer le meilleur parti de l’appareil, en tenant compte des nombreux réglages internes possibles.

La qualité de fabrication et de finition de Nakamichi, associée à son système de transport fluide et silencieux à commande logique, rend la BX-1OOE agréable à utiliser. Toutefois, le réglage indépendant du bias et de l’équalisation requiert une attention particulière pour éviter toute erreur. Malgré l’absence de Dolby C, le souffle reste acceptable avec des cassettes vierges de haute qualité et silencieuses, tel le Métal ou le Chrome, et un niveau d’enregistrement adéquat n’excédent pas le 0 DB de référence.

Sur cette platine, la sélection du bias et de la qualité de la bande sont indépendants, permettant par exemple l’enregistrement de bandes chrome en 120 µs normalement réservé au ferrique. Les boutons de bias sont, comme toujours, identifiés de manière confuse uniquement par les désignations propres à Nakamichi : EX (ferrique), SX (chrome) et ZX (métal). Les fonctions d’arrêt en mémoire, de minuterie et de répétition automatique sont présentes, mais il n’y pas d’entrées microphone.

En interne, des réglages indépendants du bias et du gain d’enregistrement sont intégrés sur les canaux gauche et droit pour chaque type de bande, permettant ainsi d’adapter la machine à n’importe quelle bande.

Qualité sonore :

En écoute, les transitoires étaient restitués avec une définition et un mordant remarquables sur des bandes magnétiques Métal. La richesse des détails dans les aigus était surprenante, et l’image sonore s’avérait également meilleure que d’habitude. La présence de basses profondes et solides conférait au son une présence plus marquée. Le son relativement clair et « large bande » sur les bandes magnétiques Normales était à la fois immersif et agréable à l’écoute.

Nakamichi BX125E :

Le BX125 est essentiellement un BX-1OO équipé du Dolby C. Il est donc similaire au BX-150, qui était auparavant le Nakamichi le moins cher à proposer le Dolby C en plus du Dolby B. Visuellement, le BX125 est dépourvu du compteur de bande à LED rouge lumineux du BX150, et la commande de sortie est rotative au lieu d’être un curseur. Pour le reste, les fonctionnalités sont identiques.

Lors des tests, le BX-125 se révélait très similaire aux BX-1OO et BX-150 à tous égards. Il démontrait une bonne stabilité de vitesse, caractérisée par un très faible scintillement pour un transport à cabestan unique, mais un léger pleurage (0,08 %) à 2 Hz et 5 Hz.

Nakamichi BX300E:

Nakamichi BX-300 E

Les tests d’écoute et les tests en laboratoire montraient systématiquement que la stabilité de la vitesse était un problème majeur sur les platines à cassette, responsable de distorsions, de variations de niveau, d’un son diffus et de nombreux autres phénomènes subjectifs et difficiles à appréhender. Les platines à double cabestan en boucle fermée éliminèrent la quasi-totalité de ces dégradations en isolant également la bande de la mécanique de la cassette, qui peut elle-même produire un scintillement important. Nakamichi utilisait ce système d’entraînement sur toutes ses platines haut de gamme, à commencer par la BX-300E.

Trois têtes ont également été installées, permettant une écoute hors bande et un réglage de la polarisation par l’utilisateur pour s’adapter au mieux à la bande. Nakamichi a intégré une seule commande pour tous les types de bande ; il faut donc mémoriser les réglages lors du changement de type.

Comme prévu, la stabilité de la vitesse de cet appareil était exceptionnellement bonne. Le scintillement était de 0,07 %, le pleurage de 0,04 % et la dérive était quasi inexistante.

Le réglage de la polarisation permet d’affiner la réponse en fréquence des bandes métalliques de quelques dB à 20 kHz, ce qui est suffisant.

La plage de réglage des bandes au chrome est beaucoup plus large, ces bandes  étant plus sensibles aux variations de polarisation que les bandes métalliques.  La platine peut ainsi être associée aux meilleures bandes Chrome. Comme c’est souvent le cas avec les platines Nakamichi, la réponse en fréquence de la lecture présente une légère atténuation d’environ -1 dB à 5 kHz, mais les aigus remontent progressivement jusqu’à +2,5 dB à 18 kHz. Cependant, selon les normes habituelles, la réponse en fréquence est très plate et étendue, ce qui est parfaitement audible. La précision de la vitesse de lecture est parfaite avec le réglage central de la commande de pitch, avec une plage de réglage de 7 %.

Qualité sonore :

Sur bande métallique (TDK MA), l’appareil offrait un équilibre tonal très neutre, avec une légère accentuation des aigus. L’augmentation du bias permettait de corriger ce défaut et la qualité sonore devenait alors excellente. L’image sonore était précise, les aigus nets et clairs, et la clarté remarquable.

La bande chrome (TDK SA) nécessitait un léger ajustement du bias pour maîtriser les aigus, mais il devenait alors parfois difficile de distinguer le signal source du signal de la bande. Les résultats étaient étonnants.

Avec la bande ferrique, un compromis était nécessaire entre un contrôle optimal des aigus (bias augmenté) et un niveau d’aigus optimal (bias diminué).

La qualité de lecture du BX-300 avec des cassettes préenregistrées offrait une stabilité et une netteté d’image sonore remarquables, propices à une écoute attentive.

Nakamichi RX-505 E :

Nakamichi RX-505 E

Dès leur sortie, les platines à inversion automatique de Nakamichi, les
RX-202, ‘303 et ‘505, connurent un succès immédiat, étant considérées comme les gadgets les plus excentriques jamais vus sur le marché de la hi-fi.
Leur système d’inversion fait pivoter physiquement la cassette, contrairement aux autres systèmes qui inversent le sens de défilement. Tous les composants de la tête de lecture restent solidement fixés et ne subissent donc pas l’usure qui finit par affecter les plateaux rotatifs des platines à inversion automatique classiques, entraînant une perte d’aigus due à un mauvais azimut. Ce système évite également les erreurs d’azimut liées au déroulement de la bande, causées par un tirage « en arrière » sur les platines à inversion automatique classiques.

Le mécanisme d’entraînement est un système à double cabestan conventionnel, plus simple que celui du Dragon, et offre en plus l’enregistrement inversé. La RX505E ne dispose cependant pas d’une inversion automatique rapide ; elle enregistre et lit en suivant l’amorce, introduisant un silence d’environ 12 secondes. Des têtes d’enregistrement et de lecture indépendantes permettent un contrôle hors bande. Nakamichi a doté ce magnétophone de bien plus de fonctionnalités que d’autres, même les Dragon et ZX-9. Il dispose d’une recherche musicale (détection d’intervalle), d’un saut automatique en cas de fin de morceau silencieux, d’une minuterie, d’une fonction d’arrêt/lecture en mémoire, de filtres MPX et subsoniques. Chose rare pour un Nakamichi, l’enregistrement par insertion est possible grâce au transport à commande logique.

Le réglage fin du bias permet d’adapter précisément les bandes métal, ferrique et chrome. Comme tous les Nakamichi, le RX-505E fonctionne avec une précision remarquable, mais les sélecteurs indépendants de bias et d’égalisation, sans indicateurs d’état, laissent une grande marge d’erreur. Il ne possède pas d’entrées microphone.

Le RX-505E est un magnétophone à inversion automatique doté d’un système d’inversion mécanique unique et ludique qui fait tourner physiquement la cassette. Ce système permet également l’utilisation d’un mécanisme complexe à double cabestan, ainsi que de têtes d’enregistrement et de lecture indépendantes et discrètes, offrant à l’appareil une excellente réponse en fréquence et une marge dynamique importante. L’inversion automatique de Nakamichi n’est pas particulièrement rapide, mais de nombreuses autres fonctionnalités sont disponibles, telles que la recherche musicale, le saut de pistes vierges et un réglage précis du bias.

Le mécanisme d’entraînement fonctionne avec une grande précision, mais ses performances mesurées ne sont pas exceptionnelles. L’adaptation de bande est large grâce au bias variable. La qualité sonore d’enregistrement est excellente.

Nakamichi CR-7 E :

Nakamichi CR-7 E
Nakamichi CR-7 E

Le CR-7, en réalité, est une évolution dans le domaine des platines cassettes haut de gamme de la marque. Il conserve la tête de lecture motorisée du Dragon, inclinable à gauche ou à droite pour s’aligner sur n’importe quel enregistrement. Cependant, il abandonne le système de détection automatique du Dragon et se fie à l’oreille de l’utilisateur. Autrement dit, l’azimut est réglable manuellement. Cela pourrait sembler inférieur au Dragon, mais en pratique, je trouve cela préférable pourvu qu’on ait une certaine habitude et maitrise de ce type d’appareil, même si le CR-7 ne remplace ni n’améliore le Dragon.

Qualité sonore :

Les nouveaux circuits électroniques internes offraient un son mieux équilibré que le Dragon. Les basses étaient plus présentes, la neutralité tonale plus marquée et les aigus moins « minces ». Toutes les qualités du Dragon, notamment son excellente image sonore et sa grande précision, étaient toutefois conservées.

Avec les Maxell MX, les enregistrements étaient si fidèles à l’original qu’ils étaient, en pratique, identiques. Les tests montrent que le CR-7 atteint des niveaux très élevés sur bande métal avant saturation. Comme c’est souvent le cas avec les très bons magnétophones, le CR-7 tirait le meilleur parti des bandes ferriques ordinaires et de bonne qualité, telles que la TDK AD, pour un son aussi bon que celui des bandes métalliques sur un appareil moins performant. Les têtes d’enregistrement et de lecture indépendantes y sont pour beaucoup, car elles augmentent considérablement la limite de surcharge des bandes ferriques.

