Les objets vintage au fil des vieux catalogues (1964-1999)

Rien de tel que feuilleter les vieux catalogues de vente par correspondance (La Redoute, Manufrance, les 3 Suisses…) ou de s’attarder sur les publicités de vieux magazines, pour retrouver l’ambiance d’une époque. J’ai fait ici une sélection de quelques objets reflétant les changements au cours de ces années là : d’abord les tenues vestimentaires reflétant la mode populaire du moment, puis les chaînes Hifi, les autoradios, les postes TV, les magnétoscopes, les appareils photographiques et les montres, autant d’objets qui évoluèrent en fonction des progrès techniques et du design. Enfin, les armes à feu pour lesquelles la liberté de détention a bien changé en 50 ans.

Les vêtements :

Pantalons « Patte d’éléphant » 1970 (La Redoute)

Après la Seconde Guerre mondiale,  la mode vestimentaire est surtout marquée par l’émancipation du corps de la femme. Puis la démocratisation du vêtement va de pair avec une prolifération des mouvements de mode adolescents, inséparables des courants musicaux. On peut, en effet, noter qu’un vêtement ou un accessoire, devient souvent à la mode après qu’une personnalité l’ait porté ou utilisé. C’est ainsi que sont devenues à la mode de nombreuses façons de se vêtir.

Par exemple : Le port du T-shirt se développa rapidement après que les acteurs de cinéma John Wayne, Marlon Brando et James Dean en aient porté à la télévision. Le public fut tout d’abord choqué, pour finalement l’accepter avec le temps. Brooke Shields contribua à lancer la marque Calvin Klein avec sa célèbre phrase : «savez-vous ce qu’il y a entre mon jean et moi? ». Le port du bikini prit un essor très important lorsqu’en 1956, Brigitte Bardot le rendit populaire dans le film « Et Dieu… créa la femme » dans lequel elle le portait en toile vichy. Le col roulé se développa rapidement après que l’acteur de cinéma Noel Coward l’ait porté.

Dans les années 1960 : les collants, puis le jeans triomphent en France. Il constitue bientôt l’uniforme de la jeunesse mondiale, garçons comme filles. C’est paradoxalement là une façon de revendiquer l’individualité et la décontraction, en rejetant le vêtement « bourgeois ». Le pantalon est maintenant un vêtement féminin. Les radios à transistor se multiplient et avec elles, les émissions spécifiques aux femmes ou aux jeunes. La musique d’origine britannique, vecteur de styles vestimentaires, impose les Swinging Sixties et sa British Invasion. En France, la musique des yéyés est également un vecteur d’influences majeur. Par la suite, Woodstock, Hair, arrivent fin des années 1960 marquant l’envolée du mouvement hippie et l’abandon des yéyés.

Les pantalons à pattes d’éléphant : furent d’abord portés au début du 19ème siècle par les marins de l’US Navy (en cas de naufrage, en effet, les larges échancrures aux pieds des pantalons gonflaient, au moment du plongeon debout à partir du navire en perdition, de façon à constituer une aide à la flottaison). Prisés dans les années 20, les pantalons « pattes d’éléphant » vont revenir dans les années 1960 et 1970 d’abord chez les femmes au milieu des années 1960 en Europe et en Amérique du Nord ; puis, de la fin des années 1960 à l’ensemble des années 1970, tant chez les hommes que chez les femmes. En 1967, ils sont passés de la haute couture au mouvement hippie de la contre-culture, tout comme les colliers love beads, les lunettes de grand-mère et les tee-shirts tie and dye. Dans les années 1970, ils sont passés dans la culture populaire. Sonny and Cher ont contribué à les populariser aux États-Unis en les portant dans leur show populaire de télévision. Les pattes d’éléphant ont ressuscité dans les années 1990. 

Dans les années 1970 : la mode Hippie d’origine américaine puis la mode Punk plus tard influencent le monde, dont la France. Le sportswear d’inspiration américaine prend le pas sur la mode de la rue et connaitra son apogée dans les années 1980.

Dans les années 1980 ; une nouvelle génération de créateurs émerge auprès du public et révolutionne la mode : Gaultier, Alaïa, Montana, Mugler… La différenciation reprend ses droits.

