Disque – Getz/Gilberto (Bossa Nova, 1963)

Stan Getz (1927-1991) est considéré comme l’un des plus grands joueurs de saxophone ténor. Sa sonorité feutrée, lissée, douce et aérienne, la fraîcheur de son invention mélodique en firent le premier des “Brothers”, ces jeunes saxophonistes blancs qui, au lendemain de la guerre, vouaient un culte exclusif au grand Lester Young. Par la suite, Stan Getz sut évoluer sans renier son style, vers une expression plus universelle, alliant la tendresse à la véhémence. Avec cet album sorti en 1963, la Bossa Nova fit de Geatz une vedette universelle. Il faut convenir que sa sonorité et le charme de son discours mélodique s’accordent à merveille aux rythmes brésiliens, surtout lorsque se joignent à lui Jao Gilberto, guitariste et chanteur, le pianiste Atonio Carlos Jobim, et la soeur de ce dernier, la vocaliste Astrud. Pour The girl of Ipanema, Desafinado, Coronado, Se danco Samba…

La Bossa-Nova et João Gilberto : 

La bossa nova est née à Rio de Janeiro, alors capitale du Brésil, durant une période de croissance économique et de stabilité politique où l’optimisme était de mise. Elle fut inventée à la fin des années 1950 par un groupe composé principalement du compositeur Antônio Carlos Jobim (également connu sous le nom artistique de Tom Jobim), du chanteur et guitariste João Gilberto, et du poète Vinícius de Moraes. Elle est la réponse aux attentes musicales des jeunes des classes moyennes de Rio de Janeiro. Ceux-ci sont à la recherche de modernité, d’une nouvelle manière d’interpréter les chansons, d’une musique plus épurée, de paroles optimistes qui reflètent leurs aspirations. Ils apprécient la musique nord-américaine, en particulier les disques de Frank Sinatra. Ils rejettent les formes musicales brésiliennes traditionnelles telles que les sambas de type carnaval avec une utilisation massive des percussions et les samba-canção, similaires aux boléros hispano-américains, offrant des compositions simples, une harmonie standard, des voix douces et des textes sentimentaux, fréquemment mélodramatiques.

Les musiciens de bossa nova font partie de la classe moyenne de Rio qui fréquente les clubs de jazz et est influencée par la musique et le cinéma nord-américains. Les paroles des chansons de la bossa nova traitent de thèmes légers comme l’amour, les plages de Rio, ou la beauté des femmes brésiliennes.

L’impact de la bossa nova sur la musique mondiale ne s’arrête pas seulement à un nouveau genre musical. La bossa nova a influencé durablement le jazz, la musique populaire nord-américaine, la chanson européenne et la musique de film.

De la Bossa Nova à la Musique Populaire Brésilienne :

Au moment où le coup d’État de 1964 instaure la dictature militaire, la Bossa Nova stricto sensu prend fin au Brésil. Une nouvelle génération d’artistes brésiliens, surnommée la «seconde génération de la bossa nova», et dont font partie des artistes tels que Edu Lobo, Maria Bethânia, Gilberto Gil, Caetano Veloso et Chico Buarque, œuvre à transformer la bossa nova pour qu’elle soit plus en phase avec la réalité politique et sociale du Brésil et qu’elle incorpore d’autres styles musicaux populaires brésiliens comme la Samba de Bahia, le Choro ou la Modinha. Plusieurs créateurs historiques de la Bossa Nova, à l’instar de Carlos Lyra et de Vinícius de Moraes, rejoignent ce mouvement qui prend le nom de MPB (« Musique Populaire Brésilienne »).

Getz/Gilberto : fut enregistré en 1963 par le saxophoniste américain Stan Getz et le guitariste et chanteur brésilien João Gilberto, avec la participation du pianiste et compositeur Antônio Carlos Jobim. Il sort après Jazz Samba et Jazz samba Encore de Stan Getz. Il a connu un grand succès international particulièrement aux États-Unis. Les morceaux The Girl from Ipanema et Corcovado chantés par Astrud Gilberto sont devenus des standards du jazz. L’album a remporté le Grammy Award du meilleur album en 1965, et The Girl from Ipanema le prix du meilleur enregistrement de l’année.