En résumé, la simplicité d’utilisation du CR-7 et sa télécommande ont rendu le savoir-faire Nakamichi plus accessible au grand public qui avait les moyens financier de se l’offrir et vouait une véritable passion pour les cassettes. Ce magnétophone est bien moins complexe technologiquement qu’un Dragon ou un ZX-9, mais il surpasse leur qualité de défilement et conserve les idées novatrices qui font d’un magnétophone à cassettes Nakamichi un produit légendaire.

Nakamichi Dragon :

Nakamichi Dragon

Cette machine à l’allure impressionnante que j’ai déjà évoqué dans un précédent article, était et reste encore (40 ans après sa sortie) absolument fascinante par sa façon de résoudre les problèmes de lecture de cassettes, même si ce support audio est devenu aujourd’hui totalement obsolète. Il est important de noter que la complexité du Dragon est axée sur la lecture de cassettes audio commerciales, ou même de bandes vierges enregistrées sur d’autres magnétophones, avec une erreur de transcription négligeable.

Jusqu’à l’arrivée du CR-7E, ce magnétophone à cassettes était la référence absolue. La renommée du Dragon repose sur la qualité de fabrication portée au faîte de son art chez Nakamichi en cette fin des années 80 : en plus d’une esthétique exceptionnelle, il porte toutes les marques d’un équipement professionnel. L’innovation majeure de Nakamichi réside dans l’élimination de l’erreur d’azimut de lecture, grâce à une tête de lecture à détection d’azimut qui s’incline automatiquement pour un alignement optimal avec la bande, quelle que soit la qualité de l’enregistrement. La détection est réalisée en divisant un pôle de la tête en deux parties superposées, en comparant la phase de leur sortie, puis en actionnant un moteur pour une plateforme de correction d’azimut jusqu’à ce que l’erreur de phase soit nulle.

Comme si l’azimut automatique ne suffisait pas, le Dragon utilise également un transport à double cabestan avec inversion automatique. Pour ce faire, les deux cabestans doivent changer de vitesse et de direction afin d’appliquer la tension adéquate, ce qui nécessite des moteurs de cabestan indépendants. Nakamichi utilise un entraînement direct pour chaque cabestan, permettant un réglage électronique de la vitesse : le cabestan d’alimentation tourne toujours 0,2 % plus lentement. Un contrôle de la vitesse par quartz est utilisé. Conçu pour minimiser les problèmes d’azimut, le Dragon utilise une tête d’enregistrement à quatre pôles fixes et ne permet pas l’enregistrement inversé ; seule la lecture inversée est possible.

Le réglage manuel du bias et du gain d’enregistrement est disponible pour chaque canal et type de bande ; il s’agit de petits potentiomètres en façade. La réponse en fréquence est déterminée par le réglage du bias, et non par l’égalisation d’enregistrement. La sélection du bias et l’égalisation de lecture (120/70 µs) sont indépendants, comme sur la plupart des magnétophones Nakamichi.

Qualité sonore :

La conception du Dragon visait principalement à obtenir une fidélité parfaite à partir de cassettes préenregistrées. Pour ce faire, il est doté d’un réglage automatique de l’azimut de la tête d’une complexité et d’une résolution étonnantes. Jusqu’à l’arrivée du CR7, il offrait une qualité sonore exceptionnelle pour tous les supports audio. La qualité des enregistrements était également très élevée, dépendant autant de la bande choisie et de la précision du réglage que des performances intrinsèques de l’appareil. C’est, à tout le moins, une platine cassette extrêmement impressionnante.

C’est dans la reproduction de supports audio que ce lecteur excellait véritablement. Plutôt que de simplement « faire la même chose, mais en mieux », le Dragon a marqué un tournant dans ce domaine en produisant des images stéréo d’une netteté exceptionnelle. Il possédait toutes les qualités habituelles : profondeur d’image, stabilité de la hauteur et capacité à séparer la musique du souffle de fond, qualités constatées sur d’autres lecteurs très haut de gamme. Le seul rival du Dragon était le Nakamichi CR-7E évoqué plus haut, qui présentait des améliorations encore plus importantes, notamment dans les basses fréquences.

Pour les nostalgiques du passé qui veulent célébrer ce vieux support désuet qu’est devenu la cassette, le Nakamichi Dragon est sûrement le Graal, mais, mode oblige, il faudra débourser près de 4000€ pour l’acquérir en bon état et révisé. On se dirigera donc plutôt vers l’achat d’un CR7 que l’on dégotte moitié moins cher sur le marché de l’occasion, même si son esthétique est beaucoup moins impressionnante. Enfin, n’oubliez pas la maintenance, car même si vous vous en servez peu, sa mécanique délicate tombe facilement en panne. Il sera donc préférable de trouver un bon technicien maitrisant la réparation de cet appareil complexe avant d’en acquérir un, si toutefois la pièce en panne est encore disponible, ce qui n’est parfois plus le cas.

HiFi Vintage – L’âge d’or des Amplis-Tuners (1975-1980)

Au milieu des années 70 aux USA, alors que la plupart des ménages sont équipés d’un système radio depuis une bonne dizaine d’années, la Hi-Fi gagne du terrain et de nombreuses marques audio décident de promouvoir la FM qui est la seule à permettre la stéréophonie tout en respectant une bande passante compatible avec une bonne qualité de son (50-15000 Hz), incluant dynamique et grande étendue spectrale audio. En effet, avec la FM, on est très loin des voix sourdes, compressées et nasillardes de la modulation d’amplitude. De plus, la musique à la mode dans ces années là fait la part belle à la qualité sonore. Le Pop Rock se sophistique et devient Rock FM, le Disco tape dur dans les graves et chaque voiture se doit d’être équipée d’une radio FM et d’un lecteur de cartouches stéréo pour faire du cruising sur les interminables autoroutes américaines ou pour ne pas trop ronger son frein dans les inévitables embouteillages des mégalopoles. Au domicile, la tendance suit et, depuis le début des années 70, les grandes marques incluent généralement dans leur gamme des amplificateurs intégrant une radio FM stéréo. Si les plus célèbres sont manufacturés par la marque Marantz, d’autres marques connues telles Pionner, Yamaha, Tandberg, Sansui et JVC (entre autre) lui emboîtent vite le pas. Et c’est un gros succès commercial qui perdurera jusqu’à la fin des années 70. Voici quelques modèles de l’époque que j’ai sélectionné pour vous.

Marantz 2252 :

J’ai déjà évoqué sur le blog le modèle phare de la marque, le Marantz Model 2600 qui développait 300 watts efficaces en stéréo ! Mais tout le monde ne pouvait pas se payer un tel engin, et l’entrée de gamme se contentait d’une puissance plus modeste (et suffisante). Nous allons nous intéresser ici au 2252 qui fut un best seller de la marque.

Ce modèle de 52 W par canal se logeait dans un boîtier entièrement métallique (élégamment habillé de bois style noyer en option) et présentait un design élégant avec le cadran rétroéclairé en bleu cher à la marque, ainsi que d’excellentes caractéristiques techniques.

Les prises d’entrée et de sortie phono et auxiliaire situées à l’arrière permettent de brancher un tourne-disque, mais aussi d’interconnecter un magnétophone externe. Les sorties haut-parleurs (principale et supplémentaire) sont commutables en façade et des connecteurs à levier à ressort sont utilisés, tout comme les connexions d’antennes extérieures FM et AM de 75 et 300 ohms. Une tige de ferrite, qui ne peut être levée et abaissée que dans un plan horizontal, est également fournie. Les commandes du panneau avant comprennent 11 positions échelonnées pour les graves, les médiums et les aigus, et permettent une variation indépendante entre les canaux. Des boutons poussoirs permettent de sélectionner les réglages mono/stéréo, le loudness, le rumble, l’atténuation des aigus, la coupure du son et le monitoring de bande. Les commandes de volume et de balance sont très fluides et disposent de boutons bien conçus. L’accord s’effectue à l’aide d’une molette horizontale qui dépasse du châssis, ne présentant qu’un petit arc à la fois. Les vumètres intègrent un accord central et des indicateurs de puissance du signal (S-Mètre). Des prises casque stéréo sont montées sur le panneau avant.

Le son de ce bel appareil était très dynamique, à l’américaine (surtout dans les graves ; d’ailleurs on se prend à douter parfois de la linéarité de la bande passante)  et les performances dans l’extrême aigue excellentes. D’occasion, ils se vendent à des prix élevés, mode vintage oblige, mais ils ne faut pas y mettre plus de 500€. Pour les autres modèles de la marque, ne dépensez pas plus  de 700€ pour le 2265 et 1000€ pour le 2285. Sachez aussi que d’autres marques ont fait des amplis-tuners aussi élégants, performants et que leur prix reste abordable d’occasion.

Prix d’époque (1976) : 2700 F

Catalogue Amplis-tuners Marantz 1978 :

Pioneer SX-1250 :

Un superbe Ampli-Tuner capable de fournir 220 W par canal sous 8 ohms et 335 W par canal sous 4 ohms. Il faut dire qu’il avait du répondant au niveau de son alimentation comprenant un transformateur torique de 500 VA environ et quatre capacités de 22.000 µF. Les barres de radiateurs de refroidissement et le coffret bâti comme un tank faisait monter son poids dans la balance à 30 kg environ. Il figurait ainsi sur le podium des plus puissants amplis-tuners de l’époque.