La Hifi Populaire:

Chaîne hifi d’entrée de gamme La Redoute 1978

Dans les années 1930 : l’industrie du cinéma américain remarque que la fidélité de la bande audio de leurs films apporte à ceux-ci une nouvelle dimension émotionnelle aux spectateurs et que cela devient alors un argument commercial important. La fidélité sonore permet une meilleure et nouvelle sensation d’immersion dans les films. Cette nouvelle demande du public va placer la qualité des bandes-son cinématographiques comme le principal défi de l’électronique à cette époque. Bell Labs et RCA sont alors en compétition pour développer la technologie qui aura le meilleur rendu sonore pour le cinéma. Cette compétition va amener, jusque’à la fin des années 1930, de nombreuses améliorations et nouvelles technologies qui vont poser les fondations de l’industrie moderne de la Hi-fi. Le développement de l’audio va stagner durant la Seconde Guerre mondiale car les ingénieurs en électronique vont se concentrer sur d’autres domaines importants pour la guerre comme l’amélioration des radars, mais à la fin des années 1940, de nouvelles avancées ont lieu dans le domaine avec l’amélioration de la fidélité des basses.

Au début des années 1950 : l’arrivée de nouveaux formats de LP par Columbia Records et RCA ainsi que la création de nouvelles stations FM de haute qualité va faire naître une industrie de la Hi-fi.

Le ghetto-blaster : est un radiocassette des années 1970 et 1980, connu pour sa taille démesurée et pour sa puissance conséquente (blast signifie rugir). Le ghetto-blaster est large, dispose généralement de quatre haut-parleurs (Un tweeter et un woofer pour chaque voie), d’un lecteur de cassettes et d’une radio AM-FM. Souvent calé sur l’épaule, le bras le tenant par le dessus, ou bien tenu par sa poignée, le ghetto-blaster mesure environ 60 cm de large (jusqu’à 80 cm pour les plus volumineux) et pèse toujours très lourd, comme beaucoup d’objets électroniques de l’époque. Utilisé en alimentation autonome, il consomme une quantité démesurée de piles.

1970-90 : le passage à la stéréo, la généralisation du transistor dans l’amplification permettant notamment la portabilité des appareils, l’invention des cassettes puis du CD (commercialisé depuis le début des années 1980) vont contribuer au changement des pratiques sonores. La baisse des coûts et la numérisation des matériels d’écoute vont privilégier la quantité à la qualité du son. Ces changements vont alors causer un certain déclin de la Hi-fi à partir des années 90.

Les postes de télévision :

Télévisions couleur La Redoute 1985

Dans les années 50 : Les premiers récepteurs en 441 lignes étaient de type à amplification directe, avec un seul canal en bande VHF basse, qui comportaient une dizaine de tubes. L’antenne était en forme de H, faite de deux dipôles verticaux couplés. Après l’adoption du 819 lignes, d’autres canaux et émetteurs furent mis en service dans la bande haute VHF. Un récepteur en « noir et blanc » utilisait une quinzaine de tubes électroniques.

Dans les années 60 : L’apparition d’une deuxième chaîne sur la bande UHF en 625 lignes fit ajouter un module tuner UHF d’abord à tubes, puis avec les premiers transistors. Les télécommandes et le « zapping » étaient encore inimaginables. Des téléviseurs mixtes tubes/transistors ont été commercialisés, les premiers transistors ne permettant pas les fonctions de puissance et haute tension. Une nouvelle antenne de réception était nécessaire pour la réception de la bande UHF, comportant un grand nombre (10 à 20 environ) d’éléments directeurs ce qui lui valut le surnom d’antenne râteau. L’apparition de la couleur a donné naissance à la première génération de téléviseurs couleur des années 1960, munis du tube cathodique.

Dans les années 70 : Les premiers téléviseurs «tout transistors», sont apparus vers le milieu des années 1970. Ces téléviseurs étaient plus stables et plus fiables grâce à l’introduction progressive des circuits intégrés. Le son était disponible dès la mise sous tension du téléviseur et l’image au bout de quelques secondes (le temps que le canon à électrons du tube cathodique chauffe).

Dans les années 80 : Les écrans plats cathodiques, les vidéo-projecteurs et la haute définition (à titre expérimental) font leur apparition, mais les tubes cathodiques restent très lourds et il n’est pas rare d’avoir un meuble TV supportant des appareils pesant plus d’une cinquantaine de kilos.

Années 1990-2000 : Enfin la révolution est en cours pour remplacer les tubes cathodiques par les écrans plasma et LCD bien plus légers, apparus vers 2000, et généralisés en 2008. En 2011, on ne trouve plus de téléviseurs, ni de moniteur à tube cathodique dans le commerce.

