Album – Daryll Hall & John Oates – Rock’n Soul Part 1 (1983)

De leur premier singles en 1974 jusqu’à leur apogée dans les années 80, Daryl Hall (le blond) et John Oates (le brun) ont remporté un énorme succès commercial (six singles numéro un et six albums de platine) avec une musique remarquablement bien construite et produite. Au zénith de leur inspiration, leurs chansons étaient remplies d’accroches musicales solides et de mélodies qui adhéraient aux traditions de la Soul Music sans en devenir esclave, car y incorporant des éléments de New Wave et de Rock.

Daryl Hall (né le 11/10/48 à Philadelphie) a commencé à se produire professionnellement alors qu’il était étudiant en musique à l’Université de Temple. En 1966, il enregistra un single avec Kenny Gamble and The Romeos. Le groupe mettait en vedette Gamble, Leon Huff, et Thom Bell, qui allaient tous devenir les architectes de Philly Soul. A cette époque, Hall est fréquemment apparu sur les sessions du groupe Gamble & Huff. En 1967, Hall rencontre John Oates (né le 07/04/48 à New York) alors étudiant en journalisme à la même université de Philadelphie. Oates dirigeait son propre groupe de soul (The Masters) à l’époque. Les deux jeunes hommes ont réalisé qu’ils avaient des goûts similaires et ont commencé à se produire ensemble dans un éventail de groupes R & B et Doo Wop (Onomatopée qui sert à désigner un sous-genre du rhythm and blues ; né du mariage des rythmes syncopés africains et des cantiques de la société WASP puritaine au début des années 1950, le doo-wop est un style vocal fortement influencé par le gospel et par les quartets de barbershop (« quatuors de salon de coiffure »).

En 1968, le duo se sépare, alors que Oates change d’école et Hall forme le groupe de Soft Rock Gulliver. Le groupe sort un album chez Elektra à la fin des années 60 avant son démantèlement.

Après la dissolution de Gulliver, Hall se focalise à nouveau sur un travail de sessions musicales, apparaissant comme un chanteur d’accompagnement pour les groupes Stylistics, Delfonics, et Intruders, entre autres. Oates retourne à Philadelphie en 1969, et lui et Hall commencent à écrire des chansons orientées Folk qu’ils exécutent ensemble. Finalement, ils attirent l’attention de Tommy Mottola, qui devient rapidement leur manager, assurant au duo un contrat avec Atlantic Records. Sur leurs premiers disques – Whole Oates (1972), Abandoned Luncheonette (1973) et War Babies (1974) – les deux compères construisent leur son, travaillant avec des producteurs comme Arif Mardin et Todd Rundgren et en gommant peu à peu le folk de leur musique. Au début de 1974, le duo déménage de Philadelphie à New York. Pendant cette période, ils réussissent un bon coup musical avec le single « She’s Gone », N° 60 dans les Hits au printemps 1974.

Après être entré chez RCA en 1975, le duo de Soul Pop & Rock s’est fait remarquer avec « Sara Smile », succès remporté simultanément avec « She’s Gone » nouvelle version, qui a lui aussi culminé à nouveau dans le Top Ten. Sorti à l’été 1976, Bigger than Both of Us a modérément marché à sa sortie. Mais disque a décollé au début de 1977, quand « Rich Girl » est devenu le premier single du duo classé à la première place des Hits. Bien qu’ayant eu quelques Hits mineurs entre 1977 et 1980, les albums que Hall & Oates ont sortis à la fin de cette décennie n’étaient pas aussi réussis que leurs disques du milieu des années 70. Néanmoins, ils étaient plus audacieux, incorporant plus d’éléments de rock dans cette « Soul aux yeux bleus ». La combinaison a finalement payée à la fin de 1980, quand le duo sort l’album auto-produit Voices, qui a marqué le début de la plus grande réussite commerciale et artistique de Hall & Oates. Le premier single de Voices, une reprise de « You’ve Lost That Lovin ‘Feeling » des Righteous Brothers, atteignit la 12ème place, mais ce fut le deuxième single, « Kiss on My List » qui confirma leur extraordinaire potentiel en devenant le deuxième single numéro 1 du duo, suivi de près par, « You Make My Dreams » à la cinquième place.