Il a été enregistré les 18 et 19 mars 1963 à New York par l’ingénieur du son Phil Ramone et produit par Creed Taylor sur le label Verve Records. Antonio Carlos Jobim enregistre peu de temps après et sur le même label The composer of Desafinado, plays. Un second album Getz/Gilberto vol.2 paraît en 1966.

En 2015, à l’occasion du Record Store Day, paraît l’album Selections from Getz/Gilberto 76 qui contient quatre pistes inédites tirées d’un concert enregistré à San Francisco en 1976 et réunissant les deux artistes éponymes. Le magazine Rolling Stone le place en 2012 en 447e position de son classement des 500 plus grands albums de tous les temps. Il est également cité dans l’ouvrage de référence de Robert Dimery Les 1001 albums qu’il faut avoir écoutés dans sa vie.

Voir sur YouTube : Stan Getz feat. Astrud Gilberto – The Girl From Ipanema (Official Video)

Disque – Eddy Mitchell – La Dernière Séance (1977)

Claude Moine (3-7-42), célèbre chanteur, parolier et acteur français disait à ses débuts que : «Pour faire du rock and roll il faut faire américain». C’est pourquoi il prit Eddy comme prénom de scène, en référence à Eddie Constantine et il transforma son nom en Mitchell, «parce que ça sonne américain». Il est aussi surnommé «Schmoll» par ses proches, car étant de grande taille par rapport à ses amis, il avait coutume de les appeler familièrement «Small». Prononcée avec l’accent français, cette expression donnera naissance au célèbre surnom.

Les Chaussettes Noires (1961-64) :

Après les débuts prometteurs de son ami Johnny Hallyday, Eddy Mitchell décide de tenter sa chance auprès des maisons de disques. En feuilletant l’annuaire, il tombe sur le premier nom, Barclay et ce sera le bon. En novembre 1960, Les Five Rocks ont rendez-vous aux studios Hoche, où ils sont auditionnés par Jean Fernandez et Henri Marchal et Eddie Barclay. Un contrat de trois ans est signé (par les parents car tous sont mineurs) et le 20 décembre, le groupe est en studio d’enregistrement. À leur insu, le groupe Les Five Rocks est débaptisé et renommé Les Chaussettes noires par Eddie Barclay qui a conclu un accord promotionnel avec les chaussettes Stemm. C’est le début du succès, pour le groupe, qui n’est rien de moins que le premier groupe de rock en France.

La carrière solo :

Avec la publication de ses deux premiers albums en solo, Eddy Mitchell démontre qu’il a musicalement évolué vers d’autres courants musicaux en élargissant son répertoire et son registre vocal et qu’il n’en demeure pas moins rockeur. Si besoin était, en guise de confirmation, le second album porte le sous titre : « Eddy chante 12 R’n’R’ Classics ». Rockeur certes côté musique, car pour ce qui est du look et de l’attitude, là aussi les changements sont visibles. Il aborde — pochettes de disques à l’appui — des costumes sombres, chemises et cravates. Le jeu de scène se modifie aussi. Rien n’est négligé pour conquérir, aussi, un public adulte : «Je pense toucher un public qui aime la variété en général. Quand je suis passé avec Johnny, les gens m’écoutaient dans un silence religieux alors que pour Johnny, ils réagissent différemment. Ce que fait Johnny, je le faisais, (…), car je le ressentais. Mais je ne ressens plus le besoin de me mettre à genoux sur scène, et si j’essayais, ça ne passerait pas.»