Les Montres :

Pub Yema Rolland Garros 1987

La montre-bracelet est née dans le dernier tiers du 19ème siècle. Jusque-là, les montres étaient en général portées au gousset. Environ, en même temps, dans les années 1920 sont introduits les oscillateurs et les horloges à quartz. En 1949 et 1967, nouvelles découvertes, les horloges atomiques. Le début du 20ème siècle voit la démocratisation des montres-bracelet et leur production en masse, notamment via l’usage militaire. En 1927, un ingénieur en télécommunication du nom de Warren Morrisson recherche un système capable de générer des fréquences très stables. Il se base sur l’effet piézo-électrique du quartz pour construire une horloge plus fiable que les anciens systèmes mécaniques. Les Horloges à quartz peuvent atteindre une précision d’un millième de seconde par jour.

Dès 1937, Seiko franchi le seuil de plus de 2 millions de montres vendues à travers le monde, puis avait en 1941 produit le premier chronographe de poche du Japon avant de s’imposer dans les années 1950 aux concours d’horlogerie, réussite symbolique lui permettant de rivaliser avec les montres suisses et d’effacer l’image de médiocre qualité des produits japonais. Le prestige des marques japonaises est confirmé en 1964, quand Seiko devient le chronométreur officiel des Jeux olympiques d’été de 1964 à Tokyo puis en 1972, des Jeux olympiques d’hiver de Sapporo.

Années 1960 à 1990 : l’apparition des montres à quartz et la concurrence japonaise provoque la crise du quartz à la fin des années 70. Elle culmine en 1981, car suite à l’apparition de la montre électronique à quartz en 1978, l’industrie horlogère Suisse et européenne traverse une crise importante provoquant une baisse des exportations et de nombreuses fermetures d’entreprises horlogères. Ainsi, le nombre d’employés dans l’horlogerie en Suisse passa de 90.000 en 1970 à 28.000 en 1988. En 1982. les montres électroniques dépassèrent les montres mécaniques et la Suisse perdit sa place de premier exportateur mondial. Cette crise prendra symboliquement fin avec la sortie de la Swatch en 1983. Les montres mécaniques ne reviendront à la mode que dans les années 2000.

Les appareils Photo :

Appareils Photo La Redoute 1970

Les différents appareils argentiques de 1950 à 2006 :

1930-1960 : Les appareil photographique reflex bi-objectif : Ce sont des appareils de petit ou – plus souvent – moyen format. La visée se fait à travers un deuxième objectif couvrant le même champ que l’objectif de prise de vue. Ce deuxième objectif projette l’image vers un verre dépoli après réflexion sur un miroir, d’où à nouveau le terme de reflex. La mise au point se fait par déplacement de la platine avant qui supporte les deux objectifs. Ainsi, la netteté peut être contrôlée sur le dépoli. Les objectifs peuvent être fixes ou interchangeables, mais dans ce dernier cas c’est toute la platine avant qui est l’élément interchangeable.

1950-2006 : Les appareil photographique télémétrique : Appareils généralement de petit ou moyen format où la visée se fait dans un viseur séparé n’utilisant pas de verre dépoli. La distance de mise au point est évaluée avec un télémètre couplé ou non à la bague de mise au point, intégré ou non au viseur. Les objectifs peuvent être fixes ou interchangeables.

1950-2000 : Appareil photographique reflex mono-objectif : type d’appareil photographique caractérisé par l’utilisation d’un objectif unique servant à la fois à la prise de vue et à la visée grâce à un système de miroir mobile. Il se différencie ainsi des appareils non reflex, dans lesquels la visée s’effectue avec un viseur extérieur, et des reflex bi-objectifs, dans lesquels un objectif sert à la visée et un autre à la prise de vue. Ces appareils existent en petit et en moyen format. Ils sont le plus souvent à objectifs interchangeables, si ce n’est pas le cas on les appelle des « bridges »note 1. Dans le langage courant, le terme seul de reflex désigne souvent un reflex mono-objectif au format 24 × 36, par opposition aux compacts. Le reflex mono-objectif est parfois aussi désigné SLR, de l’anglais Single Lens Reflex.

1980-2000 : Appareil photo argentique compact : Appareil photographique de petit format, à viseur indépendant et objectif fixe. Le compact est de petite taille et léger, le plus souvent totalement automatisé.

1990-2010 : L’appareil jetable : En argentique, le compact connaît une variation commerciale particulière : le prêt-à-photographier (ou appareil jetable).