Ils sortent Private Eyes à l’été de 1981; Le disque dégage deux hits numéro un, «Private Eyes» et « I can’t go For That baby (No Can Go) », ainsi que le Top Ten «Did It in a Minute». « I can’t go For That baby » a également passé une semaine au sommet des Charts R & B – une truc rare pour des chanteurs blancs. L’album H20 a suivi en 1982 et il a connu encore plus de succès que leurs deux précédents albums, en se vendant à plus de deux millions d’exemplaires et avec le lancement de leur plus grand Hit Single, « Maneater », ainsi que les Top Ten hits «One on One» et «Family Man».

L’année suivante, le duo sort une compilation des plus grands succès, Rock ‘N Soul, Pt. 1, qui contient deux nouveaux Top Ten hits – les numéros deux «Say It Is not So» et « Adult Education ».

En avril 1984, la RIAA annonce que Hall & Oates avait surpassé les Everly Brothers en tant que meilleur duo de l’histoire du rock, gagnant un total de 19 distinctions d’or et de platine. Sorti en octobre 1984, Big Bam Boom a encore augmenté ses distinctions d’or et de platine, en vendant plus de deux millions d’exemplaires et en lançant quatre singles du Top 40, dont le numéro un «Out of Touch». Suite à leur album Live at the Apollo theatre  (Harlem) avec David Ruffin & Eddie Kendrick, Hall & Oates font une pause. Après la réception tiède de l’album solo de Daryl Hall en 1986, Three Hearts in the Happy Ending Machine, le duo se regroupe pour sortir Ooh Yeah! (1988), leur premier disque chez Arista. Le premier single, « Everything Your Heart Desires », est classé numéro trois et contribue à propulser l’album au statut de platine.
Changement important cependant, aucun des autres singles de l’album n’a battu le Top 20, ce qui indique que leur époque de domination des charts avait pris fin. Change of Season, sorti en 1990, a confirmé ce fait. Bien qu’ayant obtenu le statut de disque d’or, il contient seulement un hit au Top 40 – le numéro 11 « So Close. » Le duo fait un come back en 1997 avec Marigold Sky, mais il n’a qu’un succès mitigé mais en tout cas bien meilleur que leur disque de 2003 Do It for Love et l’album Soul de l’année suivante Our Kind of Soul.

Pendant les années 2010, le duo reste très actif, ensemble et séparément. Ils font plusieurs tournées ; en 2011, Hall sort son cinquième album solo, Laughing Down Crying, chez Verve Forecast Records, et cette même année, Oates sort un album de blues intitulé Mississippi Mile.  En 2014, le duo est intronisé au Rock & Roll Hall of Fame.

Discographie : 

1972 : Whole Oats
1973 : Abondoned Luncheonette
1974 : War Babies
1975 : Daryl Hall and John Oates
1976 : Bigger Than Both of Us
1977 : Beauty on a Back Street
1978 : Along the Red Ledge
1979 : X-Static
1980 : Voices (en)
1981 : Private Eyes
1982 : H2O
1983 : Rock’n Soul Part 1
1984 : Big Bam Boom
1988 : Ooh Yeah!
1990 : Change of Season
1997 : Marigold Sky
2003 : Do It for Love
2004 : Our Kind of Love
2006 : Home for Christmas

Voir sur YouTube : « Daryl Hall & John Oates – Maneater » ; « Daryl Hall & John Oates – Say it Isn’t So » et « Daryl Hall & John Oates – I Can’t Go For That (No Can Do) » par hallandoatesVEVO

Livre & Film – La soupe aux choux (1981)

Le livre : 

