HiFi Vintage – Platines cassette Nakamichi des années 80 – Partie 1 (1985-90)

La cassette revient à la mode, peut-être pas autant que le disque vinyle, mais beaucoup de jeunes mélomane, n’ayant pas connu les galères infligées à leurs utilisateurs contemporains par ces supports techniques audio que beaucoup d’entre eux virent disparaitre avec joie dès les années 90, se trouvent tentés d’investir dans une platine cassette vintage. J’ai moi-même vécu le remplacement de ces appareils analogiques avec satisfaction, notamment par le Compact Disc Audio qu’il soit en simple lecture ou bien enregistrable, mais il m’arrive de penser avec nostalgie à certaines de mes anciennes platines cassettes, et celles qui m’ont le plus impressionné était de la marque Nakamichi.

Au milieu des années 80, le prix d’un vinyle était callé entre 70 à 120 Francs, ce qui était cher, mais à ce prix là on avait un son honnête couvrant l’intégralité du spectre sonore audible soit 20-20Khz. Certes, la dynamique était mauvaise (35 dB environ), la diaphonie aussi (30 dB), mais ça ne soufflait pratiquement pas (60 dB) (par contre, les craquements étaient bien présents). La cassette audio préenregistrée, vendue au même prix, cumulait tous les défauts (Temps d’accès très lent aux différentes plages musicales du support nécessitant un rembobinage rapide systématique, mauvaise courbe de réponse en fréquence, mauvaise diaphonie, souffle catastrophique, dépôt sur les têtes de lectures…). La solution « miracle » fut le Dolby B, une sorte de filtre utilisé à l’enregistrement : il atténuait le souffle certes, mais il massacrait encore plus les aigues, à tel point qu’il fallait le désenclencher à la lecture, au prix d’un souffle encore plus audible qu’avant… Du milieu des années 80 au début des années 90, ce filtre évolua en Dolby C, de bien meilleure qualité, puis en Dolby S, d’excellente qualité, on ajouta enfin un filtre qui ne s’applique qu’à l’enregistrement de la cassette mais reste disponible quelque soit la platine cassette (le Dolby HX Pro), mais c’était trop tard, puisqu’en 1990, l’audio numérique bien plus pratique et performant commençait à prendre des parts de marché, et par la même occasion, sonnait le glas de ces dinosaures du son analogique que tout le monde vit disparaître avec joie.

Mais, pendant 20 ans à partir de 1970, la platine cassette fut le seul moyen populaire d’enregistrer du son en qualité « Hifi ». La marque qui se détacha très vite du lot de manufacturiers spécialisés de l’époque était Nakamichi, une marque que j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer dans quelques articles précédents. (Vous pourrez d’ailleurs vous référer à l’article en lien pour trouver un lexique explicatif de ces appareils vintage). La marque nippone ne faisait que du haut de gamme, et je dois dire qu’au niveau son, on en avait pour son argent. Leurs têtes de lecture de haute qualité étaient très résistantes, souvent au nombre de trois, ce qui permettait le monitoring (comparaison du son original et de l’enregistrement), les moteurs étaient aussi au nombre de trois (sur les appareils les plus chers), permettant d’optimiser le transport de la bande magnétique qui était des plus fragiles, comme tout le monde le sait, et pas forcément de bonne qualité. La mécanique d’entrainement des bandes était parfois délicate, mais le SAV des vendeurs distribuant la marque à l’époque était efficace, et cela ne posait donc pas de problème d’entretenir de tels appareils, sous réserve bien sûr, de pouvoir se les payer.

J’ai choisi de commencer cet article en évoquant quelques platines Nakamichi sorties entre 1985 à 1990 (les BX-100 E, BX-125 E, BX-300 E, RX-505 E, CR-7 E et le Célèbre Dragon), d’excellentes machines qui surpassaient haut la main tous les concurrents de la marque dans leur gamme respective. Dans la deuxième partie de l’article qui paraitra d’ici quelques mois, j’évoquerai quelques appareils tout aussi exceptionnel que commercialisa Nakamichi de 1980 à 1985, notamment l’incroyable 1000 ZXL mais aussi, les 480, 582 680 ZX, LX5 et LX7. Tous ces appareils sont depuis devenus mythiques.

Nakamichi BX-100 E :

Nakamichi BX-125 E

Cette platine cassette haute performance certes, mais relativement chère pour de l’entrée de gamme, était dépourvue d’une fonctionnalité essentielle puisque le Dolby C était absent. Cependant, compte tenu de son prix, cette platine ne déçut pas les audiophiles exigeants qui possédaient les connaissances nécessaires pour tirer le meilleur parti de l’appareil, en tenant compte des nombreux réglages internes possibles.

La qualité de fabrication et de finition de Nakamichi, associée à son système de transport fluide et silencieux à commande logique, rend la BX-1OOE agréable à utiliser. Toutefois, le réglage indépendant du bias et de l’équalisation requiert une attention particulière pour éviter toute erreur. Malgré l’absence de Dolby C, le souffle reste acceptable avec des cassettes vierges de haute qualité et silencieuses, tel le Métal ou le Chrome, et un niveau d’enregistrement adéquat n’excédent pas le 0 DB de référence.

Sur cette platine, la sélection du bias et de la qualité de la bande sont indépendants, permettant par exemple l’enregistrement de bandes chrome en 120 µs normalement réservé au ferrique. Les boutons de bias sont, comme toujours, identifiés de manière confuse uniquement par les désignations propres à Nakamichi : EX (ferrique), SX (chrome) et ZX (métal). Les fonctions d’arrêt en mémoire, de minuterie et de répétition automatique sont présentes, mais il n’y pas d’entrées microphone.

En interne, des réglages indépendants du bias et du gain d’enregistrement sont intégrés sur les canaux gauche et droit pour chaque type de bande, permettant ainsi d’adapter la machine à n’importe quelle bande.

Qualité sonore :

En écoute, les transitoires étaient restitués avec une définition et un mordant remarquables sur des bandes magnétiques Métal. La richesse des détails dans les aigus était surprenante, et l’image sonore s’avérait également meilleure que d’habitude. La présence de basses profondes et solides conférait au son une présence plus marquée. Le son relativement clair et « large bande » sur les bandes magnétiques Normales était à la fois immersif et agréable à l’écoute.

Nakamichi BX125E :

Le BX125 est essentiellement un BX-1OO équipé du Dolby C. Il est donc similaire au BX-150, qui était auparavant le Nakamichi le moins cher à proposer le Dolby C en plus du Dolby B. Visuellement, le BX125 est dépourvu du compteur de bande à LED rouge lumineux du BX150, et la commande de sortie est rotative au lieu d’être un curseur. Pour le reste, les fonctionnalités sont identiques.

Lors des tests, le BX-125 se révélait très similaire aux BX-1OO et BX-150 à tous égards. Il démontrait une bonne stabilité de vitesse, caractérisée par un très faible scintillement pour un transport à cabestan unique, mais un léger pleurage (0,08 %) à 2 Hz et 5 Hz.

Nakamichi BX300E:

Nakamichi BX-300 E

Les tests d’écoute et les tests en laboratoire montraient systématiquement que la stabilité de la vitesse était un problème majeur sur les platines cassettes, responsable de distorsions, de variations de niveau, d’un son diffus et de nombreux autres phénomènes subjectifs et difficiles à appréhender. Les platines à double cabestan en boucle fermée éliminèrent la quasi-totalité de ces dégradations en isolant également la bande de la mécanique de la cassette, qui peut elle-même produire un scintillement important. Nakamichi utilisait ce système d’entraînement sur toutes ses platines haut de gamme, à commencer par la BX-300E.