Le SX-1250 se situait au sommet de la gamme Pioneer et intégrait de nombreuses fonctionnalités, dont 11 réglages de tonalité pour les graves et les aigus, ainsi que 5 réglages supplémentaires pour les graves et les aigus. Un commutateur d’annulation de tonalité était également disponible. Le réglage de volume principal offre 32 niveaux de réglage fluides et très réguliers, avec un excellent suivi. Une large échelle de réglage, avec indicateurs de niveau et d’intensité du signal, occupe la façade du récepteur. Le bouton de réglage et l’ergonomie sont excellents. Des interrupteurs à levier permettent la mise sous/hors tension, la copie de bande, le contrôle de bande, l’insertion d’un adaptateur externe, etc., les modes stéréo/mono, la compensation du niveau sonore et la coupure audio de 20 dB. Des boutons-poussoirs permettent de commander trois paires d’enceintes, des filtres de grondement et d’aigus (coupure de 6 dB par octave respectivement en dessous de 30 Hz et au-dessus de 8 kHz), la coupure FM, l’indication de trajets multiples, la sélectivité d’entrée pour AM, MW, FM, micro 1, micro 2 (entrée micro sur deux entrées jack mono) et auxiliaire. Les entrées/sorties se font sur prises cinch.

Les entrées/sorties sont sur prises cinch, mais la prise Tape 2 est dupliquée sur une prise DIN 5 pôles compatible de plus en plus difficile à trouver. Les connexions des haut-parleurs se font par des leviers à ressort très souples. Une antenne tige en ferrite pivotante était fournie pour les ondes moyennes, ainsi que des bornes séparées pour les connexions d’antennes externes. La prise coaxiale TV de 75 ohms est complétée par des bornes de 300 ohms pour les antennes FM.

Des points de connexions sont disponibles grâce à des liaisons en U entre le préamplificateur et l’amplificateur. Le son produit est excellent, la bande passante à mi-puissance s’étend encore jusqu’à 60 kHz! La distorsion harmonique est extrêmement faible, mais le facteur d’amortissement est moyen ce qui était courant dans les électroniques des années 70.  L’étage d’entrée RIAA présentait une réponse extrêmement plate, d’excellentes performances en termes de bruit et une impédance d’entrée raisonnable. La distorsion harmonique était faible.

Le tuner FM présentait de bonnes sensibilités d’entrée et d’excellentes mesures de réjection RF IM, image et FI. La sélectivité était excellente et offrait un bon compromis contre la distorsion. Les niveaux de bruit pondérés étaient également excellents, le tuner étant l’un des plus silencieux de tous ceux qui sont présentés ici. Les valeurs de distorsion étaient généralement excellentes, et les mesures de diaphonie étaient également exceptionnelles. La qualité sonore globale était incroyable. Il faut compter 3000€ environ pour en acquérir un d’occasion, totalement révisé.

Dimensions : 556 x 186 x 464 mm
Poids : 29,2 kgs
Prix d’époque (1977) : 4300 F

Yamaha CR-2020 :

Ce puissant Ampli-Tuner pouvait délivrer jusqu’à 150 W par canal. Superbement fini et doté d’une excellente ergonomie, il offrait de nombreuses fonctionnalités, notamment le dubbing, le monitoring et la sélection d’entrée indépendante pour deux magnétophones.

Les commandes de médiums, graves et aigus, sur 11 niveaux, offrent une large plage de réglage. Les fréquences des graves et des aigus sont sélectionnables respectivement à 125 ou 500 Hz, et à 2,5 et 5 kHz. Un bouton d’annulation de tonalité est disponible. Les filtres de grave et d’aigus de 12 dB par octave peuvent être réglés respectivement à 15 ou 70 Hz, et à 8 ou 12 kHz. Trois paires d’enceintes peuvent être sélectionnées à l’aide d’un commutateur rotatif et interconnectées sur des connecteurs à ressort.

La commande de volume rotative, douce et précise, intègre un contrôle de balance central. Le sélecteur d’entrée principal permet de choisir entre les entrées Phono, Magnétophone, Tuner, Micro ou Auxiliaire. Des boutons-poussoirs commutateurs permettent d’affecter un routage dédié (AM/FM, Phono, MM 1 et 2 ou MC, Stéréo/Mono, etc… ). Des boutons supplémentaires permettent de régler le High Bend Filter, le Muting FM/Mono, le niveau de Muting, l’AFC et le classique Muting audio de – 20 Db (1).

(1) L’AFC (Automatic Frequency Control) verrouille l’accord sur la station et limite les dérives dues aux tolérances des composants qui pourraient modifier l’accord initial, le FM Muting coupe le bruit de fond audible entre les stations quand on fait une recherche, le High Blend Filter sert à éliminer le souffle qui se produit à la réception d’un émetteur lointain, le Narrow Filter élimine les interférence d’un émetteur dont la fréquence est proche de celui que l’on reçoit.

La qualité sonore subjective de cet appareil reste superbe malgré les années, et clairement l’une des meilleures. La précision du réglage reste bonne, sans bruit parasite. Quant à l’ergonomie de l’appareil, elle était excellente. La réception AM est bonne, bien qu’un sifflement soit parfois perçu, ce qui est fréquent sur cette gamme de fréquence. La sensibilité FM est moyenne mais reste correcte avec une antenne appropriée. Prix : 1500 € environ sur les sites spécialisés.

Dimensions : 521 x 146.5 x 415 mm
Poids ; 18,6 kgs
Prix d’époque (1977) : 3800 F

Tandberg TR 2075 MKII :

Sorti en 1977, cet appareil haut de gamme de chez Tandberg développait une puissance maximale de 90 W par canal, ce qui est déjà conséquent. Comme la mode le voulait à l’époque, l’appareil se logeait dans un grand boîtier en bois équipé d’une grille de ventilation, les composants électroniques étant fixés une plaque de base en métal.

Le récepteur chauffe beaucoup ce qui présage d’une classe AB. Les performances de distorsion harmonique et d’intermodulation de la section d’amplification et la qualité sonore sont excellentes sur tous les supports audio. Le facteur d’amortissement (2) était remarquablement bon, ce qui est peu courant dans les années 70 et la réponse à mi-puissance excellente, allait jusqu’à 25 kHz. Tous les rapports signal/bruit étaient excellent, et l’écoute au casque des plus plaisante.

(2) Le facteur d’amortissement (damping): c’est le rapport entre l’impédance des haut-parleurs et l’impédance de sortie de l’amplificateur. Il mesure la capacité de l’amplificateur à contrôler le mouvement du haut-parleur après que le signal électrique a cessé. Théoriquement plus il est élevé, mieux c’est, mais dans la pratique, un damping supérieur a 500 peut donner l’impression subjective que le grave est atténué, la membrane du HP étant trop bien maîtrisée. Parfois, le trop est l’ennemie du bien…

Les sorties peuvent être commutées trois paires d’enceintes A, B ou C, ou selon une combinaison de B ou C et A. Les sorties haut-parleurs sont sur borniers à vis (ce qui est un peu étonnant pour un récepteur haut de gamme). Le micro 1 et les deux entrées magnétophone disposent de commandes de niveau préréglées à l’arrière. Une tige de ferrite pour la modulation d’amplitude (AM) peut être orientée horizontalement dans toutes les directions, et pour la modulation de fréquence (FM), une prise coaxiale de 75 ohms est complétée par une prise symétrique de 300 ohms. Des points de séparation phono équipées de barres de connexion permettent l’insertion d’une égalisation externe, juste avant l’amplificateur principal. Les connexions Phono et line sont doubles (Cinch et Din). Les commandes de graves, de médiums et d’aigus permettent une variation indépendante sur chaque canal et ne sont pas verrouillées par friction. Les boutons de préréglage sélectionnent les fonctions suivantes : FM mono/stéréo, Muting FM, atténuation du rétro-éclairage, préaccentuation à 25 µs, copie et écoute de bande dans les deux sens, niveau sonore, mono G, mono D, mono G+D et stéréo intégrale. Sont également intégrés un filtre subsonique et deux filtres d’aigus, ainsi qu’une fonction permettant de commuter la section de réglage de tonalité sur une prise jack de sortie d’enregistreur pour les applications de doublage spécialisées. Toutes les entrées et le monitoring de bande sont sélectionnés par de gros boutons-poussoirs carrés qui s’allument lorsqu’ils sont sélectionnés. Le bouton de réglage de fréquence est très fluide.

Les commandes de tonalité offrent une plage de variation extrêmement large. Le filtre anti-rumble coupe à 12 dB par octave, soit -3 dB à 85 Hz. Les filtres d’aigus coupent de 3 dB à 7 kHz et 8,5 kHz, avec des pentes respectives de 6 et 12 dB/octave. Les deux peuvent être utilisés ensemble si nécessaire.  Les rapports signal/bruit du tuner étaient excellents et, en particulier, les signaux stéréo faibles étaient moins bruyants que la moyenne. Les mesures de diaphonie et de distorsion étaient remarquablement bonnes et la qualité sonore reproduite était excellente. La réponse en fréquence était également extrêmement plate, le filtre MPX a rejetant la porteuse jusqu’à -60 dB par rapport au niveau de sortie maximal. L’échelle de réglage était extrêmement précise. Les sensibilités d’entrée RF étaient remarquablement bonnes et les canaux adjacent et alternatif exemplaires.

Il est donc clair que, bien révisé, ce tuner offrira à son acquéreur des performances vraiment remarquables, qualité Tandberg oblige. Comptez 1500€ pour en dégoter un révisé.