René Fallet est un écrivain parfois très « rabelaisien » qui, en son temps (1927-83), irritait les petites habitudes bourgeoises en brossant de sa plume le portrait de personnages hauts en couleurs. Mais les anti-héros citadins ou campagnards qu’il décrivait, notamment dans La Soupe aux choux, étaient beaucoup plus profonds qu’en apparence. Fallet dans sa vie privée fréquentait Brassens, Jacques Brel et Léo Ferré, chanteurs et humanistes bons vivants. La soupe aux choux est une satire sociale, où l’auteur soulève les problématiques de son époque (qui sont toujours valables aujourd’hui), notamment la disparition des petites professions humbles pour faire la place à une société de consommation déshumanisée allant de pair avec l’émergence de centres commerciaux zombifiés et de parcs d’attractions de plus en plus débiles. Le Glaude et le Cicisse n’acceptent pas de s’adapter au monde moderne de « l’expansion économique » et de l’hygiénisme (autant sanitaire qu’alimentaire) et de ce fait, deviennent d’authentiques résistants. L’extra-terrestre dans cette histoire, est au départ à l’opposé de ce sympathique duo d’originaux éthylisés et flatulents mais il finira par les embarquer avec eux, pour prêcher la bonne parole de la soupe aux choux, du « ch’ti canon » et de l’amitié à sa civilisation, qu’il sauvera ainsi de la déprime.

La soupe aux choux – René Fallet (1980)

L’histoire : 

Deux vieux paysans, deux amis, le Cicisse Chérasse et le Glaude Ratinier, achèvent modestement leur existence aux confins d’un village bourbonnais en voie de disparition. Une nuit, une soucoupe volante se pose dans le champ de Glaude. Un extra-terrestre en sort, que le Glaude appellera « la Denrée ». La Denrée vit dans un austère astéroïde où les notions de superflu sont inconnues. L’absorption d’une assiettée de soupe aux choux va plonger le voyageur interstellaire dans un tout autre monde, celui du plaisir de vivre, celui aussi de l’amitié. Et ce sera la révolution sur sa planète. Quant au Cicisse et au Glaude, ils éviterons l’hospice grâce à leur copain la Denrée!

Extraits du livre de René Fallet : 

« La soupe aux choux mon Blaise, ça parfume jusqu’au trognon, ça fait du bien partout où qu’elle passe dans les boyaux. Ça tient au corps, ça vous fait même des gentillesses dans la tête. Tu veux qu’t’y dise : ça rend meilleur. » 

« Malgré ou grâce à leur régime de bec salé, les deux voisins se portaient comme les veaux dans les prés et ne connaissaient que de vue le docteur de Jaligny, pour l’avoir rencontré au marché de cet aimable chef-lieu de canton. S’ils ressentaient parfois une aigreur d’estomac, ils s’accordaient pour en accuser la qualité du pain, qui n’était plus celle qu’ils avaient connue. Ils s’étaient de même entendus pour serrer dans leur cave voûtée un tonneau de vin différent, ce qui variait leur menu et leur permettait de froncer malignement un sourcil pour qu’en tiquât des deux le propriétaire du nanan. Le Glaude se fournissait auprès du marchand de vins de Vaumas, le Bombé honorait de sa pratique celui de Sorbier. »

« Ils fumaient, sans soupçonner que des crabes cancérigènes étaient tapis au fond de leur paquet de gris. Ils roulaient leurs cigarettes, les allumaient avec des briquets qu’ils emplissaient de mélange pour vélomoteur. »

« Malgré leurs apparences bourrues, ils se souciaient fort de leurs santés respectives. La mort de l’un aurait signé celle de l’autre, le survivant étant assuré de périr de mélancolie dans les mois qui suivraient. On ne trinque pas tout seul. On boit sans amitié, sans rien, comme une vache, et ça, ça oui, c’est mauvais, si mauvais qu’il n’y a même pas plus mauvais au corps. Si le Bombé toussait, le Glaude s’alarmait. »

« Ma pauvre défunte, expliquait Le Glaude, elle buvait point, elle fumait point, n’empêche qu’elle est en terre bien enfoncée. C’est toutes les pastilles, les sirops, les drogues du pharmacien qui me l’ont ratiboisée. Elle s’en est fourré des kilos dans le coco, de leurs denrées. Des pleines lessiveuses. Résultat: le pré carré ! »

Le film : 

Même si le Film, sorti en 1981 et réalisé par Jean Girault, reprend de nombreux dialogues du livre de Fallet, il est franchement plus burlesque et délirant, l’ouvrage étant plutôt plutôt une ode poignante à la France rurale en voie de disparition d’après la Seconde guerre mondiale. Les acteurs principaux sont Louis de Funès (Le Glaude), Jean Carmet (Le Bombé ou Cicisse) et Jacques Villeret (La Denrée). C’est l’avant dernier film de Louis de Funès qui décèdera un an plus tard à l’âge de 68 ans.