Il confirme avec la publication de deux nouveaux albums Panorama et Toute la ville en parle… Eddy est formidable. Le premier met Chuck Berry à l’honneur avec cinq adaptations et le second s’achève avec ce qui s’affirmera comme l’un de ses plus grands succès Toujours un coin qui me rappelle. En cette année 1964, pour la seconde fois, il est classé par les lecteurs de Salut les copains en 4e position derrière Hallyday, Claude François et Richard Anthony. Côté scène, il est parfois accompagné par d’anciens membres des Chaussettes Noires, ou des Fantômes, ou encore des Cyclones avec à la guitare, durant quelques mois, un certain Jacques Dutronc.

En 1965, il évolue vers le rhythm and blues et sort l’album Du rock ‘n’ roll au rhythm ‘n’ blues. Découvrant Otis Redding et James Brown, il fera quelques incursions dans la musique soul. Sa carrière connaît alors des hauts et des bas, (qui perdureront jusqu’au milieu de la décennie suivante), malgré d’incontestables succès que sont J’ai oublié de l’oublier, Alice (une ballade), ou encore S’il n’en reste qu’un ou Société anonyme (des Rocks), parmi d’autres…

En 1970, le succès est un peu moins probant, le chanteur se cherche et se perd dans différents styles musicaux, livrant alors une succession d’albums qui connaissent un succès confidentiel : Rock ‘n’ Roll (1971) aux influences très marquées par Creedence Clearwater Revival. Zig-zag (1972) confirme l’errance musicale du chanteur ; le disque oscille entre hard rock (Le vaudou), Bossa nova (Stop), rhythm and blues (Cash), pop (La nuit des maudits), Tamla Sound (Le jeu) et la variété (C’est facile), le tout ficelé avec Magma et le groupe Zoo. Cette même année (1972), il enregistre un second album Dieu bénisse le rock’n’roll (1972), bien mal nommé, car de rock ‘n’ roll il est ici peu question, (tout au plus une chanson qui donne son titre à l’album). L’histoire se répète avec l’album Ketchup électrique (1973), (contenant Superstition, une reprise de Stevie Wonder). Pas ou peu de titres marquants en ces années. Lucide sur cette période, il évoque ses «hauts et ses ba » dans la chanson Cash, issue de l’album Zig-zag : “Ma carrière est en dents de scie, des succès, parfois l’oubli, mais je n’ai rien à me reprocher, car j’ai toujours chanté avec sincérité”.

Le succès revient avec les opus Rocking in Nashville (1974), Made in USA (1975) et surtout Sur la route de Memphis (1976) et La Dernière Séance (1977), qui comprennent nombre d’adaptations de pionniers du rock : ” A crédit ou en stéréo”, “C’est un rocker”, “C’est la vie mon chéri”, “Une terre promise”, “C’est un piège”, etc… Avec cette série de disques, le chanteur trouve un second souffle et revient durablement au premier plan, grâce à de nombreux tubes sortis en 45 tours dont “Sur la route de Memphis” et “La dernière séance” qui lui valent plusieurs disques d’or. Fort de ce succès qui ne se démentira plus, il persévère et développe un style country rock qui lui vaut de francs succès, comme avec les chansons “Il ne rentre pas ce soir” ou “Tu peux préparer le café noir”.

La Dernière séance (1977) : La pochette représente Eddy Mitchell dans une salle de cinéma, surpris par la lampe de poche d’une ouvreuse alors que sur l’écran est projetée une image d’Elvis Presley. Il s’agit d’une photo de Roger Marshutz représentant Elvis Presley en concert en extérieur à Tupelo (Mississippi), le 26 septembre 1956. L’arrière de la pochette comprend la liste des titres et une petite image d’Eddy Mitchell sortant d’un cinéma (« Le Majestic »). La pochette intérieure donne sur deux pages un détail des musiciens présents sur l’album et des conditions d’enregistrement, le tout entouré d’images issues de films des années 50 (Graine de violence, La Nuit du chasseur, Bronco Apache, Vera Cruz) ou de portraits d’acteurs (Vincent Price, Robert Mitchum, Humphrey Bogart, Rita Hayworth, Randolph Scott, Errol Flynn, Burt Lancaster, Gary Cooper, Richard Widmark, John Wayne, Glenn Ford, etc.).