Trois têtes ont également été installées, permettant une écoute hors bande et un réglage de la polarisation par l’utilisateur pour s’adapter au mieux à la bande. Nakamichi a intégré une seule commande pour tous les types de bande ; il faut donc mémoriser les réglages lors du changement de type.

Comme prévu, la stabilité de la vitesse de cet appareil était exceptionnellement bonne. Le scintillement était de 0,07 %, le pleurage de 0,04 % et la dérive était quasi inexistante.

Le réglage de la polarisation permet d’affiner la réponse en fréquence des bandes métalliques de quelques dB à 20 kHz, ce qui est suffisant.

La plage de réglage des bandes au chrome est beaucoup plus large, ces bandes  étant plus sensibles aux variations de polarisation que les bandes métalliques.  La platine peut ainsi être associée aux meilleures bandes Chrome. Comme c’est souvent le cas avec les platines Nakamichi, la réponse en fréquence de la lecture présente une légère atténuation d’environ -1 dB à 5 kHz, mais les aigus remontent progressivement jusqu’à +2,5 dB à 18 kHz. Cependant, selon les normes habituelles, la réponse en fréquence est très plate et étendue, ce qui est parfaitement audible. La précision de la vitesse de lecture est parfaite avec le réglage central de la commande de pitch, avec une plage de réglage de 7 %.

Qualité sonore :

Sur bande métallique (TDK MA), l’appareil offrait un équilibre tonal très neutre, avec une légère accentuation des aigus. L’augmentation du bias permettait de corriger ce défaut et la qualité sonore devenait alors excellente. L’image sonore était précise, les aigus nets et clairs, et la clarté remarquable.

La bande chrome (TDK SA) nécessitait un léger ajustement du bias pour maîtriser les aigus, mais il devenait alors parfois difficile de distinguer le signal source du signal de la bande. Les résultats étaient étonnants.

Avec la bande ferrique, un compromis était nécessaire entre un contrôle optimal des aigus (bias augmenté) et un niveau d’aigus optimal (bias diminué).

La qualité de lecture du BX-300 avec des cassettes préenregistrées offrait une stabilité et une netteté d’image sonore remarquables, propices à une écoute attentive.

Nakamichi RX-505 E :

Nakamichi RX-505 E

Dès leur sortie, les platines à inversion automatique de Nakamichi, les
RX-202, ‘303 et ‘505, connurent un succès immédiat, étant considérées comme les gadgets les plus excentriques jamais vus sur le marché de la hi-fi.
Leur système d’inversion fait pivoter physiquement la cassette, contrairement aux autres systèmes qui inversent le sens de défilement. Tous les composants de la tête de lecture restent solidement fixés et ne subissent donc pas l’usure qui finit par affecter les plateaux rotatifs des platines à inversion automatique classiques, entraînant une perte d’aigus due à un mauvais azimut. Ce système évite également les erreurs d’azimut liées au déroulement de la bande, causées par un tirage « en arrière » sur les platines à inversion automatique classiques.

Le mécanisme d’entraînement est un système à double cabestan conventionnel, plus simple que celui du Dragon, et offre en plus l’enregistrement inversé. La RX505E ne dispose cependant pas d’une inversion automatique rapide ; elle enregistre et lit en suivant l’amorce, introduisant un silence d’environ 12 secondes. Des têtes d’enregistrement et de lecture indépendantes permettent un contrôle hors bande. Nakamichi a doté ce magnétophone de bien plus de fonctionnalités que d’autres, même les Dragon et ZX-9. Il dispose d’une recherche musicale (détection d’intervalle), d’un saut automatique en cas de fin de morceau silencieux, d’une minuterie, d’une fonction d’arrêt/lecture en mémoire, de filtres MPX et subsoniques. Chose rare pour un Nakamichi, l’enregistrement par insertion est possible grâce au transport à commande logique.

Le réglage fin du bias permet d’adapter précisément les bandes métal, ferrique et chrome. Comme tous les Nakamichi, le RX-505E fonctionne avec une précision remarquable, mais les sélecteurs indépendants de bias et d’égalisation, sans indicateurs d’état, laissent une grande marge d’erreur. Il ne possède pas d’entrées microphone.

Le RX-505E est un magnétophone à inversion automatique doté d’un système d’inversion mécanique unique et ludique qui fait tourner physiquement la cassette. Ce système permet également l’utilisation d’un mécanisme complexe à double cabestan, ainsi que de têtes d’enregistrement et de lecture indépendantes et discrètes, offrant à l’appareil une excellente réponse en fréquence et une marge dynamique importante. L’inversion automatique de Nakamichi n’est pas particulièrement rapide, mais de nombreuses autres fonctionnalités sont disponibles, telles que la recherche musicale, le saut de pistes vierges et un réglage précis du bias.

Le mécanisme d’entraînement fonctionne avec une grande précision, mais ses performances mesurées ne sont pas exceptionnelles. L’adaptation de bande est large grâce au bias variable. La qualité sonore d’enregistrement est excellente.

Nakamichi CR-7 E :

Nakamichi CR-7 E
Nakamichi CR-7 E

Le CR-7, en réalité, est une évolution dans le domaine des platines cassettes haut de gamme de la marque. Il conserve la tête de lecture motorisée du Dragon, inclinable à gauche ou à droite pour s’aligner sur n’importe quel enregistrement. Cependant, il abandonne le système de détection automatique du Dragon et se fie à l’oreille de l’utilisateur. Autrement dit, l’azimut est réglable manuellement. Cela pourrait sembler inférieur au Dragon, mais en pratique, je trouve cela préférable pourvu qu’on ait une certaine habitude et maitrise de ce type d’appareil, même si le CR-7 ne remplace ni n’améliore le Dragon.

Qualité sonore :

Les nouveaux circuits électroniques internes offraient un son mieux équilibré que le Dragon. Les basses étaient plus présentes, la neutralité tonale plus marquée et les aigus moins « minces ». Toutes les qualités du Dragon, notamment son excellente image sonore et sa grande précision, étaient toutefois conservées.

Avec les Maxell MX, les enregistrements étaient si fidèles à l’original qu’ils étaient, en pratique, identiques. Les tests montrent que le CR-7 atteint des niveaux très élevés sur bande métal avant saturation. Comme c’est souvent le cas avec les très bons magnétophones, le CR-7 tirait le meilleur parti des bandes ferriques ordinaires et de bonne qualité, telles que la TDK AD, pour un son aussi bon que celui des bandes métalliques sur un appareil moins performant. Les têtes d’enregistrement et de lecture indépendantes y sont pour beaucoup, car elles augmentent considérablement la limite de surcharge des bandes ferriques.

En résumé, la simplicité d’utilisation du CR-7 et sa télécommande ont rendu le savoir-faire Nakamichi plus accessible au grand public qui avait les moyens financier de se l’offrir et vouait une véritable passion pour les cassettes. Ce magnétophone est bien moins complexe technologiquement qu’un Dragon ou un ZX-9, mais il surpasse leur qualité de défilement et conserve les idées novatrices qui font d’un magnétophone à cassettes Nakamichi un produit légendaire.

Nakamichi Dragon :

Nakamichi Dragon

Cette machine à l’allure impressionnante que j’ai déjà évoqué dans un précédent article, était et reste encore (40 ans après sa sortie) absolument fascinante par sa façon de résoudre les problèmes de lecture de cassettes, même si ce support audio est devenu aujourd’hui totalement obsolète. Il est important de noter que la complexité du Dragon est axée sur la lecture de cassettes audio commerciales, ou même de bandes vierges enregistrées sur d’autres magnétophones, avec une erreur de transcription négligeable.