Voir sur YouTube :  « La Soupe aux choux (1981) – Bande-annonce » par CineComedies Bandes-annonces

Retroactu 1983 – Émission TV : La Dernière Séance (1982-98)

Quelques évènements de l’année 1983 :

7 janvier : Lois de décentralisation.
24 janvier : Le dollar à 7,02 F à Paris.
22 février : Mise en service à Toulon du premier sous-marin d’attaque à propulsion nucléaire, le Rubis.
23 février : Création du Comité consultatif national d’éthique.
24 février : Sortie des premières Peugeot 205.
27 janvier : Décès de Louis de Funès (acteur français).
25 février : Décès de Tennessee Williams (écrivain américain).
1er mars : Décès d’Arthur Koestler (écrivain hongrois naturalisé britannique). France : commercialisation du premier compact-disc en France.
3 mars : Décès de Hergé (dessinateur et scénariste belge de bandes dessinées).
13 mars : Mort de Louison Bobet (coureur cycliste français).
23 mars : Gouvernement Pierre Mauroy. USA : Annonce de l’Initiative de défense stratégique (IDS) par le président Ronald Reagan après le refus soviétique de l’option zéro dans la crise des euromissiles.
25 mars : Après l’échec de la politique économique du gouvernement Mauroy (relance keynésienne), à la suite du second choc pétrolier, la France adopte un plan de rigueur, qui consacre la conversion des socialistes au libéralisme.
5 avril : Expulsion de 47 « diplomates » soviétiques de France, soupçonnés d’espionnage dans l’affaire Vladimir Vetrov.
10 avril-17 novembre : Guerre Iran-Irak : les quatre offensives iraniennes « Aurore » (Al-Fajr) menées sur le front nord ne donnent pas de résultats.
16 mai : reprise de la guerre civile soudanaise.
5 juin : Yannick Noah remporte la finale des Internationaux de France de tennis.
16 juin : Lancement par la fusée Ariane du premier satellite européen de communication opérationnel.
23 juin : Lancement du premier réseau de téléphonie mobile en France.
29-30 juin : Loi sur l’égalité des sexes dans le travail.
23 juillet : Début d’une guerre civile du Sri Lanka.
29 juillet : Mort de Luis Buñuel (cinéaste espagnol naturalisé mexicain).
4 août : Coup d’État de Thomas Sankara en Haute-Volta.
1er septembre : Un Boeing sud-coréen est abattu par la chasse soviétique croyant avoir affaire à un avion-espion américain dans son espace aérien, au large de l’île Sakhaline (269 morts).
3 septembre : Au Liban, le retrait israélien de la région du Chouf provoque des combats meurtriers entre Druzes du Parti socialiste progressiste et chrétiens des Forces libanaises ( « guerre de la montagne »).
16 septembre : Arnold Schwarzenegger obtient définitivement la nationalité Américaine après avoir passé 15 ans aux USA.
25 septembre : Mort de Léopold III (roi des belges de 1934 à 1951).
26 septembre : Mort de Tino Rossi (chanteur français).
5 octobre : Lech Wałęsa obtient le prix Nobel de la Paix ; il ne peut se rendre à la cérémonie.
10 octobre : Yitzhak Shamir devient Premier ministre d’Israël.
17 octobre : Décès de Raymond Aron (philosophe et sociologue français).
23 octobre : Attentats de Beyrouth.
25 octobre : Invasion de la Grenade.
5 novembre : Décès du dessinateur Jean-Marc Reiser.
10 décembre : Raúl Alfonsín restaure la démocratie en Argentine après la dictature militaire.
25 décembre : Décès de Joan Miro (peintre, graveur et sculpteur espagnol).