Au début des années 80, Eddy Mitchell s’oriente de plus en plus vers le style crooner, livrant ainsi quelques-unes de ses plus grandes chansons : “Couleur menthe à l’eau” en 1980, “Pauvre baby doll” en 1981, “Le Cimetière des éléphants” en 1982 et “La Peau d’une autre” en 1987. Il n’abandonne pas pour autant totalement le Rock ‘n’ roll, et y revient plus épisodiquement, avec réussite, en témoignent les succès de “Nashville ou Belleville”  en 1984 ou encore “Lèche-bottes Blues” en  1989.

Discographie : 

1963 : Voici Eddy… c’était le soldat Mitchell
1963 : Eddy in London
1964 : Panorama
1964 : Toute la ville en parle… Eddy est formidable
1965 : Du rock ‘n’ roll au rhythm ‘n’ blues
1966 : Perspective 66
1966 : Seul
1967 : De Londres à Memphis
1968 : Sept colts pour Schmoll
1969 : Mitchellville
1971 : Rock ‘n’ Roll
1972 : Zig-zag
1972 : Dieu bénisse le rock’n’roll
1974 : Ketchup électrique
1974 : Rocking in Nashville
1975 : Made in USA
1976 : Sur la route de Memphis
1977 : La Dernière Séance
1978 : Après minuit
1979 : C’est bien fait
1980 : Happy Birthday
1982 : Le Cimetière des éléphants
1984 : Fan Album
1984 : Racines
1986 : Eddy Paris Mitchell
1987 : Mitchell
1989 : Ici Londres
1993 : Rio Grande
1996 : Mr Eddy
1999 : Les Nouvelles Aventures d’Eddy Mitchell
2003 : Frenchy
2006 : Jambalaya
2009 : Grand écran
2010 : Come Back
2013 : Héros
2015 : Big Band
2017 : La Même Tribu, volume 1
2018 : La Même Tribu, volume 2

Eddy Mitchell et le cinéma : 

De 1982 à 1998, Eddy Mitchell présente l’émission La Dernière Séance, diffusée mensuellement sur FR3, puis France 3, programmant essentiellement des films hollywoodiens des années 1950, tous genres confondus. Chaque soirée comprend un film doublé en français, des actualités cinématographiques d’époque, des dessins animés puis un film en version originale sous-titrée. C’est peut-être un retour aux sources puisque dans son enfance, Eddy se passionnait déjà pour le cinéma américain alors que son père l’y emmenait souvent après l’école, notamment pour voir des westerns, qu’il aimait «sous toutes ses formes». Il s’intéressait aussi à la bande dessinée, notamment celle de Jijé et son personnage Jerry Spring.

La carrière d’acteur d’Eddy Mitchell connaît deux périodes, avant et après 1980. Jusqu’à “Je vais craquer” il ne fait que de brèves apparitions, souvent dans son propre rôle, ou incarnant un personnage ressemblant au chanteur qu’il est dans la vie. Il trouve sa place dans le cinéma français en tant qu’acteur de composition à partir du téléfilm Gaston Lapouge et surtout Coup de torchon, où il incarne Nono, un simple d’esprit. Une interprétation qui lui vaut d’être nommé dans la catégorie meilleur acteur dans un second rôle, lors de la 7e cérémonie des César. En 1995, il obtient le César du meilleur acteur dans un second rôle pour son personnage de Gérard Thulliez (un vendeur de voiture bon vivant) dans Le Bonheur est dans le pré. Il joue régulièrement jusqu’en 2003, parfois dans plusieurs films par an. Après un ralentissement de rythme au milieu des années 2000, il enchaîne de nouveau les rôles, dont celui de Frédéric Selman dans Salaud, on t’aime (2014) de Claude Lelouch aux côtés de Johnny Hallyday, Sandrine Bonnaire, Irène Jacob, Valérie Kaprisky ou encore Rufus.