Jusqu’à l’arrivée du CR-7E, ce magnétophone à cassettes était la référence absolue. La renommée du Dragon repose sur la qualité de fabrication portée au faîte de son art chez Nakamichi en cette fin des années 80 : en plus d’une esthétique exceptionnelle, il porte toutes les marques d’un équipement professionnel. L’innovation majeure de Nakamichi réside dans l’élimination de l’erreur d’azimut de lecture, grâce à une tête de lecture à détection d’azimut qui s’incline automatiquement pour un alignement optimal avec la bande, quelle que soit la qualité de l’enregistrement. La détection est réalisée en divisant un pôle de la tête en deux parties superposées, en comparant la phase de leur sortie, puis en actionnant un moteur pour une plateforme de correction d’azimut jusqu’à ce que l’erreur de phase soit nulle.

Comme si l’azimut automatique ne suffisait pas, le Dragon utilise également un transport à double cabestan avec inversion automatique. Pour ce faire, les deux cabestans doivent changer de vitesse et de direction afin d’appliquer la tension adéquate, ce qui nécessite des moteurs de cabestan indépendants. Nakamichi utilise un entraînement direct pour chaque cabestan, permettant un réglage électronique de la vitesse : le cabestan d’alimentation tourne toujours 0,2 % plus lentement. Un contrôle de la vitesse par quartz est utilisé. Conçu pour minimiser les problèmes d’azimut, le Dragon utilise une tête d’enregistrement à quatre pôles fixes et ne permet pas l’enregistrement inversé ; seule la lecture inversée est possible.

Le réglage manuel du bias et du gain d’enregistrement est disponible pour chaque canal et type de bande ; il s’agit de petits potentiomètres en façade. La réponse en fréquence est déterminée par le réglage du bias, et non par l’égalisation d’enregistrement. La sélection du bias et l’égalisation de lecture (120/70 µs) sont indépendantes, comme sur la plupart des magnétophones Nakamichi.

Qualité sonore :

La conception du Dragon visait principalement à obtenir une fidélité parfaite à partir de cassettes préenregistrées. Pour ce faire, il est doté d’un réglage automatique de l’azimut de la tête d’une complexité et d’une résolution étonnantes. Jusqu’à l’arrivée du CR7, il offrait une qualité sonore exceptionnelle pour tous les supports audio. La clarté et la précision de l’image sonore redéfinissent les capacités de ce support.

La qualité des enregistrements était également très élevée, dépendant autant de la bande choisie et de la précision du réglage que des performances intrinsèques de l’appareil. C’est, à tout le moins, un lecteur de cassettes extrêmement impressionnant.

C’est dans la reproduction de supports audio que ce lecteur excellait véritablement. Plutôt que de simplement « faire la même chose, mais en mieux », le Dragon a marqué un tournant dans ce domaine en produisant des images stéréo d’une netteté exceptionnelle. Il possédait toutes les qualités habituelles : profondeur d’image, stabilité de la hauteur et capacité à séparer la musique du souffle de fond, qualités constatées sur d’autres lecteurs très haut de gamme. Le seul rival du Dragon était le Nakamichi CR-7E évoqué plus haut, qui présentait des améliorations encore plus importantes, notamment dans les basses fréquences.

Pour les nostalgiques du passé qui veulent célébrer ce vieux support désuet qu’est devenu la cassette, le Nakamichi Dragon est sûrement le Graal,  mais, mode oblige, il faudra débourser près de 4000€ pour l’acquérir en bon état. On se dirigera donc plutôt vers l’achat d’un CR7 que l’on dégotte moitié moins cher sur le marché de l’occasion, même si son esthétique est beaucoup moins impressionnante. Enfin, n’oubliez pas la maintenance, car même si vous vous en servez peu, ces mécaniques délicates tombent en panne. Il sera donc préférable de trouver un bon technicien maitrisant la réparation de ces appareils complexes avant d’en acquérir un, si toutefois la pièce en panne est encore disponible, ce qui n’est souvent plus le cas.

HiFi Vintage – Amplificateur de puissance à tubes Conrad-Johnson Premier One (1981-86)

Le Premier One fut le premier d’une longue lignée d’amplificateurs de puissance à porter le badge Conrad-Johnson Premier. D’une puissance inhabituelle pour un amplificateur à tube avec 200 watts par canal, le Premier One fut dès sa sortie identifié par quelques publications audiophiles comme le meilleur amplificateur de puissance jamais fabriqué à cette époque.
Une énorme alimentation avec des condensateurs électrolytiques de qualité informatique totalisant 4000 micro-farads à plus de 500 volts offraient une réserve de puissance exceptionnelle et une réponse des basses profondes et contrôlées surprenantes, atteinte jusqu’alors par aucun autre ampli de puissance à tubes. Le fonctionnement ultralinéaire de l’étage de sortie 6550 offrait une excellente combinaison de puissance élevée et de faible distorsion. Les charges complexes difficiles à gérer tels les haut-parleurs électrostatiques ne présentaient aucun problème au Premier One. La bête était très lourde (plus de 60kg), la moitié du poids étant imputable au transformateur d’alimentation et aux deux transformateurs de sortie tous trois blindés ; détail amusant, seul le dégagement thermique démentiel des 18 tubes à vide et leur lueur rougeoyante filtrant à travers les grilles d’aération indiquaient qu’il était entré en fonction après l’activation du seul mini interrupteur présent sur la façade. Prière de ne pas poser la main sous peine de brûlures…

Un peu de technique : Selon Conrad-Johnson, les conceptions simples avec peu d’étapes intermédiaires lors de leur exécution rendent l’appareil à la fois plus musical et plus fiable que des alternatives trop compliquées. En conséquence, le circuit audio du Premier One est remarquablement simple. Une paire de triodes cascodes (1) est utilisée à l’entrée comme amplificateur de tension. Cet arrangement offre un gain élevé pour un seul étage et une excellente linéarité des phases. Cet étage est directement couplé à un inverseur de phase différentielle composée de sections parallèles de triodes à courant élevé couplées par la cathode pour fournir un équilibre et engendrer une basse impédance de l’étage de sortie push-pull. L’étage de sortie utilise des 6550 (2) en parallèle – un total de six par canal. Cette étape présente un fonctionnement ultralinéaire ce qui permet des niveaux de puissance élevés tout en réduisant considérablement l’impédance de la source. En conséquence, l’amplificateur est capable de répondre aux demandes de courant importantes lors des transitoires musicales de haute amplitude entraînés par la charges réactive des haut-parleurs. Une alimentation électrique de près de 4000 microfarads à plus de 550 volts permet au Premier de répondre facilement aux sollicitations de dynamique les plus extraordinaires. Les deux canaux sont séparés après le condensateur d’entrée pour réduire le couplage croisé de la stéréo et diminuer l’intermodulation entre canaux à des niveaux négligeables. Des régulateurs de tension séparés pour les amplificateurs de tension et les inverseurs de phase assurent une isolation presque absolue de ces étages sensibles de l’étage de sortie.

(1) Un amplificateur à cascode à tubes utilise une double triode dont la première est attaquée normalement par la grille, tandis que la plaque est reliée à la cathode de la deuxième section, dont la grille est à la masse. On obtient un grand gain et un faible bruit.