Émission TV : La Dernière Séance (1982-98) :

La Dernière Séance était une émission de télévision française essentiellement consacrée aux classiques du cinéma américain et présentée principalement par le chanteur Eddy Mitchell. Coproduite et réalisée par Gérard Jourd’hui, Patrick Brion assurant la partie éditoriale, elle tire son titre de la chanson éponyme d’Eddy Mitchell, parue sur son album La Dernière Séance. La première diffusion eut lieu le 19 janvier 1982 sur FR3 (qui deviendra par la suite France 3). La chaîne décida de retirer le programme de sa grille après une dernière émission le 28 décembre 1998.

À la fin de l’été 1981, Eddy Mitchell et quelques amis organisent dans une salle parisienne des projections publiques de classiques du cinéma américain. Serge Moati, alors directeur général de FR3, proposa à Eddy Mitchell de transposer le principe à la télévision. Tournée pour la plupart des émissions au cinéma Le Trianon de Romainville, elle se présente dans un décor d’un « cinéma de quartier » avec une programmation de films qui « s’inscrivent dans l’âge d’or des grands studios américains » des années 1930 aux années 1960, tous genres confondus, les figurants accompagnant le présentateur habillé en tenue de l’époque décontractée. Chaque émission présentait un dessin animé puis un premier film, doublé en français, introduit en général depuis le guichet du cinéma par Eddy Mitchell, des actualités cinématographiques d’époque, un second dessin animé, des réclames, puis un film en version originale sous-titrée et enfin les bandes-annonces des films de l’émission suivante.

Lien

Voir sur YouTube : « La Dernière Séance, la 1ère émission le 19/01/1982 | Archive INA » par Ina Culte ; « 20h Antenne 2 du 28 janvier 1983, Louis de Funès est mort | Archive INA » par Ina Actu

Youngtimer – Lancia Coupé Gamma 2500 (1976-83)

Autant le dire de suite : quand la mode automobile est aux stéréotypes, la personnalité, l’originalité et le refus de la banalisation ne sont pas la voie facile. A la fin des années 70, quand le jeune cadre dynamique se devait de rouler en Golf GTI noire et le moins jeune cadre dynamique BMW 528 gris métal, le choix d’un coupé Lancia Gamma ne pouvait être que celui d’un fanatique irréductible qui mettait un point d’honneur à posséder une voiture originale.

Dessinée par Pininfarina :

Avec le coupé Gamma le maître de Turin a signé l’un des plus beaux, sinon le plus beau, des coupés industriels. Compact, élancé comme une flèche, sobre et harmonieux, d’un profil très pur, superbe sous tous les angles, il attire le regard irrésistiblement. Rien à voir avec tant d’autres coupés banalisés par un cahier des charges castrateur : du vrai Pininfarina.

Un quatre qui en vaut six : 

Sous cette robe parfaite, on est un peu surpris de ne trouver qu’un quatre cylindres à plat ; pourtant la puissance, les montées en régime et la souplesse sont bien au rendez-vous : fi des idées reçus! Tout serait donc parfait, car le comportement routier est superbe, si ce moteur ne souffrait d’une fragilité chronique, au point d’avoir fait trop tôt disparaître beaucoup de ces merveilles qui deviennent peu à peu recherchées par les collectionneurs avertis.

Caractéristiques techniques :

Puissance Fiscale : 14 CV
Moteur : longitudinal AV ; 4 cylindres à plat, 8 soupapes,
Cylindrée : 2484 cm3
Puissance : 140 ch à 5400 tr/mn
Alimentation: Carburateur double-corps Weber / Injection électronique Bosch L-Jetronic
Couple maxi : 208 Nm à 3000 Tr/mn
Transmission : AV
Boîte de vitesses : 5 (manuelle) ou 4 (automatique)
Poids : 1290 kg
Roues : Freins Av-Ar : Disques ventilés – disques
Performances : Vitesse maxi : 195 km/h
400 m DA: 17″3
1 000 m DA: 32″2
0 à 100 km/h: 9″6

Prix du modèle neuf en 1983 : 132.990 Francs soit 43870 € avec 116 % d’inflation.