Voir sur YouTube : “Eddy Mitchell – La dernière séance (1977)” par Les archives de la RTS ; Eddy Mitchell “Couleur menthe à l’eau” | Archive INA ; Eddy Mitchell “Je vais craquer bientôt” (live officiel) | Archive INA ; Eddy Mitchell – Alain Souchon – Laurent Voulzy : “L’esprit grande prairie” par Roland mathieu

 

Disque – Jacques Higelin – Tombé du Ciel (1988)

Chanteur de style rive-gauche à ses débuts, comédien et acteur de cinéma quelque temps, Jacques Higelin (1940-2018) s’est lancé en 1974 dans le grand cirque Rock’n’rollien. En 1976, la reconnaissance nationale viendra enfin, ouvrant la porte à bien d’autres groupes de chanteurs français et fondant les bases du rock hexagonal, le faisant ainsi entrer dans l’histoire musicale. Comme le dit la biographie extraite de son site : “Higelin est autant chanteur que diseur, autant auteur que musicien, il n’a plus rien à prouver. Il fait se côtoyer des chansons classiques qui nous restent en tête dès la première écoute, et de longs textes épiques. Quiconque l’a déjà vu sur scène ne s’en étonnera pas : dans la ferveur des concerts, sans filet, il aime se promener dans des monologues drolatiques ou poétiques, tordant la langue, jouant avec les sens, entraînant le public dans des délires d’images et de mots. Mais comment, en studio, rendre l’ampleur de la folie scénique ?”

Ses albums de 1976 à 1988 :

Higelin se tourne résolument vers le rock avec l’album BBH 75 puis Irradié, auquel participe Louis Bertignac, futur guitariste de Téléphone. Avec l’album Alertez les bébés ! sorti en 1976, où alternent compositions rock et chansons, il reçoit le prix de l’académie Charles-Cros. Il devient alors, dans les années qui suivent, un des chanteurs rock les plus populaires de France, notamment grâce à des prestations scéniques où il donne beaucoup de sa personne, dans une débauche d’énergie communicative avec le public. No man’s land (avec “Pars”, premier tube en 1977), le double album Champagne et Caviar (initialement sorti en deux albums simples : Champagne pour tout le monde, et Caviar pour les autres…), et l’album en public Higelin à Mogador, font de lui l’égal de Bernard Lavilliers ou de Téléphone. En 1977, Higelin participe aussi au premier Printemps de Bourges, en compagnie de Charles Trenet.

Fin 1981, Jacques Higelin, s’installe au Cirque d’Hiver, il en extraira un 45 tours Informulé sorti en 1982. Dans la foulée du succès rencontré au Cirque d’Hiver, les Carpentier lui consacrent une émission Formule 1 en janvier 1982. Son talent d’improvisateur et son énergie poétique lui donnent une relation particulière avec les spectateurs. Musicalement, il se nourrit de plus en plus de rythmes africains (Nascimo ou plus tard Criez Priez). Il invite Youssou N’Dour et Mory Kanté à partager la scène de Bercy.

Higelin est également présent en 1984 aux premières Francofolies de La Rochelle, où il revient régulièrement pour des soirées musicales, vivement soutenu par l’animateur de France Inter Jean-Louis Foulquier.

Son album Tombé du ciel sort en décembre 1988. Le disque s’est vendu à 426.600 exemplaires et a été certifié double disque d’or en 1989 et disque de platine en 1991. Les musiques, paroles et arrangements sont de Jacques Higelin, sauf : “Ballade pour Roger” (paroles de J.Higelin, Marie Rivière et Roger Knobelspiess) et “La fuite dans les idées” (arrangements de William Sheller).

Cette année  1988, Higelin participe aussi à l’hommage rendu à Léo Ferré à La Rochelle, où il reprend Jolie môme. Dans les années 1990, toujours présent sur scène, son image disparaît progressivement des médias et, avec la crise du disque, il éprouve des difficultés à être produit. En 2003, toujours fidèle à Ferré, il participe à l’album hommage sorti pour les dix ans de sa disparition.