(2) on notera que les tétrodes 6550 ont à peu de chose près les mêmes caractéristiques que les illustres KT88. Les 6550 sont un peu moins puissante mais ont une meilleure tenue dans le grave, alors que les KT88 sont plus typés tubes au niveau des médiums. Si un retubage s’impose, à 50 € la lampe, cela fera une somme rondelette, mais quand on aime, on ne compte pas…

Les tubes : Le Premier One utilise dix-huit tubes à vide de trois types différents : deux doubles triodes 5751, quatre doubles triodes 6FQ7 et douze tubes tétrodes 6550. Chaque type de tube a été soigneusement choisi pour son application dans son circuit spécifique. Les tubes de cet amplificateur ont été trempés par une procédure de brûlage contrôlé qui leur permet de fonctionner pendant une période considérablement prolongée sans dégradation sonore. Un à deux ans de fonctionnement peuvent être prévus sans dégradation en utilisation normale. Le Premier One a été conçu pour rendre le remplacement des tubes aussi simple que possible. Étant donné que les tubes de sortie sont polarisés individuellement, il n’est pas nécessaire de les remplacer par des tubes appariés. La douzaine de 6550 émet au total un rayonnement thermique d’environ 500 W. Un véritable petit chauffage d’appoint bien pratique l’hiver.

Le Réglage du bias : Ce réglage de la polarisation des tubes de puissance est une procédure simple qui peut facilement être effectuée par le propriétaire lui-même. Seul un tournevis est nécessaire. Après avoir remplacé les tubes, l’amplificateur doit être connecté à une charge (les enceintes acoustiques) sans envoyer aucun signal BF. Il faut allumer l’amplificateur. Après environ quelques minutes de chauffe, tournez chacune des douze résistances réglables avec un petit tournevis dans le sens inverse des aiguilles d’une montre jusqu’à ce que le voyant LED associé s’éteigne. Il peut être nécessaire d’allumer d’abord la LED, dans ce cas on doit cesser de tourner la vis de réglage dans le sens des aiguilles d’une montre dès que la LED est allumée. Après que l’amplificateur ait préchauffé pendant trente minutes, la procédure qui vient d’être décrite doit être répété. Cette procédure de polarisation doit être effectuée chaque fois que les tubes de sortie de l’amplificateur sont remplacés et également tous les six mois d’utilisation en moyenne (à noter que ces mêmes LED peuvent clignoter pendant l’écoute de l’ampli, cela est tout à fait normal).

Malgré sa puissance considérable, le Premier One restait très pointu et intelligible aux fréquences les plus élevées, produisant une réponse étendue dans les hautes fréquences, rare dans les conceptions à tubes et avec une scène sonore remarquablement tridimensionnelle. Au milieu des années 80, J’ai pu apprécier le son unique de cet appareil dans un auditorium toulousain, ce jour là branché sur des panneaux électrostatiques Quad. Malgré leur faible rendement, j’en avais eu la chair de poule. Le Premier One est encore aujourd’hui recherché et très prisé par les collectionneurs et les audiophiles. On le trouve à un prix variant entre 4000 et 8000$. Il se vendait neuf environ 10.000$ en 1984. Bien vérifier qu’il fonctionne en 220V.

Caractéristiques Techniques : Puissance : 200 watts par canal en 4, 8, or 16 ohms avec plus ou moins 1% distorsion THD et IM sur les deux canaux de 30 Hz à 15 kHz.
Réponse en fréquence : 20Hz à 20kHz, +0, -0.5dB
Sensibilité d’entrée : 1 V pour la puissance maximum
Rapport signal/bruit : 100dB
Sensibilité d’entrée : 100K ohms
Dimensions : Largeur  : 48,2 cm | Hauteur : 25,4 cm | Profondeur : 55,8 cm
Poids : 61,2 Kg.

Hifi Vintage – Amplificateurs prestigieux des années 80 – Partie 2

Voici donc la deuxième partie de l’article consacré aux amplificateurs de puissance haut de gamme des années 80. Ici, je vais évoquer quatre belles électroniques que l’on pouvait écouter il y a presque quarante ans dans les auditoriums des enseignes spécialisées les plus prestigieuses de la capitale ou des principales villes de province (en l’occurrence Toulouse). Il s’agit des Marantz SM1000 (1982), Onkyo M-5090 (1983), Sansui B-2101 (1986) et Yamaha M-80 (1984).

Marantz SM 1000 & Préampli SC 1000 (1982) :

Marantz SM 1000 & Préampli SC 1000

Tout d’abord, contextualisons la marque Marantz en ce début des années 80 : un authentique pionnier américain de l’audio (perdu au milieu de toutes ces productions audio nippones) en train de cesser ses activités au USA. Avec le SM1000, nous avons la toute dernière unité entièrement conçue par Michael Custer (responsable de la division ingénierie de Marantz-Superscope et promoteur des célèbres séries Esotec à partir de la fin des années 70 jusqu’au début des années 80) aux États-Unis. Le SM 1000 a cependant été construit au Japon alors que Philips était sur le point d’acheter presque la moitié des parts de Marantz à Superscope. Le SM 1000 représente donc la fin de l’excellente section USA du Marantz originel qui  nous fit tant rêver dans les années 70…

À l’extérieur de ce monstre de 43 kg au châssis bâti comme un tank (mais raffiné grâce à la célèbre dorure « champagne » propre au manufacturier) on trouve sur sa face avant de magnifiques vumètres logarithmiques bleus surdimensionnés et à sa base, une petite trappe occupant toute la largeur du rack permettant de masquer les commutateurs de sortie ce qui préserve l’aspect massif et minimaliste de la bête. Sur la face arrière, des entrées préampli symétriques (selon un brochage propre à Marantz) et asymétriques ainsi que 12 borniers acceptant des câbles de sortie de forte section pour les enceintes acoustiques.

À l’intérieur, deux transformateurs « cut-core » de 800 VA, quatre condensateurs de 20.500 µF/125 V ainsi qu’un dissipateur de chaleur tunnel équipé de son ventilateur à faible bruit « inspiré » de la technique NASA. Les premier et deuxième étages du SM 1000 sont des amplis différentiels push-pull à double transistors ; les deux étages sont couplés à un amplificateur tampon émetteur-suiveur. L’étage final produit 2x 400W sous 8 Ohm avec pas moins de 36 transistors de puissance bipolaires appairés (des NEC 2SD555/2SB600 de 200W chacun) pilotés par 12 drivers connectés en parallèle selon un montage Darlington « Super Linear ».

J’ai eu la chance de l’écouter driver une paire d’enceintes JBL Everest en combo avec le préampli SC1000 qui lui est dédié. Ces enceintes taillées pour le marché japonais qui ne brillent pas vraiment par leur exubérance en infrabasses semblaient transfigurées tant l’extrême grave était ferme et présent et les compressions à aucun moment ne saturaient ni sur les passages aigus difficiles ni sur les médiums les plus complexes qui restaient intelligibles et chauds. C’est sûrement un des meilleurs ampli de puissance qu’ai jamais sorti Marantz.

Prix d’occasion : entre 4000 et 5000 euros le combo SM 1000/SC 1000.

Onkyo Integra M-5090 & Préampli P-3090 (1983) :

Onkyo Integra M-5090 & Préampli P-3090

Encore une belle réalisation d’Onkyo avec cet excellent amplificateur de puissance dépassant les 30 kg!

À l’extérieur, sur la façade avant, deux grands Vumètres rétroéclairés en vert du plus bel effet. Une trappe cache les potentiomètres de réglages de chaque voie et les commutateurs d’enceintes. Face arrière, des borniers pour connecter deux paires d’enceintes et une entrée préampli asymétrique cinch. Les côtés sont ajourés d’une plaque en bois précieux.