Prix d’époque (1977) : 2800 F

Sansui QRX-9001 :

Doté de quatre amplificateurs de sortie et permettant d’alimenter deux systèmes à quatre canaux, cet appareil sophistiqué et couteux (5600 F en 1978 soit 4300€ actuels…) pouvait décoder les disques CD4 (3) , SQ et QS et les rares émissions FM faites en authentique quadriphonie. Ce récepteur radio amplifié était très volumineux (il faut pas moins de 600 mm  de profondeur pour loger toute son électronique) et complexe, mais son ergonomie se révélait parfaite. Le décodeur Quadriphonique était excellent. Sa sensibilité élevée et son circuit de décodage matriciel de qualité rivalise encore avec certains systèmes PRO LOGIC ou Dolby DTS actuellement disponibles sur le marché. Le syntoniseur crée un motif d’ondes lumineuses du plus bel effet lorsque le bouton est tourné. La sélection matricielle se fait par bouton-poussoir.

(3) Le disque CD-4 : Au début des années 70, le CD-4, ou Quadradisc vit le jour. Il s’agit d’un type de vinyle qui avait la particularité de fonctionner en quadriphonie, ou pour faire simple : en double stéréo. Avec deux enceintes à l’avant et deux enceintes à l’arrière, le CD-4 avait pour objectif de recréer une ambiance totalement immersive pour l’auditeur. Le CD-4 a rapidement disparu à la fin des années 70. L’installation de quadriphonie chez le consommateur était bien trop coûteuse et trop compliquée par rapport au petit nombre de disques réellement enregistrés sur CD-4 à l’époque et les disques étaient non compatibles avec les autres appareils. 

Les sorties 60 W x 4 ou 60 W x 2 sont largement suffisantes quant à leur puissance. Cet appareil devrait d’ailleurs être évalué subjectivement à environ 2×100 W en mode basse puissance. En mode haute puissance 2 x 120 W, l’étage de puissance garde la mauvaise réputation de griller facilement, mais beaucoup de propriétaires ont longtemps utilisé cette configuration sans problème.

Des commandes de balance centrales sont prévues pour les canaux avant et arrière, ainsi que pour le rapport avant/arrière. Les boutons-poussoirs permettent de sélectionner le synthétiseur QS, le son Hall ou Surround, le son QS normal, le son SQ, le CD4/4 canaux discrets, le muting FM et l’indicateur de niveau Dolby.

Quatre indicateurs de niveau de puissance de sortie sont présents sur la face avant de l’appareil. Deux autres indicateurs fournissent des indications sur la puissance du signal RF et la syntonisation. Une entrée micro stéréo est disponible avec commandes de volume et de balance. Des commutateurs rotatifs permettent de contrôler le Dolby FM, la lecture Dolby, la désactivation et l’enregistrement Dolby, et un autre commutateur permet de sélectionner l’entrée : micro, FM auto, FM mono et AM. Les connexions audio se font sur des prises phono à l’arrière, une prise DIN 5 pôles et un lecteur de cassettes. Une tige de ferrite complète la borne AM externe, et des bornes sont prévues pour des antennes de 300 et 75 ohms.

La bande passante à mi-puissance s’étend jusqu’à 90 kHz, mais la réponse est sensiblement réduite au-delà de 50 kHz. Le facteur d’amortissement est bon et la qualité sonore subjective dans les haut-parleurs est bien supérieure à la moyenne, et particulièrement transparente dans les hautes fréquences.

Ce récepteur exceptionnel était et reste un véritable OVNI à la fin des années 70 et représentait à l’époque le nec le plus ultra dans le domaine très restraint des amplis-tuners quadriphoniques. Il offrait de bonnes performances audio globales et la section tuner était excellente. Si vous en trouvez un d’occasion (et surtout si vous avez l’argent pour vous l’offrir), les disques CD4 sont particulièrement bien reproduits avec une cellule Shure CD4, le plus dur étant de trouver une cellule encore en état de fonctionner, la table phono qui va avec, et bien sûr les disques encodés avec ce système sachant que tout ce petit monde était déjà vendu quasi confidentiellement il y a 50 ans…

L’appareil est rare, mais on peut encore le trouver en bon état à partir de 3000€.

Dimensions : 600 x 174 x 415 mm
Poids : 23kgs
Prix d’époque (1977) : 5600 F

JVC JR-S600 MK2 :

Ce modèle imposant et lourd de JVC, délivre la puissance de sortie très élevée de 120 W sous 8 ohms. Il intègre un égaliseur graphique, cher à la marque JVC, pratique et bien conçu. Cinq potentiomètre linéaires à glissière, chacun doté de treize niveaux, entrent en fonction à 40 Hz, 250 Hz, 1 kHz, 5 kHz et 15 kHz. Ils permettent une plage de réglage extrêmement large de la balance tonale. Un fader latéral à longue course, très fluide, assure le contrôle du volume et offre un excellent suivi. En dessous, un levier latéral à cran central assure la balance, qui varie lentement au centre et très brusquement aux extrémités. Sur toute la largeur du bas de la face avant se trouve une rangée de boutons-poussoirs bien pensés permettant de commander la mise sous tension, la sélection des enceintes, la sélection des entrées pour AM, FM, micros 1 et 2, auxiliaire, copie bande et K7 1 et 2, le muting FM, la muting audio, les réglages mono/stéréo, le réglage du loudness, le filtre anti-rumble (coupure à 6 dB par octave en dessous de 150 Hz, un niveau extrêmement efficace), le filtre des aigus (6 dB par octave au-dessus de 4 kHz) et enfin un commutateur permettant d’utiliser l’égaliseur graphique pour l’enregistrement. Le réglage s’effectue à l’aide d’une molette Edgewise, très fluide, mais essentielle pour un réglage optimal des signaux stéréo.

Sur le panneau arrière, les entrées et sorties se font généralement sur des prises cinch, seule la prise Tape 2 est dupliquée sur une prise DIN 5 pôles. Des fiches de séparation audio sont présentes avec des connecteurs en U pour l’insertion d’équipements externes avant l’amplificateur principal. Les bornes des haut-parleurs sont de type à ressort faciles à utiliser, et des bornes d’antenne sont prévues pour les fréquences FM 75 et 300 ohms et AM externe. Une antenne FM interne et une antenne à tige de ferrite pivotante sont fournies. Un commutateur permet de sélectionner l’antenne FM interne.

Les performances de la section d’amplification étaient excellentes, ce qui témoigne d’une alimentation puissante et bien stabilisée, les niveaux de sortie sur les transitoires étant identiques aux valeurs nominales continues. La distorsion harmonique est faible comme il se doit pour un appareil de ce prix. La réponse de l’amplificateur n’était inférieure que de 3 dB à 80 kHz, ce qui correspond également à la bande passante à mi-puissance. Le facteur d’amortissement était dans les normes de l’époque.

Le préamplificateur RIAA présentait une impédance d’entrée bien optimisée, une excellente marge d’écrêtage et un excellent rapport signal/bruit. La distorsion IM était faible et la réponse en fréquence très plate. Le tuner FM présentait une bonne sensibilité d’entrée, avec des performances RFIM raisonnables. Les autres paramètres RF étaient mesurés de manière assez raisonnable, la sélectivité du canal alternatif et la réjection AM étant extrêmement bonnes. Les réponses audio étaient excellentes et le filtre multiplex fonctionnait parfaitement. Les rapports signal/bruit étaient tous bons, sans être exceptionnels. Les mesures de distorsion étaient bonnes et la diaphonie très bonne.

Subjectivement, les performances audio étaient exceptionnelles. La précision de l’échelle d’accord était très bonne, prouvant ainsi que la qualité du tuner est globalement bien au-dessus de la moyenne. La réception des ondes moyennes était particulièrement sensible, avec une sélectivité précise et une distorsion faible.

Si vous recherchez un ampli-tuner d’excellente qualité, à l’esthétique intemporelle, équipé de fonctions d’égalisation graphique très complètes et relativement abordable par rapport à son prix d’origine, vous serez ravi. Quand on le trouve en état fonctionnel (généralement aux USA), cet appareil au look indéniable est une bonne affaire. Le prix est d’environ 600$.

Dimensions : 560 x 1169 x 431 mm
Poids : 19.2kgs
Prix d’époque (1977) : 3400 F

Hommage à quelques précurseurs de l’art brut

Je vais évoquer ici les créations de trois artistes autodidactes opiniâtres et solitaires, qui sont dans le domaine de l’architecture et de la sculpture, des précurseurs de l’art Brut⁎. Ils ont acquis une certaine notoriété avec le temps, mais elle n’est pas aussi importante que leur génie artistique le mériterait. Vous connaissez sûrement le plus célèbre d’entre eux, Joseph Ferdinand Cheval, plus connu sous le nom de facteur Cheval, qui passa 33 ans de sa vie à ériger son spectaculaire palais idéal avec les pierres qu’ils ramassaient pendant sa tournée de facteur drômois. Il acheva son chef d’œuvre en 1912. Mais il est moins probable que le nom d’Edward Leedskalnin vous soit familier. Pourtant ce Letton qui immigra en Amérique du nord et se fixa en Floride réussit à bâtir seul un château constitué de blocs de calcaire et de corail en 27 ans cette fois. Il tailla et posa sa première pierre en 1923. Quant à Adolphe Julien Fouéré, dit l’abbé Fouré, qui est sûrement le moins connu des trois, il tailla et sculpta de 1894 à 1907 une fresque monumentale de 300 statues dans les rochers en granites du littoral breton.