Appareil photo instantané 1970-1990 : Un appareil photographique instantané permet d’obtenir directement des photographies argentiques, sans passer par des opérations séparées de développement du film et de tirage sur papier. Les plus connus sont les appareils de la marque Polaroid. On notera qu’ils surfent actuellement sur la mode néo-rétro et sont de nouveau à la mode.

La fin de l’argentique : Depuis 2006, de grands fabricants d’appareils photographiques ont annoncé, les uns après les autres, l’abandon de la technologie argentique face à l’irrésistible poussée de la photographie numérique. Les grands industriels japonais Canon, Nikon, Konica Minolta, Olympus, Pentax, Fujica, tout comme l’américain Kodak, aujourd’hui largement convertis au numérique, font alors face à l’arrivée de nouveaux venus issus de l’industrie de l’électronique, tels que le coréen Samsung et les japonais Sony et Panasonic, bien implantés dans l’audiovisuel, ou Casio, opérant auparavant dans le secteur des montres et des calculatrices. Dans les années 2010, alors que les smartphones offrent une qualité d’image améliorée d’année en année, la vente d’appareils photo chute drastiquement. Nikon, Konica Minolta et Canon annoncent la fin de la fabrication d’appareils photographiques, tant argentiques que numériques, bien que Nikon et Canon déclarent qu’ils continueraient à vendre une gamme limitée de modèles existants, notamment quelques appareils reflex.

Les armes à feu :

Fusils La Redoute 1978

Dans les Années 50 : Les armes à feu et leurs munitions n’étaient pas aussi règlementées par l’état que de nos jours. En ce temps là, les citoyens français pouvaient détenir des armes tels des revolvers multi-coups et pistolets automatiques de petit calibre (6.35 ou 22 lr) qui furent classés à partir du 13 juin 1956 dans la 4ème catégorie (aujourd’hui catégorie B). Avant cette date, ils étaient en vente libre chez les armuriers et l’on en trouvait aussi à petit prix sur les catalogues de VPC, notamment Manufrance. Par contre, le pistolet 22 lr monocoup, les fusils de chasse et les carabines 22lr restèrent en vente libre.

Vous noterez qu’en 1973, Manufrance proposait à la rubrique jouet, des carabines 4.5 dépassant les 20 joules portant à plus de 30 mètres. Maintenant pour en posséder une, il faut un permis de chasser avec la validation pour la campagne en cours ou, une Licence de tir FFT en cours de validité. (Voir image ci-dessous : jouets Manufrance 1973).

Dans les Années 80 : Le 19 août 1983, se fut au tour des pistolet 22lr un coup d’être interdit à la vente libre et de passer en 4ème catégorie (aujourd’hui catégorie B).

Dans les années 90 : Le 6 mai 1995, Un décret interdit la vente libre de toutes armes à grenaille y compris celles à percussion centrale et des armes d’épaule à répétition, à canon lisse de plus de dix coups ; mais les armes de 5ème et 7ème catégories (fusil de chasse et carabine 22lr) pouvaient être encore acquises librement par tout citoyen de plus de dix-huit années, certaines nécessitant un enregistrement auprès de la police. Le 16 décembre 1998 sonna le glas de la liberté d’acquisition des fusils de chasse ou 22lr qui furent désormais soumis à la présentation d’un permis de chasse validé de l’année ou de l’année précédente ou à la présentation d’une licence de fédération sportive agréée. Tous les fusils lisses à pompe furent aussi soumis à autorisation administrative.

Film – Milou en Mai (1990)

Mai 68. La France est paralysée par la grève. Dans sa belle bâtisse provinciale du Gers, Madame Vieuzac est victime d’une crise cardiaque. Son fils Milou convoque les membres de la famille pour un ultime hommage à la défunte. Arrive alors un cortège de tristes sires surtout préoccupés par le partage de l’héritage. Ce film qui ressemble à du Sautet pour l’ambiance, mais aussi à du Chabrol pour l’étude des mœurs bourgeoises, est à la fois simple, réaliste et captivant. Les membres de cette famille sont drôles et émouvants avec leurs failles, leurs excès et leurs mesquineries sur fond de mai 68.