Fin 2006, Higelin sort l’album studio Amor doloroso. Le 21 juin 2007, à l’invitation du groupe Sweet Air, il se produit pour un concert à l’Élysée Montmartre. Pour la sortie de son album Coup de foudre le 22 février 2010, il bénéficie d’une large couverture médiatique : dans la presse (il est le rédacteur en chef du quotidien « Libération » du 18 février 2010), à la radio, à la télévision. La sortie de l’album est suivie d’une tournée, avec six dates à Paris, en mars, à La Cigale. Il retrouve la scène du Saint-Jean-d’Acre le 13 juillet aux Francofolies 2010. Le 18 octobre, il fête ses 70 ans au Zénith avec deux de ses enfants, Arthur H et Izïa.

Le 1er avril 2013, il publie Beau Repaire, nouvel album écrit et composé par ses soins, coréalisé par Mahut et Édith Fambuena, et sur lequel figure un duo avec la comédienne Sandrine Bonnaire.

Discographie : 

1969 : Higelin et Areski
1971 : Jacques Crabouif Higelin
1974 : BBH 75
1975 : Irradié
1976 : Alertez les bébés !
1978 : No Man’s Land
1979 : Champagne pour tout le monde…
1979 : … Caviar pour les autres
1980 : La Bande du Rex
1982 : Higelin ’82
1985 : Aï
1988 : Tombé du ciel
1991 : Illicite
1994 : Aux héros de la voltige
1998 : Paradis païen
2005 : Jacques Higelin chante Vian et Higelin
2006 : Amor Doloroso
2010 : Coup de foudre
2013 : Beau Repaire
2016 : Higelin 75

Voir sur YouTube : “Jacques Higelin en cinq chansons” par Le Monde ; “Jacques Higelin – Champagne (1980)” par Les archives de la RTS

Christopher Cross – Another Page (1983)

Christopher Cross (03-05-51) a marqué l’histoire de la musique pop-rock avec son premier album éponyme de 1980, remportant cinq Grammy Awards, parmi lesquels, pour la première fois, les quatre prix les plus prestigieux : Disque de l’année (pour le single «Sailing»), Album et Chanson de l’année (également pour «Sailing») et meilleur nouvel artiste. Aujourd’hui, presque 40 ans après son extraordinaire entrée dans le monde de la musique, Cross poursuit toujours sa carrière avec Secret Ladder, sorti en 2014 et plus récemment Take Me As I Am de 2017. «Bien sûr, je suis toujours romantique au fond de moi», dit Cross, dont les succès classiques – notamment «Ride Like the Wind» et Arthur’s Theme (Best That You Can Do), extraite de la bande originale du film Arthur – sont toujours diffusés à la radio à ce jour. Pourtant, Christopher Cross reste un artiste spirituel, voire religieux : «J’écris mes chansons à la guitare et c’est ainsi que je réalise ma spiritualité».

Un succès considérable dès son premier disque :

Cross débute dans un groupe de rock d’Austin, Flash, avant de signer un contrat solo avec la Warner. Il sort son premier album intitulé sobrement Christopher Cross en 1979. Sur cet album, il est épaulé par plusieurs artistes de studios californiens tels que Larry Carlton, Don Henley des Eagles ou encore Nicolette Larson. En 1981, il remporte avec ce dernier cinq Grammy Awards grâce à des titres comme “Ride Like the Wind”, “Never Be The Same”, et surtout “Sailing”.

Son second album, Another Page (1983), ne rencontre pas le succès du précédent mais comprend cependant quelques hits tels “Think of Laura” et “All Right”. En 1985 sort son troisième album Every Turn of the World, et malgré la qualité de certaines chansons, les ventes de ce dernier se révèlent mauvaises et aucun tube ne sort de cet opus. En 1988 Back Of My Mind connait le même sort.

En 1992, l’album Rendezvous voit le jour en premier lieu au Japon et ensuite en Europe. L’album Window suit en 1994. En 1998, il sort Walking in Avalon qui est composé de deux CD, un CD de nouveaux titres et un CD enregistré live avec la participation de Michael McDonald.