Tarif actuel en occasion : Entre 4000 et 10000 €

Ci-dessous Photos extraites d’une Brochure Lancia 1983

Disque – Georges Brassens – Fernande (1972)

L’enfance : Georges Brassens est né dans un quartier populaire du port de Sète. Sa mère, dont les parents sont originaires de Marsico Nuovo dans la région de Basilicate en Italie du Sud, est une catholique d’une grande dévotion. Le père de Georges est un homme paisible, généreux, libre-penseur, anticlérical et doté d’une grande indépendance d’esprit. Deux caractères très différents qu’une chose réunit : le goût de la chanson. D’ailleurs, tout le monde chante à la maison. Sur le phonographe : les disques de Mireille, Jean Nohain, Tino Rossi ou Ray Ventura et ses Collégiens.

Selon le souhait de sa mère, Georges commence sa scolarité, à l’âge de 4 ans, dans l’institution catholique des sœurs de Saint-Vincent. Il en sort deux ans après pour entrer à l’école communale, selon le désir de son père. À 12 ans, il entre au collège. Georges est loin d’être un élève studieux. Afin que son carnet de notes soit meilleur, sa mère lui refuse des cours de musique. Il ignorera donc tout du solfège, mais cela ne l’empêche pas de griffonner des chansonnettes sur ses premiers poèmes.

En 1936, il s’ouvre à la poésie grâce à son professeur de français, Alphonse Bonnafé. À la poésie et à la chanson populaire s’ajoute sa passion pour les rythmes nouveaux, venus d’Amérique, qu’il écoute à la TSF : le jazz. En France, Charles Trenet conjugue tout ce qu’il aime.

Années 40 : Suite à une affaire de vol en 1939, il écope d’une condamnation à une peine d’emprisonnement avec sursis. Il ne retournera pas au collège. Il passe l’été reclus dans la maison (il se laisse pousser la moustache). Le 3 septembre, la guerre contre l’Allemagne est déclarée. Il pourrait devenir maçon, auprès de son père, mais, peine perdue, il ne se satisfait pas de cette perspective. Il persuade ses parents de le laisser tenter sa chance à Paris et partir de Sète, où sa réputation est ternie à la suite de cette histoire. En février 1940, Georges est hébergé, comme convenu avec ses parents, chez sa tante, dans le 14e arrondissement. Chez elle, il y a un piano. Il en profitera pour maîtriser l’instrument à l’aide d’une méthode, malgré sa méconnaissance du solfège.

En février 1943, l’Allemagne nazie impose au gouvernement de Vichy la mise en place d’un service du travail obligatoire (STO). Georges, 22 ans, est convoqué à la mairie du 14e arrondissement où il reçoit sa feuille de route pour Basdorf. En mars 1944, Georges Brassens bénéficie d’une permission de quinze jours. C’est une aubaine à saisir : il ne retournera pas en Allemagne.

À Paris, il lui faut trouver une cachette car il est impossible de passer à travers les filets de la Gestapo en restant chez la tante Antoinette. Jeanne Planche, de trente ans son aînée, accepte d’héberger ce neveu encombrant. Avec son mari Marcel, elle habite une maison extrêmement modeste au 9, impasse Florimont. Georges s’y réfugie, le 21 mars 1944, en attendant la fin de la guerre. « J’y étais bien, et j’ai gardé, depuis, un sens de l’inconfort tout à fait exceptionnel. »

Années 50 : En 1951, Brassens rencontre Jacques Grello, chansonnier et pilier du Caveau de la République qui, après l’avoir écouté, lui offre sa propre guitare et lui conseille, plutôt que du piano, de s’accompagner sur scène avec cet instrument. Ainsi « armé », il l’introduit dans divers cabarets pour qu’il soit auditionné. Alors, il compose d’abord sur piano ses chansons qu’il transcrit pour guitare.

Sur scène, Brassens ne s’impose pas. Intimidé, paralysé par le trac, suant, il est profondément mal à l’aise. Il ne veut pas être chanteur, il préférerait proposer ses chansons à des chanteurs accomplis, voire à des vedettes de la chanson. Il se produit alors dans quelques cinémas parisiens, tel le Batignolles, rue La Condamine, où, entre les actualités et le film, il interprète trois de ses premiers succès, Le Parapluie, Chanson pour l’Auvergnat et Le Gorille.