L’histoire :

Milou Vieuzac (Michel Piccoli) est un grand rêveur et un épicurien oisif qui vit dans le château familial situé dans la campagne gersoise, avec sa mère, Madame Vieuzac (Paulette Dubost). Un jour, alors qu’il est sorti, celle-ci meurt soudainement d’une crise cardiaque. Les proches rappliquent, prévenus par Milou, et c’est le commencement de la réunion de famille qui doit décider des modalités de l’enterrement de la mère, que l’on va veiller alors que la révolte étudiante éclate à Paris. Il y a d’abord Camille (Miou-Miou), fille unique de Milou, qui, en l’absence de son mari reparti aussitôt, retrouve celui qui fut son amant : Daniel (François Berléand), ami et notaire des Vieuzac. Puis Claire (Dominique Blanc), fille de la sœur décédée de Milou, et Georges (Michel Duchaussoy), frère de ce dernier, accompagné de son épouse Lily (Harriet Walter).

Tous trois prennent connaissance des dernières volontés de madame Vieuzac, lues par Daniel, et notamment qu’un quart de la propriété revient à Adèle (Martine Gautier), fidèle gouvernante et maîtresse de Milou. Puis arrive Pierre-Alain (Renaud Danner), le fils de Georges, exalté par les événements qu’il vient de vivre à Paris et qui apporte la contestation au sein même de cette famille bourgeoise. Pierre-Alain a fini son voyage en auto-stop avec Grimaldi (Bruno Carette), un marchand de légumes qui s’intègre vite au groupe. Claire quand a elle papillonne entre ce dernier, Marie-Laure (Rozenn Le Tallec) qui est son amante et Pierre-Alain.

Le contexte de mai 68 n’a pas été choisi au hasard, puisque c’est l’époque où les barricades étudiantes et la grève générale du monde ouvrier avaient fait croire à une bourgeoisie repliée sur elle-même que les communistes étaient aux portes de Paris. Avec la grève générale, l’enterrement se fait plus compliqué, exacerbant les tensions. Il ne reste plus grand chose du lustre d’antan et de la fortune familiale, (même le tableau de Corot a été vendu) mais suffisamment pour que le partage des meubles et de l’argenterie s’organise sans plus de délai à côté du cadavre de la grand mère que tout le monde finit par oublier.

Mors qu’il est question d’enterrer l’aïeule dans le jardin, les pompes funèbres étant en grève, toute l’équipe se retrouve autour d’un grand pique-nique avant d’être alarmée sur le déroulement des évènements insurrectionnels du moment par Monsieur Boutelleau (Étienne Draber), un gros patron du coin qui a failli être séquestré par ses ouvriers. Paniqués, tous fuient dans les bois. Mais Adèle les retrouve avec des nouvelles rassurantes. Ils reviennent au château alors que leur crise de paranoïa retombe. Après l’enterrement, chacun repart chez lui, laissant Milou seul avec ses souvenirs.

Détails sur le film :

Ce film de Louis Malle reçut le Prix David di Donatello du meilleur réalisateur étranger en 1990 mais fut aussi nominé au prix du meilleur film étranger, lors des BAFTA Awards en 1991. Il reçut le César du meilleur second rôle féminin (Dominique Blanc) et fut nominé pour le César du meilleur acteur (Michel Piccoli), de la meilleure actrice (Miou-Miou) et du meilleur second rôle masculin (Michel Duchaussoy) en 1991.

Le message du film est sans équivoque et il met en relief notamment l’égoïsme d’une petite caste de nantis qui ne pense qu’à s’accaparer les richesses et à se servir sur la bête qui n’en peut plus. Le vieux jardinier courbé par les rhumatismes qui travaille sous le soleil pendant que la joyeuse bande joue à Colin-maillard, nous rappelle qu’autant en 1968, en 1990 et même en 2018, la lutte des classes est plus que jamais d’actualité (après « Milou en Mai », peut-être qu’un réalisateur tournera un jour « Manu en Novembre ! »). Le tournage s’est déroulé au Château du Calaoué, dans le Gers. À noter, le premier rôle au cinéma de Valérie Lemercier dans le rôle de Mme Boutelleau et l’apparition de Stéphane Paoli (voix à la radio Europe N°1) dans celui de Jacques Paoli, son propre père. Ce fut le dernier film dans lequel tourna Bruno Carette avant de décéder le 8 décembre 1989 d’une leucoencéphalite foudroyante.