À l’intérieur, quatre condensateurs 30.000 µF/90 V, deux énormes transfos blindés et un système de refroidissement sur les côtés. Concernant l’électronique de puissance, nous trouvons un sextuple push-pull de transistors MOSFET Sanken 2SC2773/2SA1169 permettant à l’ampli de délivrer plus de 200 W sous 8 Ohms ! Il est équipé du système W Super Servo équivalant à une alimentation 100 fois plus grande, sachant qu’elle était déjà surdimensionnée. Autant dire que même dans les conditions d’écoute les plus extrêmes, les basses n’ont qu’à bien se tenir.

L’amplification du 5090 fonctionnait selon un système de polarisation glissante personnalisé qui évitait les commutations constantes de la classe B détériorant le signal et prenait le meilleur de la polarisation en classe A équipant la plupart des amplis haut de gamme de l’époque. Ce système de pilotage servo très avancé du pré-pilote détectait les différences de température entre chaque transistor de sortie, la stabilité de la polarisation et la stabilité de boucle de rétroaction.

À près de 4700 $, le combo P-3090/M-5090 était clairement orienté dans le haut de gamme mais il s’est néanmoins très bien vendu, notamment au Japon. En fonction de son année de production (de 1982 à 1986) et de son pays d’exportation, l’appareil fut labellisé Onkyo M-509, M-5090 ou M-200.

On peut le trouver d’occasion à partir de 2500$. Comptez 1500$ pour le préampli.

 Sansui B-2101 & Préampli C-2101 (1986) :

Sansui B-2101 & Préampli C-2101

Au tout début, Sansui était un simple fabricant de transformateurs. Puis la firme commença à fabriquer des amplificateurs et des tuners. De la fin des années 1950 au début des années 1960, Sansui développa une solide réputation audiophile de classe mondiale, d’abord dans le tube avec le SM-88 au Japon, puis les AU-70 et AU-111, avant de passer à l’amplification à transistors au silicium avec le AU-777 en 1967.

Le B-2101 est un ampli de puissance de 200 W RMS par canal équipé de la technologie X-Balanced. En bref et selon la notice que vous pourrez parcourir dans les documents joints, la sortie de l’amplificateur est électriquement équivalente à un transformateur mais contrairement à ce dernier, elle peut fournir une réponse en fréquence très étendue allant du courant continue à plusieurs centaines de kilohertz, tout cela en gardant une distorsion harmonique très basse et une capacité de puissance très élevée.

L’ampli de puissance est sobre, tout de noir vêtu. À noter l’apparition du barre graph stéréo à mémoire de crète conformément à la mode des années 80. Dans les entrailles de la bête on trouve 16 transistors de puissance fixés sur des radiateurs peigne, une alimentation conséquente (un seul solide transfo torique blindé mais quand même deux capa de 10.000 µF pour chaque voie). La qualité est un peu « cheap » pour du haut de gamme, mais très largement supérieure aux standards de la hifi de l’époque tirées par le bas par les premières délocalisations des manufacturiers audio vers la chine, profit oblige.

Une version upgradée (baptisée B-2101L) sortit en 1985. Elle pesait 10 kg de plus (soit 36 kg) et contenait des composants audiophiles.

Prix d’occasion : à partir de 1500 $ pour la paire ampli & préampli.

Yamaha M-80 & Préampli C-80 (1984) :

Yamaha M-80

Le M-80 est un ampli bien construit, assez puissant avec ses 200 Watts pour piloter des enceintes à faible gain (par exemple 86db/1w/1m sur les panneaux électrostatiques Magnepan, Martin Logan, Quad…), et dont le design est très en phase avec les années 80 (barregraph à led rouges se détachant sur une façade alu toute de noir vêtu). La classe A automatique permet à l’ampli de fonctionner pendant ses premiers watts en classe A et effectue une transition imperceptible vers la classe AB vers 10 watts, quand plus de puissance est nécessaire. Le M-80 et le C-80 utilisent tous deux ce que Yamaha appelle des circuits « Zero Distortion Rule », apparemment une combinaison de techniques de rétroaction et d’anticipation qui, en théorie, peuvent réduire la distorsion à zéro.

Pour la partie amplification de puissance, 4 paires de transistors Sanken 2SA1169/2SC2773 pouvant dissiper chacun 150 Watts sont montées sur des dissipateurs surdimensionnés. L’alimentation dédiée est monstrueuse puisque nous avons deux énormes transfos blindés imprégnés de résine sous vide et pas moins de 80.000 µF de filtrage pour chaque voie réparti en 4 capacités électrochimiques de haute qualité…

L’attention portée aux détails du combo ampli/préampli est impressionnante. Chaque connecteur de signal est plaqué or, tout comme les fiches du câble blindé double fourni avec le C-80 pour la connexion au M-80. Toutes les commandes fonctionnent avec douceur et précision et pas de bruit de fond.

Le préampli C-80 sonne bien alors autant le décrire sommairement. Il dispose d’un Loudness réglable grâce à un double potentiomètre concentrique intégré dans le bouton de volume. Ce circuit (maudit par tout audiophile dogmatique qui se respecte) rempli ici parfaitement sa fonction à partir de niveaux très très bas. Les commandes de tonalité paramétriques du C-80 sont capables de correction de fréquence dépassant de loin la capacité des commandes de tonalité conventionnelles d’autres marques Hifi. Chacun (graves et aigus) dispose de trois réglages : la fréquence centrale (variable en continu sur une plage de 31,5 Hz à 800 Hz pour le contrôle des graves, et de 800 Hz à 20.000 Hz pour les aigus), le niveau (amplification ou atténuation sur une plage de ± 12 dB !!! ce qui approche presque la correction de certaines tables de mixage sono, avec une position centrale à réponse plate), le réglage de la largeur de bande passante, qui fait varier la largeur de la partie affectée du spectre audio. Comme pour le volume et le loudness, ces deux derniers réglages évoqués sont intégrés dans une même commande concentrique.

Yamaha C-80, correction de tonalité paramétrique.

On trouve ce combo Yamaha pour pas cher, et il marche super bien. Ce n’est pas du très haut de gamme comme le Marantz SM-1000, mais on en a pour son argent. Que les audiophiles allergiques à la correction de tonalité se rassurent, en position flat sélectionnable sur la façade du préampli, cette dernière est totalement inopérante et on peut alors profiter du « natural sound » de la firme avec une courbe de réponse linéaire.

Prix d’occasion : 700 $ pour l’ampli et idem pour le préampli.

Hifi Vintage – Amplificateurs prestigieux des années 80 – Partie 1

Chers lecteurs et lectrices du blog, auditrices et auditeurs de la radio, je vous souhaite tout d’abord une excellente année 2022 qui d’après une éminente numérologue sera l’année de l’amour… C’est pour ma part ce que je souhaite à tout le monde bien que j’ai des doutes quant à la véracité de ses prédictions. Un camarade féru d’histoire et amateur d’argot m’a d’ailleurs assuré qu’il fallait se méfier du chiffre 22. En me disant cela, il évoqua Charles Virmaître qui y fit allusion en 1894 dans son « Dictionnaire d’argot fin-de-siècle » : Vingt-deux : couteau. « Jouer la vingt-deux : donner des coups de couteau. »

Après avoir évoqué quelques amplis haut de gamme des années 70 et 90, je me devais d’écrire quelques articles sur les plus belles électroniques d’amplification de puissance audio des années 80, âge d’or de la haute-fidélité japonaise. Je ne vais parler que de celles dont le son a laissé une empreinte indélébile dans ma mémoire auditive à l’occasion d’une écoute dans un auditorium commercial ou privé : mon choix sera donc très subjectif. Il s’agit de l’Accuphase P80 (1988), du Technics SE-A3 MK2 (1983), du Denon POA 3000 (1986), du Luxman Duo Beta M-05 (1984), du Marantz SM1000 (1982), du Onkyo M-5060 (1983), du Sansui B-2101 (1986) et du Yamaha M-80 (1984). Huit appareils (7 de marques japonaises et un de marque New-Yorkaise) dont je vais vous parler en deux articles. Commençons en beauté avec la superbe marque Accuphase.