La rencontre avec Patachou : Après plusieurs auditions infructueuses, Brassens est découragé. Roger Thérond et Victor Laville, deux copains sétois, journalistes du magazine Paris Match, viennent le soutenir et tentent de l’aider, dans la mesure de leurs moyens. Ils lui obtiennent une audition chez Patachou, le jeudi 24 janvier 1952, dans le cabaret montmartrois de la chanteuse. Le jour dit, et au bout de quelques chansons, Patachou est conquise. Enhardi, Brassens lui propose ses chansons. Elle ne dit pas non et l’invite même à se produire dans son cabaret dès que possible. Les jours suivants, malgré son trac, Georges Brassens chante effectivement sur la scène du restaurant-cabaret de Patachou. Pour le soutenir, Pierre Nicolas, bassiste dans l’orchestre de la chanteuse, l’accompagne spontanément.

Quand Patachou parle de sa découverte, elle ne manque pas de piquer la curiosité du directeur du théâtre des Trois Baudets, Jacques Canetti, également directeur artistique pour la firme phonographique Philips. Le 9 mars 1952, il se rend au cabaret Chez Patachou pour écouter le protégé de la chanteuse. Emballé, il convainc le président de Philips de lui signer un contrat. Le quotidien France-Soir, des 16-17 mars, proclame en gros titre : « Patachou a découvert un poète ! »

Le premier disque : Le 19 mars, l’enregistrement du Gorille et du Mauvais sujet repenti s’effectue au studio de la Salle Pleyel. Certains collaborateurs, offusqués par Le Gorille, s’opposent à ce que ces chansons sortent sous le label de Philips. Une porte de sortie est trouvée par le biais d’une nouvelle marque qui vient d’être acquise : Polydor. D’avril à novembre, neuf chansons sortiront sur disques 78 tours.

Le 6 avril, Brassens fait sa première émission télévisée à la RTF. Il chante La Mauvaise Réputation devant le public de l’Alhambra. Du 28 juillet au 30 août, il fait sa première tournée en France, en Suisse et en Belgique, avec Patachou et Les Frères Jacques.

Il est engagé à partir du mois de septembre aux « Trois Baudets » ; le théâtre ne désemplit pas. En 1953, tous les cabarets le demandent et ses disques commencent à bien se vendre.

En 1954, c’est au tour de l’Olympia (du 23 février au 4 mars et du 23 septembre au 12 octobre). Pour cette grande scène, il fait appel à Pierre Nicolas pour l’accompagner à la contrebasse, marquant ainsi le début d’une collaboration qui durera presque trente ans.

Années 60 : Dix ans se sont écoulés depuis la parution de son premier album — neuf ont paru, quatre-vingts chansons ont été enregistrées. Pour marquer cet anniversaire, un coffret de six 33 tours 30 cm, Dix ans de Brassens, est mis en vente. Le 6 novembre, Georges Brassens se voit honoré pour cet ouvrage, par l’Académie Charles-Cros, en recevant le Grand Prix international du disque 1963 des mains de l’écrivain Marcel Aymé.

Souffrant de calculs rénaux depuis plusieurs mois déjà, les crises de coliques néphrétiques deviennent plus aigües. Il subit une opération des reins à la mi-janvier. Après une longue convalescence, il est à nouveau sur les planches de Bobino en septembre.

Les Copains d’abord : Le film d’Yves Robert, Les Copains, sort en 1965. Pour le générique, Brassens a composé une chanson : Les Copains d’abord. Le succès qu’elle rencontre est tel qu’il rejaillit sur les ventes de son premier album 33 tours 30 cm et sur son triomphe à Bobino (du 21 octobre au 10 janvier 1965).

Le 24 octobre 1969, avec son ami Fallet, il est au chevet de Jeanne, qui meurt faute d’avoir pu surmonter le choc de son opération de la vésicule biliaire. Elle avait 77 ans.

Le 6 janvier 1969, à l’initiative du magazine Rock & Folk et de RTL, Georges Brassens, Léo Ferré et Jacques Brel sont invités à débattre autour d’une table. Ce moment est immortalisé par le photographe Jean-Pierre Leloir.

Cette année-là, il franchit les limites du 14e arrondissement pour emménager dans une maison du quartier Saint-Lambertnote 25, dans le 15e arrondissement. Bobino l’attend à nouveau à partir du 14 octobre.