Voir sur Dailymotion : « Milou en mai – Le pique-nique » par MISTERNATURAL

Film – 100.000$ au Soleil (1964)

Pour réaliser ce film d’aventure tourné sur les routes et pistes parcourant les magnifiques paysages désertiques du Maghreb, le cinéaste Henri Verneuil s’est inspiré du roman « Nous n’irons pas en Nigéria » écrit par Claude Veillot en 1962. « 100.000$ au Soleil » produit par Alain Poiré, est tourné à la fois en France et au Maroc, avec un casting de rêve, à savoir Jean-Paul Belmondo, Lino Ventura et Bernard Blier. Le dialoguiste Michel Audiard a mis aussi la main à la pâte, avec son sens innée de la répartie et des dialogues devenus cultes que vous pourrez retrouver un peu plus loin dans cet article. Présenté à Cannes, le film reçut des critiques négatives de la presse mais cela ne l’empêcha pas de connaître un très grand succès populaire.

L’histoire :

L’action se passe dans le sud du maroc aux frontières du Sahara dans les années 1960. Castagliano (Gert Fröbe), est le patron d’une société de transport routier aux méthodes douteuses que ses employés surnomment «la Betterave». Il engage John Steiner (Reginald Kernan), un routier «mexicain», soi-disant né à Saltillo, pour conduire sur 2000 km vers le sud un camion Berliet rouge (version du film colorisée) flambant neuf, affrété d’un mystérieux chargement d’une valeur déclarée de 100.000 dollars, direction Moussorah. Pendant une conversation téléphonique entre Castagliano et son client, on apprend qu’il a engagé Steiner la veille pour qu’il en sache le moins possible sur ce camion.

Le camion suscite la jalousie de tous les chauffeurs, mais le chargement, lui, attire uniquement la convoitise de Rocco (Jean-Paul Belmondo), conducteur expérimenté. Lors d’une soirée arrosée entre chauffeurs, ce dernier réussit à duper Steiner et à partir à sa place à l’aube au volant du Berliet ; il récupère en sortant de la ville une jeune femme, Pepa (Andréa Parisy). Sorti de ses gonds, Castagliano renvoie violemment Steiner et Ali, le mécanicien complice de la duperie, puis lance Hervé Marec (Lino Ventura), dit «le Plouc», à la poursuite de Rocco, en échange d’une prime substantielle. Castagliano refuse d’appeler la police pour cette affaire par principe mais Marec comprend que c’est plutôt en raison du contenu du camion plutôt que de ses principes.

Peu après avoir quitté l’entreprise de transport, Steiner parvient à se faire prendre à bord par Marec, en lui proposant de se relayer mutuellement pour la conduite du camion. Marec accepte et renvoie Ali qui l’accompagnait. Même si Rocco essaie de les retarder en montant contre eux les habitués du relais routier tenu par un certain Halibi (Pierre Mirat), le camion de Marec est moins chargé que le sien, et se rapproche peu à peu de sa cible. Pourtant, divers aléas de la route les retardent et envoient régulièrement le camion de Marec dans le décor : les mauvais coups de Rocco, le fech-fech… Heureusement, Mitch-Mitch (Bernard Blier), un autre camionneur au caractère goguenard, croise à chaque fois opportunément leur chemin au volant de son camion et les tire d’affaire.

Au cours de la poursuite, on découvre que c’est Pepa qui a donné l’idée à Rocco de détourner le chargement. Après le franchissement de la frontière de la république du Hijjar, à Cherfa, pour gagner une centaine de kilomètres, une patrouille de police vient contrôler l’identité des chauffeurs. Marec reste intrigué par l’hésitation du policier lorsqu’il a affaire à Steiner, et par le fait qu’ils cherchent un certain Peter Frocht, qui s’occupait du maintien de l’ordre dans l’ancien gouvernement. À partir de là, Marec comprend que Steiner, en plus d’être un chauffeur débutant et peu fiable, est aussi un mercenaire, ancien haut responsable de la dictature récemment renversée, et qui lui a enlevé tout ce qu’il avait alors. Steiner quant à lui comprend que Marec, s’il met la main sur le chargement de Rocco, n’a absolument pas l’intention de retourner chez Castigliano, et compte bien reprendre à son compte l’idée de Rocco…

Les répliques cultes écrites par Michel Audiard :

– Tu sais quand les types de 130 kilos disent certaines choses, ceux de 60 kilos les écoutent.

– Où est-ce que t’as appris que l’argent faisait le bonheur ? T’as été élevée chez les laïcs, toi ?

– Quand un chauffeur veut un congé ou de l’augmentation, il vient me trouver, je l’écoute et… je le vire.