⁎Le peintre Jean Dubuffet, inventeur du mouvement en 1945, définit l’Art Brut ainsi : « Œuvres ayant pour auteurs des personnes étrangères aux milieux intellectuels, le plus souvent indemnes de toute éducation artistique, et chez qui l’invention s’exerce, de ce fait, sans qu’aucune incidence ne vienne altérer leur spontanéité. »

Le Palais Idéal de Joseph Ferdinand Cheval :

Palais Idéal du Facteur Cheval
Palais Idéal du Facteur Cheval, 8 Rue du Palais, 26390 Hauterives

Pour raconter la genèse de son œuvre, le plus simple est de citer le facteur Cheval lui-même tel qu’il se raconte dans ses lettres et ses cahiers : 

« Un jour du mois d’avril en 1879, en faisant ma tournée de facteur rural, à un quart de lieue avant d’arriver à Tersanne, je marchais très vite lorsque mon pied accrocha quelque chose qui m’envoya rouler quelques mètres plus loin, je voulus en connaître la cause. J’avais bâti dans un rêve un palais, un château ou des grottes, je ne peux pas bien vous l’exprimer… Je ne le disais à personne par crainte d’être tourné en ridicule et je me trouvais ridicule moi-même. Voilà qu’au bout de quinze ans, au moment où j’avais à peu près oublié mon rêve, que je n’y pensais le moins du monde, c’est mon pied qui me le fait rappeler. Mon pied avait accroché une pierre qui faillit me faire tomber. J’ai voulu savoir ce que c’était… C’était une pierre de forme si bizarre que je l’ai mise dans ma poche pour l’admirer à mon aise. Le lendemain, je suis repassé au même endroit. J’en ai encore trouvé de plus belles, je les ai rassemblées sur place et j’en suis resté ravi… C’est une pierre molasse travaillée par les eaux et endurcie par la force des temps. Elle devient aussi dure que les cailloux. Elle représente une sculpture aussi bizarre qu’il est impossible à l’homme de l’imiter, elle représente toute espèce d’animaux, toute espèce de caricatures. Je me suis dit : puisque la nature veut faire la sculpture, je ferai la maçonnerie et l’architecture. » 

Pierre Chazaud, Le facteur Cheval : un rêve de pierre, Veurey, Le Dauphiné, coll. «Les Patrimoines», 1998

« Voici les dimensions de mon Palais :
Façade est : 26 mètres de longueur. Façade ouest : 26 mètres de longueur. Façade nord : 14 mètres de longueur. Façade sud : 10 mètres de longueur. La façade nord et sud forment le quart du monument, la largeur est en moyenne de 12 mètres, la hauteur varie de 8 à 10 mètres. Entre la façade est et ouest, il se trouve une grande galerie de 20 mètres de longueur sur 1 m 50 de largeur; aux deux extrémités se trouve une espèce de labyrinthe.
[…]
Le coût du palais n’est pas bien fort, mon travail ne compte pour rien. Je l’ai construit à temps perdu dans mes moments de loisirs que me laissait mon service de facteur. Quand j’ai quitté la Poste pour prendre ma retraite, j’ai construit ma maison et j’ai entouré mon Palais de grandes murailles. Je cultive et j’entretiens mon clos afin que les visiteurs qui me prennent une partie de mon temps trouvent tout en harmonie avec mon Palais. Je les accompagne pour leur expliquer en détail ce qu’ils voient. Je n’ai absolument acheté que la chaux et le ciment. Il y a environ 3500 sacs que j’ai employés seul à mon Palais, ce qui représente une somme de 5000 francs. L’ensemble du monument fait environ 1000 mètres cubes de maçonnerie. Quand j’ai commencé ce travail, j’avais quarante-trois ans ; aujourd’hui, je suis dans ma soixante neuvième année. »

Lettre autobiographique du Facteur Cheval (15 mars 1905)

 »Après avoir terminé mon Palais de rêve à l’âge de soixante dix-sept ans et trente-trois ans de travail opiniâtre je me suis trouvé encore assez courageux pour aller faire mon tombeau au cimetière de la Paroisse. Là encore j’ai travaillé 8 années d’un dur labeur. J’ai eu le bonheur d’avoir la santé pour achever ce tombeau appelé « Le Tombeau du silence et du repos sans fin » – à l’âge de 86 ans.  Ce tombeau se trouve à un petit kilomètre du village d’Hauterives. Son genre de travail le rend très original, à peu près unique au monde, en réalité c’est l’originalité qui fait sa beauté. Grand nombre de visiteurs vont aussi lui rendre visite après avoir vu mon « Palais de rêves » et retournent dans leur pays émerveillés en racontant à leurs amis que ce n’est pas un conte de fée, que c’est la vraie réalité. Il faut le voir pour le croire. C’est aussi pour l’Éternité que j’ai voulu venir me reposer au champ de l’Égalité. »

Extrait du cahier N° 3 du Facteur de décembre 1911, Hauterives – Drôme

Une autre artiste autodidacte, Nikki de Saint Phalle, grande admiratrice du facteur, adressa à son mari, le sculpteur Jean Tinguely, une lettre rédigée en ces termes :

« Je te parlais de Gaudi et du Facteur Cheval que je venais de découvrir et dont j’avais fait mes héros : ils représentaient la beauté de l’homme, seul dans sa folie, sans aucun intermédiaire, sans musée, sans galeries. Je te provoquai en te disant que le Facteur Cheval était un bien plus grand sculpteur que toi. «Je n’ai jamais entendu parler de cet idiot, dis-tu. Allons le voir tout de suite.» Tu insistais. C’est ce que nous fîmes et la découverte de ce créateur marginal t’apporta une immense satisfaction. Tu fus séduit par la poésie et le fanatisme de ce petit postier qui avait réalisé son rêve immense et fou. »

La consécration du Palais du facteur Cheval a lieu le 2 septembre 1969, quand il est inscrit aux monuments historiques, grâce à l’appui de l’ancien ministre André Malraux. Le tombeau de Ferdinand Cheval, qu’il construisit après qu’il eut reçu l’interdiction d’être enterré dans son palais, est également inscrit aux monuments historiques depuis le 23 mai 2011.

Le Coral Castle d’Edward Leedskalnin :

Edward Leedskalnin
Coral Castle by Edward Leedskalnin, 28655 S Dixie Hwy, Homestead, FL 33033, États-Unis

Ce qui est fascinant chez Edward Leedskalnin, c’est qu’il a bâti son Coral Castle au moyen d’une méthode qu’il n’a jamais révélée. Cette œuvre mégalithique qui est connu dans le monde entier est un monument bâti en hommage à sa belle qu’il surnommait « sweet sixteen ». Son secret lui, est enfoui dans les livres qu’il a écrit, et il est tellement important que son auteur en a codé le contenu le plus sensible, notamment, la méthode qui lui permit de déplacer des blocs de 30 tonnes selon la technique mystérieuse des bâtisseur de pyramides Egyptiens.

Un chef d’œuvre mégalithique :

Souvent appelé Stonehenge de Floride, les mystères de ce château demeurent intact encore aujourd’hui et continuent de servir de source d’inspiration pour de nombreux livres, émissions de télévision, films et chansons (Sweet Sixteen de Billy Idol).

Sur le bloc de corail de l’entrée qui accueille les visiteurs de Coral Castle depuis plus de 70 ans, est gravée en très grands caractères majuscules : Vous allez voir une incroyable réalisation! L’inspiration derrière la construction de ce château taillé dans des rocs d’oolites trouve son origine dans une histoire d’amour qui a commencé en Lettonie lorsque Agnes Skuvst, celle qui devait devenir la femme de Edward Leedskalnin, a décidé d’annuler son mariage avec lui la veille de leurs noces. Le cœur brisé, il décida alors d’immigrer en Amérique du Nord. Il arriva à New York à bord du SS Pennsylvania le 6 avril 1912. Edward travailla dans l’Oregon comme fabricant de manches de hache pendant le boom de l’exploitation forestière. Finalement, il s’ installa à Florida City au début des années 1920 après avoir reçu un diagnostic de tuberculose. Bien qu’il soit un homme timide, il se lia rapidement d’amitié avec Ruben et Francis Moser qui l’accueillirent le temps qu’il retrouve la santé. En 1923, les Moser vendirent à Leedskalnin, un acre de terrain (un peu plus de 4000 m²) pour 12$. C’est alors qu’il décida de construire un monument dédié à son amour perdu, Agnes Skuvst. Ce serait sa plus grande réussite et son joyau suprême, mais la manière dont il le construisit reste un mystère.

Leedskalnin, qui pesait environ 40 kg pour 1,50 m, aurait travaillé seul, et essentiellement de nuit, à l’abri des regards. Selon le site officiel du château, le mystère reste entier quant à la technique qu’il utilisa pour découper, déplacer, sculpter et positionner au cordeau des blocs de pierre dont certains pèsent jusqu’à 30 tonnes, dont une porte de 9 tonnes. Le seul outil dont l’utilisation serait connue avec certitude est une grue en bois.

Le château initialement nommé «Ed’s Place», fut rebaptisé Rock Gate Park. Il l’ouvrit au public en proposant des visites pour dix cents. En 1936, lorsque des plans pour un nouveau lotissement émergèrent dans son quartier, Edward déplaça son château élément par élément jusqu’à Homestead, situé à dix miles de là, pour protéger sa vie privée. Il n’a jamais raconté à quiconque comment il avait construit le château sans aucune aide, et comment il l’avait déplacé seul sur plus de 16 kilomètres. Quand on lui posait la question, il répondrait simplement : « Ce n’est pas difficile si vous savez comment faire. »

Le Château de Corail comprend entre autre, une porte de 9 tonnes, un télescope Polaire, un cadran solaire qui indique non seulement l’heure de la journée à la minute près, mais aussi les saisons et les solstices, ainsi que des sculptures célestes, le tout entièrement en pierre.