En 2008 est sorti un nouvel album de Cross, intitulé The café Carlyle sessions, qui ne propose pas d’inédits mais quinze titres reprenant ses plus grands succès en acoustique ainsi que des chansons moins connues de son répertoire. Outre cet album, Christopher Cross a publié en 2007 un album de Noël A Christopher Cross Christmas.

Il sort un nouvel album au cours de l’année 2011 qui s’intitule Doctor Faith. Pour la promotion de cet album, il se produit à Paris au Trianon, le lundi 2 avril. Ce concert est enregistré et filmé, ainsi en février 2013 sort le double CD + DVD A night in Paris.

Secret Ladder qui sort en 2015 évoque le talent artistique de grands auteurs-compositeurs-interprètes tels que Joni Mitchell et Randy Newman, tout en abordant de front les préoccupations contemporaines.

Discographie :

1979 : Christopher Cross
1980 : Crossroads
1983 : Another Page
1985 : Every Turn of the World
1988 : Back of my Mind
1992 : Rendezvous (album de Christopher Cross)|Rendezvous
1994 : Window
1998 : Walking in Avalon – 2 CD
2000 : Red Room
2007 : A Christopher Cross Christmas
2008 : The Café Carlyle Sessions
2011 : Doctor Faith
2014 : Secret Ladder
2017 : Take Me As I Am

Voir sur YouTube : “Christopher Cross – All Right (1983)” par cretinvert ; “Sailing by Christopher Cross in 1980” par The Greeper et “Christopher Cross – Ride Like The Wind (1980)” par Mar Jardim

Disque – Jacques Dutronc – Et moi, et moi, et moi (1966)

Jacques Dutronc, né le 28 avril 1943 à Paris, est un chanteur, compositeur et acteur français. Comme chanteur, avec le parolier Jacques Lanzmann, il a interprété les succès “Et moi, et moi, et moi”, “Les playboys”, “Les Cactus”, “J’aime les filles”, “Il est cinq heures, Paris s’éveille”, “L’Hôtesse de l’Air” et “Gentleman Cambrioleur”. En 1973, Jacques Dutronc entame une carrière d’acteur de cinéma, avec Antoine et Sébastien de Jean-Marie Périer. Il tourne par la suite pour Claude Lelouch, Andrzej Żuławski, Jean-Luc Godard, Jean-Pierre Mocky, Claude Chabrol et Maurice Pialat. Un César d’honneur lui est remis en 2005 pour l’ensemble de sa carrière au cinéma.

Les débuts :

À partir de 1958, Jacques Dutronc fréquente ce qui devient bientôt le lieu culte du rock français : le Golf-Drouot d’Henri Leproux. Dans ce club du 9ème arrondissement de Paris se produisirent de 1961 à 1981 plus de 6000 groupes amateurs et la plupart des artistes débutants du rock des années 1960-70 (français et étrangers), ainsi que des milliers d’inconnus qui ont tenté leur chance sur la petite scène le vendredi soir devant un public averti. C’est là qu’il retrouve d’autres copains, futurs confrères et concurrents : Long Chris, Dany Logan, Johnny Hallyday et Eddy Mitchell.

Dessinateur, guitariste, assistant de directeur artistique, compositeur, puis chanteur, Jacques Dutronc participe au début de l’époque yéyé en étant guitariste dans le groupe El Toro et les Cyclones, et rencontre de présentes ou futures vedettes à l’occasion de prestations de son groupe. C’est ainsi qu’il compose au début des années 1960 “Fort Chabrol”, un morceau qui sera un succès instrumental des Fantômes, pour qui il compose deux autres titres. José Salcy et Françoise Hardy reprennent ce titre qui devient avec des paroles “Le Temps de l’amour”, un des premiers hits de Françoise Hardy. Jacques Dutronc et son groupe, El Toro et les Cyclones, signent chez Vogue le 9 octobre 1961. Il est également guitariste d’Eddy Mitchell pendant cette période de manière ponctuelle. Après son service militaire, il devient co-directeur artistique des éditions Alpha de Jacques Wolfsohn, lui-même directeur artistique chez l’éditeur phonographique Vogue.