En décembre, pour satisfaire à la demande de son ami sétois, le cinéaste Henri Colpi, il enregistre la chanson écrite par ce dernier avec une musique composée par Georges Delerue pour illustrer le film dans lequel joue Fernandel : Heureux qui comme Ulysse.

Années 70 : Brassens a 50 ans et vingt ans de carrière. Un autre tour de chant l’attend à Bobino avec Philippe Chatel, Maxime Le Forestier, Pierre Louki, en alternance (10 octobre 1972 au 7 janvier 1973). En 1972, avec la chanson « Mourir pour des idées » tirée de son album Fernande, il répond aux réactions mitigées envers sa chanson Les Deux oncles, où il s’était mis dans une position délicate, en attaquant de front la guerre et les belliqueux, dans un contexte bien précis, celui de la guerre 39-45. Il tente de montrer à ses deux oncles, un collaborateur et un résistant qui sont morts au combat, que tout le monde a oublié ce pour quoi ils se sont battus et que cela ne sert à rien de s’engager dans une guerre. Cette opinion vaudra à Brassens d’essuyer les foudres de la presse.

Le 30 octobre 1972, il participe à une soirée spéciale contre la peine de mort au Palais des sports de Paris. À partir du 14 janvier 1973, il entame ses dernières tournées françaises. Il passe au théâtre municipal de Sète, le 13 avril 1973. Cette année-là, il fait son entrée dans Le Petit Larousse.

Répondant à l’invitation de Colin Evans, professeur de français à l’University College de Cardiff, en Pays de Galles, Brassens donne deux récitals au Shermann Theatre le 28 octobre 1973.

Le 19 octobre 1976, il s’installe à Bobino pour cinq mois. Il présente les nouvelles chansons de son dernier album, dont celle qui lui donne son nom : Trompe-la-mort. « C’est pas demain la veille, bon Dieu, de mes adieux. »

La maladie et le décès : Le 20 mars 1977, jour de la dernière, personne ne se doute qu’il ne foulera plus jamais les planches de son music-hall de prédilection. D’inquiétantes douleurs abdominales, de plus en plus vives, l’amènent à se faire examiner. Un cancer de l’intestin est diagnostiqué et se généralise. Il est opéré à Montpellier, dans la clinique du docteur Bousquet en novembre 1980. L’année suivante, une nouvelle opération à l’hôpital américain de Paris lui accorde une rémission qui lui permet de passer l’été dans la propriété des Bousquet, à Saint-Gély-du-Fesc, au nord de Montpellier.

L’album Dernières Chansons sera un succès commercial et sera récompensé par l’académie Charles-Cros.

Ultime satisfaction, la peine de mort — contre laquelle il avait écrit notamment Le Gorille, fait des galas, manifesté, signé des pétitions — est abolie le 9 octobre 1981.

Il meurt dans la nuit du jeudi 29 octobre 1981, à 23 h 15. Georges Brassens est inhumé à Sète, le matin du samedi 31, dans le caveau familial, au cimetière Le Pynote. Le choc de sa mort est immense dans toute la France. En ouverture du journal télévisé du 30 octobre, sur Antenne 2, Patrick Poivre d’Arvor, visiblement ému, déclare :
« On est là, tout bête, à 20 ans, à 40, à 60… On a perdu un oncle. » Voir ci-dessous le JT du 30 octobre 1981.

Discographie :

1952 : La Mauvaise Réputation
1953 : Le Vent
1954 : Les Sabots d’Hélène
1956 : Je me suis fait tout petit
1957 : Oncle Archibald
1958 : Le Pornographe
1960 : Les Funérailles d’antan
1961 : Le temps ne fait rien à l’affaire
1962 : Les Trompettes de la renommée
1964 : Les Copains d’abord
1966 : Supplique pour être enterré à la plage de Sète
1969 : Mysogynie à part
1972 : Fernande
1976 : Trompe la mort

Voir sur YouTube : « Georges Brassens – Mourir pour des idées » par peteko72 ; « Georges Brassens (Les Copains D’Abord ) » par Globetrotteur j.c ; « 20h Antenne 2 du 30 octobre 1981 – Mort de Georges Brassens | Archive INA – » par Ina Actu

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