Le secret :

Le sculpteur, scientifique et auteur immigré letton Edward Leedskalnin a écrit et publié plusieurs ouvrages, dont deux sont fait pour aller ensemble  : « La vie minérale, végétale et animale » et « Magnetic Current ». Ensemble, ces œuvres incarnent la « Force cosmique », la théorie universelle de Leedskalnin sur l’aimant individuel des pôles Nord et Sud.

Dans son livre, « Comment lire ses écrits : le guide non autorisé pour décoder les œuvres d’Edward Leedskalnin », l’écrivain et inventeur Edward J. Marlinski offre aux lecteurs plus curieux que les autres, l’opportunité d’accéder à la connaissance d’un pouvoir naturel qui semble avoir été oublié intentionnellement par l’humanité. Marlinski fournit les outils nécessaires pour comprendre la cryptologie de Leedskalnin, mais pose la question suivante : « … comment présélectionneriez-vous entre les mains de qui il (le pouvoir) serait placé ? » Il y a donc du travail à faire. Il donne cependant quelques éléments gratuitement et stimule même les lecteurs en leur proposant de réorganiser les seize lettres du titre de l’un des livres de Leedskalnin, « A book in every home » (Un livre dans chaque maison), pour créer une phrase clé. Marlinski suggère également de refléter les images que Leedskalnin a incluses dans ses écrits. Presque aussi mystérieux et énigmatique que Leedkskalnin, Marliinski avertit les lecteurs d’utiliser leurs nouvelles connaissances pour le bien de l’humanité ou d’en subir les conséquences. Il a apparemment lui-même utilisé ces connaissances à bon escient en tant qu’inventeur et auteur de plusieurs brevets sophistiqués, dont un projet visant à protéger les humains des rayonnements électromagnétiques nocifs. Selon certaines rumeurs, il aurait participé au développement du cœur artificiel de Robert Jarvik.

Les Rochers Sculptés à Rothéneuf par l’abbé Fouré :

Rochers Sculptés de Rothéneuf, par l’abbé Fouré, 4 Chemin des Rochers Sculptés 35400 Saint-Malo

À 5 km de Saint-Malo en direction de Cancale, les Rochers Sculptés de Rothéneuf constituent un univers féérique sculpté par l’abbé Adolphe Julien Fouéré (dit l’abbé Fouré) à la fin du XIX siècle, qui, selon certain, retrace la légende des Rothéneuf, famille de Corsaires, pirates et nobles. Pour d’autres, l’inspiration de l’abbé Fouré viendrait de la lecture de journaux tels que Le Salut ou encore l’Ouest-Éclair. Selon le Guide de son musée édité en 1919, ou les articles parus de son vivant dans des journaux locaux, son œuvre représente des personnages connus ayant un rapport avec l’actualité de son époque.

L’aventure débute en 1894, alors que l’abbé Fouré est contraint d’abandonner son poste de recteur à Langouët et doit se retirer comme prêtre, à Rothéneuf, à 5 km de Saint-Malo. L’ecclésiastique entame alors son œuvre monumentale, qu’il taille directement dans les rochers de granite, telle une fresque sculptée en plein air, à la merci des éléments extérieurs. De fin 1894 à 1907, il modèle plus de 300 statues à partir des rochers granitiques surplombant la mer et crée de nombreuses sculptures en bois dans sa maison du bourg connue plus tard sous le nom de «Musée Bois». En 1907, frappé de paralysie, et atteint de difficulté d’élocution, il est contraint d’arrêter toutes ses activités. Il meurt le 10 février 1910.

Ces figures sculptées qui étaient à l’origine polychromes, vont du bas-relief aux visages totalement dégagés. Elles représentent des dizaines de personnages énigmatiques se confondant avec les rochers, les traits de certaines étant soulignés au goudron. Ces peintures initialement présentes sur les rochers ne sont plus visibles. D’après le livre d’or de l’abbé, les rochers de l’actuel site des rochers sculptés étaient pour la plupart peints en «bleu, en jaune clair, en grenat et couleur chocolat».

Chef d’œuvre en péril : Les rochers sculptés du site sont de plus en plus érodés par les conditions maritimes, les mousses et les lichens, ainsi que par le passage répété des visiteurs. D’après Jean Jéhan, auteur du livre « Saint-Malo Rothéneuf au temps des rochers sculptés » en 2010, si rien n’est fait, les sculptures ne seraient plus reconnaissables d’ici quelques dizaines d’années.

Hifi Vintage – Amplificateurs prestigieux des années 80 – Partie 2

Voici donc la deuxième partie de l’article consacré aux amplificateurs de puissance haut de gamme des années 80. Ici, je vais évoquer quatre belles électroniques que l’on pouvait écouter il y a presque quarante ans dans les auditoriums des enseignes spécialisées les plus prestigieuses de la capitale ou des principales villes de province (en l’occurrence Toulouse). Il s’agit des Marantz SM1000 (1982), Onkyo M-5090 (1983), Sansui B-2101 (1986) et Yamaha M-80 (1984).

Marantz SM 1000 & Préampli SC 1000 (1982) :

Marantz SM 1000 & Préampli SC 1000

Tout d’abord, contextualisons la marque Marantz en ce début des années 80 : un authentique pionnier américain de l’audio (perdu au milieu de toutes ces productions audio nippones) en train de cesser ses activités au USA. Avec le SM1000, nous avons la toute dernière unité entièrement conçue par Michael Custer (responsable de la division ingénierie de Marantz-Superscope et promoteur des célèbres séries Esotec à partir de la fin des années 70 jusqu’au début des années 80) aux États-Unis. Le SM 1000 a cependant été construit au Japon alors que Philips était sur le point d’acheter presque la moitié des parts de Marantz à Superscope. Le SM 1000 représente donc la fin de l’excellente section USA du Marantz originel qui  nous fit tant rêver dans les années 70…

À l’extérieur de ce monstre de 43 kg au châssis bâti comme un tank (mais raffiné grâce à la célèbre dorure « champagne » propre au manufacturier) on trouve sur sa face avant de magnifiques vumètres logarithmiques bleus surdimensionnés et à sa base, une petite trappe occupant toute la largeur du rack permettant de masquer les commutateurs de sortie ce qui préserve l’aspect massif et minimaliste de la bête. Sur la face arrière, des entrées préampli symétriques (selon un brochage propre à Marantz) et asymétriques ainsi que 12 borniers acceptant des câbles de sortie de forte section pour les enceintes acoustiques.

À l’intérieur, deux transformateurs « cut-core » de 800 VA, quatre condensateurs de 20.500 µF/125 V ainsi qu’un dissipateur de chaleur tunnel équipé de son ventilateur à faible bruit « inspiré » de la technique NASA. Les premier et deuxième étages du SM 1000 sont des amplis différentiels push-pull à double transistors ; les deux étages sont couplés à un amplificateur tampon émetteur-suiveur. L’étage final produit 2x 400W sous 8 Ohm avec pas moins de 36 transistors de puissance bipolaires appairés (des NEC 2SD555/2SB600 de 200W chacun) pilotés par 12 drivers connectés en parallèle selon un montage Darlington « Super Linear ».

J’ai eu la chance de l’écouter driver une paire d’enceintes JBL Everest en combo avec le préampli SC1000 qui lui est dédié. Ces enceintes taillées pour le marché japonais qui ne brillent pas vraiment par leur exubérance en infrabasses semblaient transfigurées tant l’extrême grave était ferme et présent et les compressions à aucun moment ne saturaient ni sur les passages aigus difficiles ni sur les médiums les plus complexes qui restaient intelligibles et chauds. C’est sûrement un des meilleurs ampli de puissance qu’ai jamais sorti Marantz.

Prix d’occasion : entre 4000 et 5000 euros le combo SM 1000/SC 1000.

Onkyo Integra M-5090 & Préampli P-3090 (1983) :

Onkyo Integra M-5090 & Préampli P-3090

Encore une belle réalisation d’Onkyo avec cet excellent amplificateur de puissance dépassant les 30 kg!

À l’extérieur, sur la façade avant, deux grands Vumètres rétroéclairés en vert du plus bel effet. Une trappe cache les potentiomètres de réglages de chaque voie et les commutateurs d’enceintes. Face arrière, des borniers pour connecter deux paires d’enceintes et une entrée préampli asymétrique cinch. Les côtés sont ajourés d’une plaque en bois précieux.

À l’intérieur, quatre condensateurs 30.000 µF/90 V, deux énormes transfos blindés et un système de refroidissement sur les côtés. Concernant l’électronique de puissance, nous trouvons un sextuple push-pull de transistors MOSFET Sanken 2SC2773/2SA1169 permettant à l’ampli de délivrer plus de 200 W sous 8 Ohms ! Il est équipé du système W Super Servo équivalant à une alimentation 100 fois plus grande, sachant qu’elle était déjà surdimensionnée. Autant dire que même dans les conditions d’écoute les plus extrêmes, les basses n’ont qu’à bien se tenir.

L’amplification du 5090 fonctionnait selon un système de polarisation glissante personnalisé qui évitait les commutations constantes de la classe B détériorant le signal et prenait le meilleur de la polarisation en classe A équipant la plupart des amplis haut de gamme de l’époque. Ce système de pilotage servo très avancé du pré-pilote détectait les différences de température entre chaque transistor de sortie, la stabilité de la polarisation et la stabilité de boucle de rétroaction.