– Dans la vie on partage toujours la merde, jamais le pognon. Personne…

– Mais j’rêve pas, c’est l’équipe de fer. Tiens, je disais justement à Saïd: C’pauvre plouc avec les mauvais yeux qu’il a maintenant va bientôt falloir mettre des filets au bord de la route, pour pas qu’il aille se foutre dans le ravin. Et bien bravo jeunes gens !
– T’as une barre de remorquage ?
– J’ai tout ce qu’il faut, toujours. Quand tu roules devant moi j’emporte même un moteur de rechange. T’arriveras plus à me surprendre. Enfin ce coup-là on n’aura pas à creuser, c’est déjà ça. J’aime mieux qu’on t’opère en surface. Parce que, parti comme t’étais l’autre coup, en améliorant un peu, fallait amener les… les spéléologues.

– Figure-toi qu’un jour sur la piste d’Ibn Saoud j’tombe sur un p’tit ingénieur des pétroles avec sa Land Rover en rideaux. Il avait sa bonne femme avec lui, la, une grande blonde avec des yeux qui avaient l’air de rêver, puis un sourire d’enfant… Une salope, quoi.

– Réponds-moi Plouc, dis-moi la vérité.
– Quoi ?
– Est-ce que je suis une putain ?
– Ben… enfin… tu couches toujours avec tout le monde… enfin je veux dire avec les copains quoi ?
– Oui.
– Et y’en a pas un, des fois, qui t’aurait refilé de l’oseille, non ?
– Non.
– Et ben alors ! T’es notre petite Angèle. C’est tout.

Voir sur YouTube : « Cent mille dollars au soleil (1964) – Fallait amener les spéléologues » par Le Monde des Avengers

Oldtimer – Alfa Romeo 2600 Sprint (1962-66)

Outre le Giulietta, Alfa sort, de 1958 à 1964, 18.500 voitures de catégorie supérieure. Parmi elle, en 1958, Alfa présenta la berline 2000 qui, on ne sait trop pourquoi, n’obtint pas le succès escompté. Selon son habitude, l’usine la transforma sans perdre de temps en cabriolet, carrossé par Touring, et en coupé.

L’arrivée du nouveau moteur :

La Sprint fut présenté en 1960. Sa carrosserie harmonieuse et avant gardiste avait été dessinée par le jeune styliste Giorgio Giugiaro, qui faisait alors ses débuts chez Bertone. En 1962, la 2000 fut dotée d’un nouveau moteur 6 cylindres en ligne de 2584 cm³ avec pompe à essence électrique, à deux carburateurs double corps sur la berline et trois double corps sur les Sprint et Spider. La berline 2600 fut elle aussi boudée par la clientèle. Le cabriolet Touring et le coupé Bertone poursuivirent cependant leur carrière sans changement appréciable, malgré leur nouvelle mécanique.

Le second souffle :

Le coupé, qui avait eu des débuts laborieux avec 700 exemplaires construits en deux ans, commença alors une seconde carrière nettement plus brillante : plus de 7000 exemplaires furent vendus en quatre ans. Le cabriolet Touring subit un sort inverse et ne fut construit qu’à 2455 exemplaires en version 2600, soit 1000 de moins que dans la version précédente. En effet, le modernisme du dessin de Giugiaro était tel qu’il restait parfaitement actuel à la fin de années 60. C’est grâce à lui que le coupé 2600 fut la seule Alfa Romeo de grosse cylindrée à obtenir u succès commercial significatif depuis la guerre.

La carrière du modèle 2600 :

2600 Berline : Elle ne connut pas une diffusion digne de ses qualités. Représentant un très haut de gamme, elle était affichée à un prix très élevé et le constructeur ne lui réserva pas une campagne commerciale adaptée car Alfa Romeo avait décidé de donner la priorité au développement de la nouvelle Giulia.

2600 Sprint : Ce fut le modèle le plus diffusé, dont une version spéciale avec conduite à droite pour les marchés spécifiques. Coupé de grandes dimensions, elle accueillait quatre passagers adultes sans peine. Elle était équipée du même moteur que la Spider, développant 145 ch. Sa ligne de carrosserie reprenait celle de l’Alfa 2000 Sprint qui fut l’un des premiers projets de Giorgetto Giugiaro, alors salarié du carrossier Bertone.