Le succès “Et moi, et moi, et moi” (1966) :

Jacques Wolfsohn, propose à Jacques Lanzmann, alors directeur du magazine Lui et romancier, d’écrire des chansons. Le 45 tours “Et moi, et moi, et moi” deviendra un des tubes de l’été 1966 (plus de 100.000 ventes), et les autres chansons connaitrons également un certain succès notamment “Mini, mini, mini”. Jacques Dutronc révèle au mensuel Salut les copains : « Ce qui a accéléré les choses pour le disque, c’est qu’étant dans la maison, je savais exactement à qui adresser mes demandes et à qui botter le cul pour que ça s’exécute ».

En 1966, son premier album sort chez Vogue. Il enchaîne les tubes, avec “Les Play-Boys”, “Les Cactus”, “J’aime les filles” ; en cette année de révélation, Jacques Dutronc assurera plus de 200 concerts à travers la France.

Autres albums remarquables :

Il est cinq heures (1968) : fait partie des séries des premiers 33 tours de l’artiste (entre 1966 et 1970) où on insère le disque dans la pochette après ouverture de celle-ci. Les titres de l’album comprennent l’ensemble des morceaux de trois 45 tours (4 titres) : “La Publicité”, “Il est cinq heures, Paris s’éveille” et “Le courrier du cœur”. Cet album comporte les premiers morceaux créditant Anne Ségalen comme coauteur des paroles. Son titre-phare, “Il est cinq heures, Paris s’éveille”, se classera N°5 en France, mais également N°3 aux Pays-Bas. C’est le flûtiste classique Roger Bourdin qui joue de la flûte dans ce morceau. On trouve également sur ce disque “Fais pas ci, fais pas ça”, qui sert aujourd’hui de générique musical à la série de télévision du même nom, ainsi que “Le plus difficile” (classé N°9 en France), et “Hippie hippie hourrah”, qui sera repris plus tard par le groupe Black Lips.

Guerre et pets (1980) : Cinq ans ont passé entre son précédent album, Jacques Dutronc et ce Guerre et Pets, qui est le premier des deux albums publiés par Gaumont Musique, après son départ de Vogue, son label depuis le début des années 1960. La majorité des textes de l’album sont écrits par Serge Gainsbourg, ami de Dutronc (qui venait de connaître un énorme succès avec Aux armes et cætera), qui lui concocte le fameux “L’Hymne à l’amour (moi l’nœud)”. Jacques Lanzmann, jusqu’alors auteur exclusif des chansons – et pour la plupart des tubes – de Dutronc, ne participe qu’à l’écriture de deux chansons (“La Vie dans ton rétroviseur” et “Manque de tout”). Dutronc reprend un titre qu’il a composé pour sa compagne Françoise Hardy dix-huit ans plus tôt : “Le Temps de l’Amour”. Guerre et Pets, disque d’or, s’est vendu à 168.000 exemplaires.

Discographie :

1966 : Et moi, et moi, et moi
1968 : Il est cinq heures
1969 : L’Opportuniste
1970 : L’Aventurier
1971 : Jacques Dutronc
1972 : Jacques Dutronc
1975 : Jacques Dutronc (Gentleman Cambrioleur)
1980 : Guerre et pets
1982 : C’est pas du bronze
1987 : C.Q.F.D…utronc
1995 : Brèves Rencontres
2003 : Madame l’existence

Voir sur YouTube : Jacques Dutronc “Et moi, et moi, et moi” (live officiel) ; Jacques Dutronc “Il est cinq heures Paris s’éveille” ; “Jacques Dutronc “Gentleman cambrioleur” (live officiel)” par Archive INA ; “JACQUES DUTRONC – MERDE IN FRANCE” par Ringard Willycat