Accuphase : (initialement connu sous le nom de Kensonic Laboratory, Inc.) est un fabricant japonais d’équipements audio haut de gamme basé à Yokohama, fondé par l’ancien ingénieur de Kenwood Jiro Kasuga à la fin de 1972. Kasuga embaucha des ingénieurs d’autres marques de premier plan (Marantz, Luxman) et lança Kensonic, avec Kenwood comme copropriétaire. Jusqu’au milieu des années 1990, Kenwood possédait toujours une partie de Kensonic. Il semble que les ingénieurs d’Accuphase aient pu participer à l’ingénierie des dernières séries haut de gamme de Kenwood (L-A1, L-D1 et LVD-Z1). Alors que Kenwood a désormais abandonné toute activité audio haut de gamme, Kensonic continue avec la marque Accuphase.

Les produits Accuphase sont bien considérés par les amateurs d’audio haut de gamme. Ils sont facilement identifiables par leurs grandes plaques frontales de couleur champagne et leurs grands doubles vu-mètres analogiques.

Accuphase explique le nom de la marque comme suit : « Le nom Accuphase a été adapté en prenant le préfixe ACCU du mot « précis », et en le combinant avec PHASE qui est un facteur le plus important dans la technologie audio … c’est un nom de marque très approprié pour décrire nos produits qui représentent pleinement ceci mais aussi d’autres caractéristiques importantes, qui pénètrent dans les profondeurs abyssales de la technologie audio ».

Accuphase P800 (1987) & préampli Accuphase C200V :

Accuphase P-800 (1988)

Sur beaucoup d’amplificateurs de puissance, plus la puissance délivrée est élevée, plus la fidélité dans la reproduction des signaux de faible intensité est faible. Le P-800 qui a été développé avec une technologie mise au point par Accuphase est un amplificateur de puissance exceptionnel à cet égard car il peut produire indifféremment un panel de puissance allant de quelques dixièmes de watts à 600 watts sous 4 ohms en gardant la même qualité haute fidélité exempte de distorsion. Il utilise deux unités de puissance en configuration pontée (construction totalement équilibrée avec deux unités d’alimentation séparées pour une qualité sonore ultime mais un poids total de presque 50 kg tout de même…) formant un amplificateur totalement équilibré où la technologie originale d’Accuphase est utilisée partout, dans le but d’améliorer la qualité, en particulier à des niveaux de signal faibles grâce à un étage d’entrée push-pull différentiel Cascode particulièrement pointu.

L’autre problème traité efficacement par cet ampli est lié à l’impédance des haut-parleurs du marché qui varie considérablement, allant d’environ 2 ohms jusqu’à parfois 16 ohms. Avec un amplificateur à couplage direct, piloter une plage d’impédance aussi large avec une égale efficacité est presque impossible. Un étage de sortie conçu pour des performances optimales sous 2 ohms délivrera moins de puissance sous 8 à 16 ohms. A l’inverse, les performances d’un amplificateur optimisé pour environ 4 à 8 ohms s’en ressentent à 2 ohms et il ne sera pas capable de piloter des charges de 1 ohms.
Le P-800 intègre une conception spéciale pour faire face à une large gamme d’impédances de charge. La tension appliquée depuis ses dispositifs de sortie peut être commutée à une valeur inférieure, pour fournir la capacité de courant élevée requise par les charges à faible impédance. Il en résulte une puissance garantie vraiment étonnante de 600 watts sous 1 ohm et de 400 watts sous 2 ohms, avec une qualité sonore intacte. Pour obtenir des performances aussi étonnantes, l’étage de sortie de chaque bloc d’alimentation utilise deux ensembles de sept paires de transistors montés en push pull parallèle fonctionnant en large bande avec une dissipation de puissance maximale de 130 watts chacun. Cela équivaut à 14 paires ou 28 transistors par unité, totalisant une dissipation de puissance maximale de 3,6 kilowatts ! Ces chiffres vraiment étonnants témoignent de l’approche de conception sans limites du P-800.

L’écoute en auditorium de cet ampli alimenté par un préampli C200V de la même marque fut effectuée sur des enceintes Jean-Marie Reynaud Diapason. Le son m’avait marqué par son impressionnante ouverture, ses aigus précis, ses médiums agréables et naturels, chaleureux, exempts de distorsions, et ses graves profonds pourvus d’une dynamique vertigineuse et à toute épreuve.

Bref, cette électronique séduisante mérite encore sa réputation d’ampli très haut de gamme, en Classe AB certes, mais très stylée.

Prix d’occasion : à partir de 4000 Euros.

Technics SE-A3 MK2 & préampli SU-A4 MK2 (1983-89) :

Technics SE-A3 MK2 & SU-A4 MK2

C’est un superbe ampli qui fut la riposte de Technics dans le haut de gamme aux autres marques tendances de l’époque. L’ampli est bien conçu, avec une superbe alimentation et un étage de puissance fiable, ce qui ne fut pas le cas de son prédécesseur le SE-A3 MK1 (première version) qui, bien qu’il ait quasiment la même esthétique, fit une carrière éclair de seulement de 1980 à 1981 en raison de ses problèmes techniques. Le hic pour ce dernier résidait dans le disfonctionnement chronique de ses transistors de puissance Technics DLPT OD503A-P dont la maintenance faillit faire craquer le SAV de la marque. Le problème était qu’au début des années 1980, la production de transistors de puissance bipolaires appairés était à l’âge de pierre par rapport à aujourd’hui.

Cependant, que ceux qui possèdent cet appareil (encore fonctionnel ou bien en panne, cas le plus probable) se rassurent, trouver des transistors appairés de substitution fiables est simple (par exemple le Toshiba 2SA1987 et son complémentaire le 2SC5359) et l’appareil ainsi modifié fonctionnera très bien à condition de respecter l’ordre de brochage des nouveaux transistors qui ne correspond pas à celui des DLPT.

Mais revenons à notre ampli dans sa version fiabilisée par Technics, la version MK2. Contrairement au MK1 supposé fonctionner en classe A, ce dernier utilise un système breveté par Technics basé sur un microcontrôleur actif qui gère la polarisation du transistor de sortie en fonction de la température et de la charge du signal (Computer Drive) permettant une classe « New AA » qui est en fait une classe AB déguisée. Mais ne soyons pas mauvaise langue, le système semble faire le job sur ce modèle, contrairement aux amplis moins onéreux de la marque qui par la suite en furent aussi équipés.

Peu importe le type de voiture de sport convoitée, quelles que soient les nombreuses spécifications attrayantes de la voiture, la seule chose qui impressionne tout le monde est la vitesse de pointe de l’engin… C’est un peu pareil avec les amplificateurs de puissance stéréo haut de gamme, la spécification équivalente à la vitesse étant la puissance de sortie RMS par canal : Ici, la dernière graduation du compteur passe de 200 W pour le MK1 à 300 W pour le MK2, ce qui est nettement plus sexy…

Côté esthétique, le regard de l’auditeur est magnétisé par les deux superbes VU-mètres de puissance qui couvrent quasiment toute la façade du SE-A3MK2. Côté électronique, l’appareil ne démérite pas puisque l’étage de sortie est un Darlington à 4 étages donnant à ce monstre une capacité de gestion de puissance instantanée de 1600 watts par canal sur une charge pouvant varier de 4 à 8 Ohms grâce à l’utilisation d’un circuit de détection d’impédance (ce qui aurait été impossible sur la version MK1 avec ses transistors fragiles et parfois défaillants). Même à cette puissance incroyable, le SE-A3MK2 garde des niveaux de distorsion harmonique et d’intermodulation  incroyablement bas, qui peuvent faire honte à tout ampli équivalent moderne. Bien que le célèbre et encore plus rare Technics SE-A1 puisse pousser jusqu’à 350 watts RMS par canal en classe A, le Technics SE-A3MK2 est resté l’un des amplificateur de puissance haut de gamme les plus élégant et sophistiqué de la marque nippone jusqu’à ce jour. Utilisant comme la version MK1 une conception monobloc double avec des transformateurs de puissance séparés et deux impressionnants condensateurs de 22000 µF calibrés à 105 Volt pour chaque canal, le SE-A3MK2 est bâti comme un tank et pèse 39 kg !