À près de 4700 $, le combo P-3090/M-5090 était clairement orienté dans le haut de gamme mais il s’est néanmoins très bien vendu, notamment au Japon. En fonction de son année de production (de 1982 à 1986) et de son pays d’exportation, l’appareil fut labellisé Onkyo M-509, M-5090 ou M-200.

On peut le trouver d’occasion à partir de 2500$. Comptez 1500$ pour le préampli.

 Sansui B-2101 & Préampli C-2101 (1986) :

Sansui B-2101 & Préampli C-2101

Au tout début, Sansui était un simple fabricant de transformateurs. Puis la firme commença à fabriquer des amplificateurs et des tuners. De la fin des années 1950 au début des années 1960, Sansui développa une solide réputation audiophile de classe mondiale, d’abord dans le tube avec le SM-88 au Japon, puis les AU-70 et AU-111, avant de passer à l’amplification à transistors au silicium avec le AU-777 en 1967.

Le B-2101 est un ampli de puissance de 200 W RMS par canal équipé de la technologie X-Balanced. En bref et selon la notice que vous pourrez parcourir dans les documents joints, la sortie de l’amplificateur est électriquement équivalente à un transformateur mais contrairement à ce dernier, elle peut fournir une réponse en fréquence très étendue allant du courant continue à plusieurs centaines de kilohertz, tout cela en gardant une distorsion harmonique très basse et une capacité de puissance très élevée.

L’ampli de puissance est sobre, tout de noir vêtu. À noter l’apparition du barre graph stéréo à mémoire de crète conformément à la mode des années 80. Dans les entrailles de la bête on trouve 16 transistors de puissance fixés sur des radiateurs peigne, une alimentation conséquente (un seul solide transfo torique blindé mais quand même deux capa de 10.000 µF pour chaque voie). La qualité est un peu « cheap » pour du haut de gamme, mais très largement supérieure aux standards de la hifi de l’époque tirées par le bas par les premières délocalisations des manufacturiers audio vers la chine, profit oblige.

Une version upgradée (baptisée B-2101L) sortit en 1985. Elle pesait 10 kg de plus (soit 36 kg) et contenait des composants audiophiles.

Prix d’occasion : à partir de 1500 $ pour la paire ampli & préampli.

Yamaha M-80 & Préampli C-80 (1984) :

Yamaha M-80

Le M-80 est un ampli bien construit, assez puissant avec ses 200 Watts pour piloter des enceintes à faible gain (par exemple 86db/1w/1m sur les panneaux électrostatiques Magnepan, Martin Logan, Quad…), et dont le design est très en phase avec les années 80 (barregraph à led rouges se détachant sur une façade alu toute de noir vêtu). La classe A automatique permet à l’ampli de fonctionner pendant ses premiers watts en classe A et effectue une transition imperceptible vers la classe AB vers 10 watts, quand plus de puissance est nécessaire. Le M-80 et le C-80 utilisent tous deux ce que Yamaha appelle des circuits « Zero Distortion Rule », apparemment une combinaison de techniques de rétroaction et d’anticipation qui, en théorie, peuvent réduire la distorsion à zéro.

Pour la partie amplification de puissance, 4 paires de transistors Sanken 2SA1169/2SC2773 pouvant dissiper chacun 150 Watts sont montées sur des dissipateurs surdimensionnés. L’alimentation dédiée est monstrueuse puisque nous avons deux énormes transfos blindés imprégnés de résine sous vide et pas moins de 80.000 µF de filtrage pour chaque voie réparti en 4 capacités électrochimiques de haute qualité…

L’attention portée aux détails du combo ampli/préampli est impressionnante. Chaque connecteur de signal est plaqué or, tout comme les fiches du câble blindé double fourni avec le C-80 pour la connexion au M-80. Toutes les commandes fonctionnent avec douceur et précision et pas de bruit de fond.

Le préampli C-80 sonne bien alors autant le décrire sommairement. Il dispose d’un Loudness réglable grâce à un double potentiomètre concentrique intégré dans le bouton de volume. Ce circuit (maudit par tout audiophile dogmatique qui se respecte) rempli ici parfaitement sa fonction à partir de niveaux très très bas. Les commandes de tonalité paramétriques du C-80 sont capables de correction de fréquence dépassant de loin la capacité des commandes de tonalité conventionnelles d’autres marques Hifi. Chacun (graves et aigus) dispose de trois réglages : la fréquence centrale (variable en continu sur une plage de 31,5 Hz à 800 Hz pour le contrôle des graves, et de 800 Hz à 20.000 Hz pour les aigus), le niveau (amplification ou atténuation sur une plage de ± 12 dB !!! ce qui approche presque la correction de certaines tables de mixage sono, avec une position centrale à réponse plate), le réglage de la largeur de bande passante, qui fait varier la largeur de la partie affectée du spectre audio. Comme pour le volume et le loudness, ces deux derniers réglages évoqués sont intégrés dans une même commande concentrique.

Yamaha C-80, correction de tonalité paramétrique.

On trouve ce combo Yamaha pour pas cher, et il marche super bien. Ce n’est pas du très haut de gamme comme le Marantz SM-1000, mais on en a pour son argent. Que les audiophiles allergiques à la correction de tonalité se rassurent, en position flat sélectionnable sur la façade du préampli, cette dernière est totalement inopérante et on peut alors profiter du « natural sound » de la firme avec une courbe de réponse linéaire.

Prix d’occasion : 700 $ pour l’ampli et idem pour le préampli.

Hifi Vintage – Amplificateurs prestigieux des années 80 – Partie 1

Chers lecteurs et lectrices du blog, auditrices et auditeurs de la radio, je vous souhaite tout d’abord une excellente année 2022 qui d’après une éminente numérologue sera l’année de l’amour… C’est pour ma part ce que je souhaite à tout le monde bien que j’ai des doutes quant à la véracité de ses prédictions. Un camarade féru d’histoire et amateur d’argot m’a d’ailleurs assuré qu’il fallait se méfier du chiffre 22. En me disant cela, il évoqua Charles Virmaître qui y fit allusion en 1894 dans son « Dictionnaire d’argot fin-de-siècle » : Vingt-deux : couteau. « Jouer la vingt-deux : donner des coups de couteau. »

Après avoir évoqué quelques amplis haut de gamme des années 70 et 90, je me devais d’écrire quelques articles sur les plus belles électroniques d’amplification de puissance audio des années 80, âge d’or de la haute-fidélité japonaise. Je ne vais parler que de celles dont le son a laissé une empreinte indélébile dans ma mémoire auditive à l’occasion d’une écoute dans un auditorium commercial ou privé : mon choix sera donc très subjectif. Il s’agit de l’Accuphase P80 (1988), du Technics SE-A3 MK2 (1983), du Denon POA 3000 (1986), du Luxman Duo Beta M-05 (1984), du Marantz SM1000 (1982), du Onkyo M-5060 (1983), du Sansui B-2101 (1986) et du Yamaha M-80 (1984). Huit appareils (7 de marques japonaises et un de marque New-Yorkaise) dont je vais vous parler en deux articles. Commençons en beauté avec la superbe marque Accuphase.

Accuphase : (initialement connu sous le nom de Kensonic Laboratory, Inc.) est un fabricant japonais d’équipements audio haut de gamme basé à Yokohama, fondé par l’ancien ingénieur de Kenwood Jiro Kasuga à la fin de 1972. Kasuga embaucha des ingénieurs d’autres marques de premier plan (Marantz, Luxman) et lança Kensonic, avec Kenwood comme copropriétaire. Jusqu’au milieu des années 1990, Kenwood possédait toujours une partie de Kensonic. Il semble que les ingénieurs d’Accuphase aient pu participer à l’ingénierie des dernières séries haut de gamme de Kenwood (L-A1, L-D1 et LVD-Z1). Alors que Kenwood a désormais abandonné toute activité audio haut de gamme, Kensonic continue avec la marque Accuphase.

Les produits Accuphase sont bien considérés par les amateurs d’audio haut de gamme. Ils sont facilement identifiables par leurs grandes plaques frontales de couleur champagne et leurs grands doubles vu-mètres analogiques.

Accuphase explique le nom de la marque comme suit : « Le nom Accuphase a été adapté en prenant le préfixe ACCU du mot « précis », et en le combinant avec PHASE qui est un facteur le plus important dans la technologie audio … c’est un nom de marque très approprié pour décrire nos produits qui représentent pleinement ceci mais aussi d’autres caractéristiques importantes, qui pénètrent dans les profondeurs abyssales de la technologie audio ».

Accuphase P800 (1987) & préampli Accuphase C200V :

Accuphase P-800 (1988)

Sur beaucoup d’amplificateurs de puissance, plus la puissance délivrée est élevée, plus la fidélité dans la reproduction des signaux de faible intensité est faible. Le P-800 qui a été développé avec une technologie mise au point par Accuphase est un amplificateur de puissance exceptionnel à cet égard car il peut produire indifféremment un panel de puissance allant de quelques dixièmes de watts à 600 watts sous 4 ohms en gardant la même qualité haute fidélité exempte de distorsion. Il utilise deux unités de puissance en configuration pontée (construction totalement équilibrée avec deux unités d’alimentation séparées pour une qualité sonore ultime mais un poids total de presque 50 kg tout de même…) formant un amplificateur totalement équilibré où la technologie originale d’Accuphase est utilisée partout, dans le but d’améliorer la qualité, en particulier à des niveaux de signal faibles grâce à un étage d’entrée push-pull différentiel Cascode particulièrement pointu.