Le Technics SE-A3 MK2 sonne bien et magnétise tous les regards de par l’aspect unique de ses VU-mètres. C’est sûrement le meilleur des Technics après le SE-A1. Qualitativement, on est bien au dessus des modèles qui suivirent fonctionnant aussi en « New AA » ou plus tard en « AA ». Fallait-il encore pouvoir y mettre le prix…

Prix à sa sortie en 1983 : 2900 $ et 1400 $ pour le préampli.

Prix actuel : à partir de 5000 $ pour l’ampli seul, souvent plus…

Denon POA 3000 (1979-83) & PRA-2000A :

Denon POA-3000

Le Denon POA-3000, sortit au pays du soleil levant au début des années 80 en plein âge d’or du matériel audio haute-fidélité japonais. Il fut édité en trois versions : le POA-3000 (1979-83) (180W, fonctionnant avec un push pull polarisé en Classe A Denon). Le POA-3000Z (1982-86) (250W fonctionnant en Classe AB) et le POA-3000RG (1988)(250W, fonctionnant en classe AB et équipé de sorties symétriques).

Le POA-3000 est doté du Class A “real bias circuit” inventé par Denon qui permet une excellente linéarité du signal à seulement 20 % du coût énergétique d’un circuit de classe A conventionnel. A l’intérieur de la bête, la source d’alimentation pour les étages de sortie se compose d’un énorme transformateur toroïdal de 1000VA alimentant le côté droit et gauche, et d’un filtrage de capacités électrolytique totalisant 100.000 µF, ce qui est considérable et permet une énorme réserve d’énergie. Les transistors de puissance sont refroidis par 4 radiateurs surdimensionnés. Ils sont protégés par un circuit rapide qui sert aussi de retard à l’allumage pour éviter le fameux « clock » dans les boomers à chaque activation ou extinction de l’appareil. Quand il y a une anomalie, la LED de protection intégrée sur le panneau avant clignote. (On notera que cette caractéristique haut de gamme est présentes sur tout les appareils analysés ici).

À l’écoute d’un POA-3000Z branché sur un préampli PRA-2000A et des enceintes JBL Century L100, la scène sonore est très définie, étonnante de dynamique. Le médium est chaud, les basses puissantes, les aigus ciselés. Un son enthousiasmant.

Prix d’occasion : 2000 $

Luxman Duo Beta M-05 & Préampli C-05 (1984)  :

Luxman M-05 (1984)

Le Luxman M-05, appareil relativement gros et lourd (40 kg) pour un ampli de 105 W par canal, est essentiellement constitué de deux amplificateurs mono sur un seul châssis alimentés chacun par son propre transformateur toroïdal. Les commandes sont doublées en façade. Le circuit de classe A utilise la conception exclusive Duo-Beta/S de Luxman, une approche de circuit qui présente une rétroaction négative minimale et une large bande passante. Le châssis unique est solidement construit avec un cadre en profilés d’aluminium. Les grands dissipateurs thermiques internes sont refroidis par des ventilateurs à plusieurs vitesses qui peuvent être désactivés provisoirement mais pas définitivement. Le câblage OFC, les compartiments d’isolation recouverts de cuivre, les matériaux non magnétiques et les techniques de mise à la terre en étoile sont tous revendiqués par le fabricant pour améliorer les performances. L’étage de sortie est assemblé manuellement. La façade couleur champagne et dorée sur les bords est du plus bel effet avec ses larges VU-mètres en verre biseauté.

Drivé par un préampli C-05 écouté sur des Cabasses Brigantin V, Le M-05 a des aigus exemplaires, et de très beaux médiums. Le timbre global est étendu. Le son est propre, peu fatigant pour l’auditeur. Les graves et les médiums sont très neutres et discrets. À la première écoute, les basses semblent manquer, mais l’amplificateur produit des basses profondes lorsque la musique l’exige. Assez neutre mais sans concession.

Prix d’occasion : 2000 Euros

 

Hifi Vintage – Enceintes haut de gamme des années 70 – Partie 2

Comme promis, voici donc la suite de l’article consacré aux enceintes haut de gamme des années vintage. Les six autres marques dont je vais parler maintenant sont : Bose, Kenwood, Marantz, Sansui, Tannoy et Technics. La marque Bose est réputée pour son modèle prémium (la 901) qui n’a cessé d’évoluer depuis sa création, en 1969, jusqu’à nos jours. Je n’en reparlerai pas ici puisque je l’ai déjà évoquée sur EchoRetro dans un article qui lui fut entièrement consacré que vous pourrez lire (si ce n’est déjà fait) en cliquant ici.

Kenwood KL-7090 (1973) :

Kenwood KL-7090 (1973)

Kenwood est une entreprise japonaise d’électronique grand public fondée en 1947 par Kasuga Nirou, et spécialisée dans le matériel de radiocommunication, les autoradios et la hi-fi. La firme nipone fusionna en 2008 avec JVC pour former la holding JVC KENWOOD Corporation. (NB : Il existe une société britanique homonyme présente sur le marché de l’électroménager, il s’agit de Kenwood Appliances appartenant au groupe italien Delonghi qui n’a strictement rien à voir avec la firme que j’évoque ici).

En 1973, le haut de gamme de la marque dans le domaine des enceintes acoustiques était le modèle KL-7090. C’était un modèle assez compliqué dans sa conception puisqu’il était équipé d’un superbe filtre 5 bandes pour 6 haut-parleurs! Le plus gros transducteur étant un boomer de 38 cm dédié à la restitution des basses. En remontant dans le spectre audio, le son est confié à un HP bas médium de 12 cm de diamètres couvrant de 800 hz à 2 Khz, à un HP à pavillon pour les médium de 2 Khz à 5 Khz, puis à deux HP à pavillon multicellulaire plus petits montés en parallèle de 5 à 10 Khz et enfin à un HP équipé d’une grille de diffraction pour les extrêmes aigus. La 7090 n’est pas exempte de défauts, sûrement liés à la complexité du filtre et la distorsion d’intermodulation qu’il induit. On notera deux crêtes autour de 2 et 8 khz et une baisse de sensibilité dans l’extrême grave (en dessous de 80 hz) et dans l’extrême aigu (10 khz) malgré la présence d’un transducteur bien calibré pour la reproduction de chacune de ces fréquences. L’écoute reste cependant très agréable malgré ce manque de linéarité. On notera la présence d’un réglage de tonalité à quatre crans et d’une superbe grille acoustique que les fans de HP 15′ enlèveront avantageusement pour contempler la bête…

Prix en 1973 : 599$

Prix actuel d’occasion : entre 600 et 800$

Marantz HD-88 (1975) :

Marantz HD-88 (1975)

Cette enceinte haut de gamme de Marantz fut conçue par Ed May, ancien ingénieur de JBL. Elle était équipée de 3 voies et 5 transducteurs : Un boomer de 30 cm à cône épais moulé sous pression, un HP médium lui aussi moulé sous pression « gaufré » de 12 cm avec un énorme aimant, monté dans un compartiment cloisonné pour éliminer toute coloration par le grave. Un tweeter à dôme radial à film polyester linéaire de 4 cm et deux super tweeters à dôme radial à film polyester linéaire de 3  cm. On dispose en face avant de trois potentiomètres réglables soit sur la position linéaire : « Lab Flat », ou bien sur une position optimisée par Marantz pour l’écoute en living room dite « Room Eq ». Chaque réglage agit respectivement sur les médiums, les aigus ou les super aigus.  A noter la présence d’un plug de réglage des extrêmes graves nommé « Vari-Q Bass ». Ce plug renforce les basses de 3 db entre 50 et 100 hz et les diminue d’autant entre 20 et 50 hz.

La puissance nominale maximale est de 300 watts et la sensibilité de 90 db/1w/1m, ce qui est honnête pour l’époque. Ces grosses enceintes de Marantz ont la capacité de reproduire un son à volume élevé avec une précision cristalline. Des basses ultra-rapides, précises et claires, des médiums très détaillés et des aigus très propres sans stridence ni sur-coloration tout cela sans distorsion audible.

Une paire de SD88 se négocie entre 600 et 800 euros selon l’état. Avant de les acheter d’occasion, il faudra vérifier que les transducteurs sont bien d’origine, surtout les boomers dont les suspensions s’abîment avec le temps…

Sansui SPX-8000 (1978) :

Sansui SPX-8000 (1978)

Une enceinte peu commune : pensez donc, une 4 voies de 6 HPs ayant une sensibilité de 98 db/1w/1m, pourvue d’un boomer de 40,6 cm (16 pouces, ce n’est pas courant!), de deux médiums de 13 cm, d’un tweeter équipé d’un pavillon 15,4×5 cm montée verticalement et de deux super-tweeters de 4,5 cm, le tout dans une caisse de 44,9×66,7×28 cm dépassant à peine 20 kg! La face avant est équipée d’un sélecteur de trois ambiances sonores (Soft, Natural et Clear).

L’écoute est surprenante par la qualité de texture de chaque registre sonore. Les mauvaises langues diront qu’elle manque de basse mais c’est faux! J’ai été étonné par leur son, alors que je visitais un troc Toulousain qui en était équipé pour sonoriser son magasin, à la fin des années 90. Le son était tellement exceptionnel que j’ai demandé au patron s’il ne les vendait pas. Il m’a répondu qu’il les avait depuis 20 ans et qu’il comptait bien les garder 20 ans de plus. Je pense d’ailleurs qu’il les possède encore… Esthétiquement, elles ressemblent un peu aux Kenwood KL-7090, surtout sans les grilles acoustiques. Elle sont très rares, surtout avec une caisse en bon état pourvue des HP d’origine. Si vous avez la chance d’en dégoter, 600 $ serait un bon prix en provenance des USA, mais elle peuvent monter plus haut, parfois jusqu’à 1000 Euros depuis l’Allemagne.

Tannoy Arden (1976) :

Tannoy Arden (1976)

Sorties au milieu des années 70, les Tannoy Arden se présentent dans un boitier en bois assez imposant d’une contenance de 240 litres (99x66x37cm). Le  Haut-parleur est un 15 pouces concentrique Tannoy HPD 385A équipé d’un aimant alnico et d’une compression 2″ pour le tweeter. L’originalité du procédé réside dans le fait que la membrane du boomer prolonge la courbe d’expansion du pavillon d’aigu. Ces derniers sont réglable grâce à deux potentiomètres depuis la face avant : le HP coaxial est filtré comme une deux voies sur la fréquence de 1 khz. Le premier potar gère le « Roll Of » et affecte la courbe de réponse des aigus au delà de 5 khz en la diminuant selon trois paliers de -5 db chacun. L’autre agit sur sur l’entièreté des aigus soit en les bonifiant de 1 à 2 db soit en faisant le contraire. La neutralité peut-être gardée en sélectionnant le cran « Level ».

Le rendement de l’enceinte est plutôt sympathique pour l’époque (90db). L’écoute est très agréable puisque grâce au HP coaxial, la continuité entre grave, médium et aigu est optimisée et exempte d’important accident dans la courbe de réponse ; de même, le son émanant depuis un cercle de 38 cm, il est plus cohérant que sur une enceinte normale, sans nuire aucunement à la spatialisation. Le grave est sobre et rapide, la compression 2″ est un peu trop généreuse dans le médium, mais ce dernier sera avantageusement calmé grâce aux réglages disponibles. Les aigus sont ciselés et cohérents. Les Tannoy Arden ne nécessitent pas de super-tweeters, à moins que vous soyez équipés de super-oreilles sensibles au delà de 20 khz!

Une paire en bon état se négocie à partir de 2000 Euros, mais Tannoy commercialise des répliques neuves (les Tannoy Legacy Arden) pour 7800 Euros.

Technics SB-10000 (1978) :

Technics SB-10000 (1978)

Finissons dans la démesure avec ces monstres de 140 kg que Technics utilisait souvent lors de démos pour ses séminaires annuels. Des dimension conséquentes (1115 x 1200 x 705mm), 3 voies, 200 Watts, 95 db/1w/1m, le ton est donné d’emblé. L’esthétique elle aussi est étonnante pour l’époque et rappelle un peu ce qui se faisait en discothèque bien que les lignes de la belle soient beaucoup plus sexy. Le développement de la SB-10000 a été lancé et affiné selon un système imparable : les éprouver en live pour pouvoir comparer en direct le message original et celui qui est reproduit.

Les Haut-parleurs :

Le EAS-35HD04SA : Derrière le plus petit pavillon, en haut du château se trouve un tweeter de 3,5 cm en Bore ; son diaphragme est moulé d’une seule pièce, bords compris, pour de meilleures caractéristiques transitoires. Selon Technics, le bore est le métal qui a la meilleure vitesse de conduction du son. Bien que les propres graphiques de réponse de Technics montrent une forte baisse après 22 kHz, la réponse en fréquence s’étendrait jusqu’à 36 kHz…

Le EAS-10HM03-N : Le haut-parleur médium est un 10 cm monté lui aussi sur pavillon ; une partie de la gorge de dispersion est incluse dans la structure du conducteur pour augmenter la stabilité mécanique ; la forme de la corne permet une dispersion verticale du son sur 150°. Une prise de phase verticale divise partiellement le pavillon en deux, faisant environ un tiers de la profondeur de la courbe exponentielle.

Le EAS-46PL01S : Le boomer est un 46cm placé dans un coffret bass reflex constituée de parois de 3 cm d’épaisseur avec de multiples renforts à l’intérieur, c’est à dire un amortissement en mousse complété d’un revêtement en caoutchouc butyle, même sur le dessus des vis.

Les pavillons sont en aluminium moulé sous pression recouvert de caoutchouc butyle afin de ne pas trop interagir avec les vibrations et les résonances engendrées par les HPs. Le filtre passif peut se déconnecter pour permettre une tri-amplification, les connexions étant situées en haut de l’enceinte, juste derrière la section du pavillon médian ; il est constitué de bobines à faible perte et condensateurs haut de gamme à film métallique. Les trois haut-parleurs ont apparemment été développés spécifiquement pour le SB-10000.

Quand on les trouve, et ce n’est pas fréquent, c’est aux U.S.A. ou au Japon, et il faudra s’alléger à minima de 6500$ pour les acquérir, sans compter le port, et les frais de douane…