L’autre problème traité efficacement par cet ampli est lié à l’impédance des haut-parleurs du marché qui varie considérablement, allant d’environ 2 ohms jusqu’à parfois 16 ohms. Avec un amplificateur à couplage direct, piloter une plage d’impédance aussi large avec une égale efficacité est presque impossible. Un étage de sortie conçu pour des performances optimales sous 2 ohms délivrera moins de puissance sous 8 à 16 ohms. A l’inverse, les performances d’un amplificateur optimisé pour environ 4 à 8 ohms s’en ressentent à 2 ohms et il ne sera pas capable de piloter des charges de 1 ohms.
Le P-800 intègre une conception spéciale pour faire face à une large gamme d’impédances de charge. La tension appliquée depuis ses dispositifs de sortie peut être commutée à une valeur inférieure, pour fournir la capacité de courant élevée requise par les charges à faible impédance. Il en résulte une puissance garantie vraiment étonnante de 600 watts sous 1 ohm et de 400 watts sous 2 ohms, avec une qualité sonore intacte. Pour obtenir des performances aussi étonnantes, l’étage de sortie de chaque bloc d’alimentation utilise deux ensembles de sept paires de transistors montés en push pull parallèle fonctionnant en large bande avec une dissipation de puissance maximale de 130 watts chacun. Cela équivaut à 14 paires ou 28 transistors par unité, totalisant une dissipation de puissance maximale de 3,6 kilowatts ! Ces chiffres vraiment étonnants témoignent de l’approche de conception sans limites du P-800.

L’écoute en auditorium de cet ampli alimenté par un préampli C200V de la même marque fut effectuée sur des enceintes Jean-Marie Reynaud Diapason. Le son m’avait marqué par son impressionnante ouverture, ses aigus précis, ses médiums agréables et naturels, chaleureux, exempts de distorsions, et ses graves profonds pourvus d’une dynamique vertigineuse et à toute épreuve.

Bref, cette électronique séduisante mérite encore sa réputation d’ampli très haut de gamme, en Classe AB certes, mais très stylée.

Prix d’occasion : à partir de 4000 Euros.

Technics SE-A3 MK2 & préampli SU-A4 MK2 (1983-89) :

Technics SE-A3 MK2 & SU-A4 MK2

C’est un superbe ampli qui fut la riposte de Technics dans le haut de gamme aux autres marques tendances de l’époque. L’ampli est bien conçu, avec une superbe alimentation et un étage de puissance fiable, ce qui ne fut pas le cas de son prédécesseur le SE-A3 MK1 (première version) qui, bien qu’il ait quasiment la même esthétique, fit une carrière éclair de seulement de 1980 à 1981 en raison de ses problèmes techniques. Le hic pour ce dernier résidait dans le disfonctionnement chronique de ses transistors de puissance Technics DLPT OD503A-P dont la maintenance faillit faire craquer le SAV de la marque. Le problème était qu’au début des années 1980, la production de transistors de puissance bipolaires appairés était à l’âge de pierre par rapport à aujourd’hui.

Cependant, que ceux qui possèdent cet appareil (encore fonctionnel ou bien en panne, cas le plus probable) se rassurent, trouver des transistors appairés de substitution fiables est simple (par exemple le Toshiba 2SA1987 et son complémentaire le 2SC5359) et l’appareil ainsi modifié fonctionnera très bien à condition de respecter l’ordre de brochage des nouveaux transistors qui ne correspond pas à celui des DLPT.

Mais revenons à notre ampli dans sa version fiabilisée par Technics, la version MK2. Contrairement au MK1 supposé fonctionner en classe A, ce dernier utilise un système breveté par Technics basé sur un microcontrôleur actif qui gère la polarisation du transistor de sortie en fonction de la température et de la charge du signal (Computer Drive) permettant une classe « New AA » qui est en fait une classe AB déguisée. Mais ne soyons pas mauvaise langue, le système semble faire le job sur ce modèle, contrairement aux amplis moins onéreux de la marque qui par la suite en furent aussi équipés.

Peu importe le type de voiture de sport convoitée, quelles que soient les nombreuses spécifications attrayantes de la voiture, la seule chose qui impressionne tout le monde est la vitesse de pointe de l’engin… C’est un peu pareil avec les amplificateurs de puissance stéréo haut de gamme, la spécification équivalente à la vitesse étant la puissance de sortie RMS par canal : Ici, la dernière graduation du compteur passe de 200 W pour le MK1 à 300 W pour le MK2, ce qui est nettement plus sexy…

Côté esthétique, le regard de l’auditeur est magnétisé par les deux superbes VU-mètres de puissance qui couvrent quasiment toute la façade du SE-A3MK2. Côté électronique, l’appareil ne démérite pas puisque l’étage de sortie est un Darlington à 4 étages donnant à ce monstre une capacité de gestion de puissance instantanée de 1600 watts par canal sur une charge pouvant varier de 4 à 8 Ohms grâce à l’utilisation d’un circuit de détection d’impédance (ce qui aurait été impossible sur la version MK1 avec ses transistors fragiles et parfois défaillants). Même à cette puissance incroyable, le SE-A3MK2 garde des niveaux de distorsion harmonique et d’intermodulation  incroyablement bas, qui peuvent faire honte à tout ampli équivalent moderne. Bien que le célèbre et encore plus rare Technics SE-A1 puisse pousser jusqu’à 350 watts RMS par canal en classe A, le Technics SE-A3MK2 est resté l’un des amplificateur de puissance haut de gamme les plus élégant et sophistiqué de la marque nippone jusqu’à ce jour. Utilisant comme la version MK1 une conception monobloc double avec des transformateurs de puissance séparés et deux impressionnants condensateurs de 22000 µF calibrés à 105 Volt pour chaque canal, le SE-A3MK2 est bâti comme un tank et pèse 39 kg !

Le Technics SE-A3 MK2 sonne bien et magnétise tous les regards de par l’aspect unique de ses VU-mètres. C’est sûrement le meilleur des Technics après le SE-A1. Qualitativement, on est bien au dessus des modèles qui suivirent fonctionnant aussi en « New AA » ou plus tard en « AA ». Fallait-il encore pouvoir y mettre le prix…

Prix à sa sortie en 1983 : 2900 $ et 1400 $ pour le préampli.

Prix actuel : à partir de 5000 $ pour l’ampli seul, souvent plus…

Denon POA 3000 (1979-83) & PRA-2000A :

Denon POA-3000

Le Denon POA-3000, sortit au pays du soleil levant au début des années 80 en plein âge d’or du matériel audio haute-fidélité japonais. Il fut édité en trois versions : le POA-3000 (1979-83) (180W, fonctionnant avec un push pull polarisé en Classe A Denon). Le POA-3000Z (1982-86) (250W fonctionnant en Classe AB) et le POA-3000RG (1988)(250W, fonctionnant en classe AB et équipé de sorties symétriques).

Le POA-3000 est doté du Class A “real bias circuit” inventé par Denon qui permet une excellente linéarité du signal à seulement 20 % du coût énergétique d’un circuit de classe A conventionnel. A l’intérieur de la bête, la source d’alimentation pour les étages de sortie se compose d’un énorme transformateur toroïdal de 1000VA alimentant le côté droit et gauche, et d’un filtrage de capacités électrolytique totalisant 100.000 µF, ce qui est considérable et permet une énorme réserve d’énergie. Les transistors de puissance sont refroidis par 4 radiateurs surdimensionnés. Ils sont protégés par un circuit rapide qui sert aussi de retard à l’allumage pour éviter le fameux « clock » dans les boomers à chaque activation ou extinction de l’appareil. Quand il y a une anomalie, la LED de protection intégrée sur le panneau avant clignote. (On notera que cette caractéristique haut de gamme est présentes sur tout les appareils analysés ici).

À l’écoute d’un POA-3000Z branché sur un préampli PRA-2000A et des enceintes JBL Century L100, la scène sonore est très définie, étonnante de dynamique. Le médium est chaud, les basses puissantes, les aigus ciselés. Un son enthousiasmant.

Prix d’occasion : 2000 $

Luxman Duo Beta M-05 & Préampli C-05 (1984)  :

Luxman M-05 (1984)

Le Luxman M-05, appareil relativement gros et lourd (40 kg) pour un ampli de 105 W par canal, est essentiellement constitué de deux amplificateurs mono sur un seul châssis alimentés chacun par son propre transformateur toroïdal. Les commandes sont doublées en façade. Le circuit de classe A utilise la conception exclusive Duo-Beta/S de Luxman, une approche de circuit qui présente une rétroaction négative minimale et une large bande passante. Le châssis unique est solidement construit avec un cadre en profilés d’aluminium. Les grands dissipateurs thermiques internes sont refroidis par des ventilateurs à plusieurs vitesses qui peuvent être désactivés provisoirement mais pas définitivement. Le câblage OFC, les compartiments d’isolation recouverts de cuivre, les matériaux non magnétiques et les techniques de mise à la terre en étoile sont tous revendiqués par le fabricant pour améliorer les performances. L’étage de sortie est assemblé manuellement. La façade couleur champagne et dorée sur les bords est du plus bel effet avec ses larges VU-mètres en verre biseauté.

Drivé par un préampli C-05 écouté sur des Cabasses Brigantin V, Le M-05 a des aigus exemplaires, et de très beaux médiums. Le timbre global est étendu. Le son est propre, peu fatigant pour l’auditeur. Les graves et les médiums sont très neutres et discrets. À la première écoute, les basses semblent manquer, mais l’amplificateur produit des basses profondes lorsque la musique l’exige. Assez neutre mais sans concession.

Prix d’occasion : 2000 Euros