2600 Spider : Équipé d’un moteur développant 145 ch, il avait un style semblable à celui de la Giulietta Spider, agréable et très à la mode malgré ses dimensions imposantes qui lui permettaient de disposer de quatre vraies places. La fabrication s’arrêta en 1965, année qui vit la disparition du carrossier Touring. En 1966 Zagato présente sa version de l’Alfa 2600 Sprint, dessinée par Ercole Spada, équipée d’un moteur porté à 165 ch et inaugurant une carrosserie à la ligne très aérodynamique.

De nos jours, ces modèles sont tous très recherchés, notamment la version Zagato, pour leur excellente conservation et leurs qualités. Elles bénéficient en outre d’une cote très élevée en raison de leur rareté. En 1968, la fabrication cesse. Pendant de nombreuses années, Alfa Romeo ne présentera pas de modèles de très haut de gamme jusqu’à la sortie de l’Alfa 6.

Caractéristiques Techniques : 

Moteur : 6 cylindres en ligne ; 2 arbres à came en tête ; cylindrée : 2584 cm3 ; puissance : 145 ch à 5900 tr/mn.

Transmission : Propultion ; BV 5 rapports.

Dimensions : Empatement : 2,58 m ; voies avant et arrière : 1,40 m ; Poids : 1250 kg.

Performance : Vitesse de pointe : 200 Km/h.

Cote actuelle : à partir de 25.000 € pour une Sprint et de 50.000 € pour le Spider.

Disque – Jacques Dutronc – Et moi, et moi, et moi (1966)

Jacques Dutronc, né le 28 avril 1943 à Paris, est un chanteur, compositeur et acteur français. Comme chanteur, avec le parolier Jacques Lanzmann, il a interprété les succès « Et moi, et moi, et moi », « Les playboys », « Les Cactus », « J’aime les filles », « Il est cinq heures, Paris s’éveille », « L’Hôtesse de l’Air » et « Gentleman Cambrioleur ». En 1973, Jacques Dutronc entame une carrière d’acteur de cinéma, avec Antoine et Sébastien de Jean-Marie Périer. Il tourne par la suite pour Claude Lelouch, Andrzej Żuławski, Jean-Luc Godard, Jean-Pierre Mocky, Claude Chabrol et Maurice Pialat. Un César d’honneur lui est remis en 2005 pour l’ensemble de sa carrière au cinéma.

Les débuts :

À partir de 1958, Jacques Dutronc fréquente ce qui devient bientôt le lieu culte du rock français : le Golf-Drouot d’Henri Leproux. Dans ce club du 9ème arrondissement de Paris se produisirent de 1961 à 1981 plus de 6000 groupes amateurs et la plupart des artistes débutants du rock des années 1960-70 (français et étrangers), ainsi que des milliers d’inconnus qui ont tenté leur chance sur la petite scène le vendredi soir devant un public averti. C’est là qu’il retrouve d’autres copains, futurs confrères et concurrents : Long Chris, Dany Logan, Johnny Hallyday et Eddy Mitchell.

Dessinateur, guitariste, assistant de directeur artistique, compositeur, puis chanteur, Jacques Dutronc participe au début de l’époque yéyé en étant guitariste dans le groupe El Toro et les Cyclones, et rencontre de présentes ou futures vedettes à l’occasion de prestations de son groupe. C’est ainsi qu’il compose au début des années 1960 « Fort Chabrol », un morceau qui sera un succès instrumental des Fantômes, pour qui il compose deux autres titres. José Salcy et Françoise Hardy reprennent ce titre qui devient avec des paroles « Le Temps de l’amour », un des premiers hits de Françoise Hardy. Jacques Dutronc et son groupe, El Toro et les Cyclones, signent chez Vogue le 9 octobre 1961. Il est également guitariste d’Eddy Mitchell pendant cette période de manière ponctuelle. Après son service militaire, il devient co-directeur artistique des éditions Alpha de Jacques Wolfsohn, lui-même directeur artistique chez l’éditeur phonographique Vogue.

Le succès « Et moi, et moi, et moi » (1966) :

Jacques Wolfsohn, propose à Jacques Lanzmann, alors directeur du magazine Lui et romancier, d’écrire des chansons. Le 45 tours « Et moi, et moi, et moi » deviendra un des tubes de l’été 1966 (plus de 100.000 ventes), et les autres chansons connaitrons également un certain succès notamment « Mini, mini, mini ». Jacques Dutronc révèle au mensuel Salut les copains : « Ce qui a accéléré les choses pour le disque, c’est qu’étant dans la maison, je savais exactement à qui adresser mes demandes et à qui botter le cul pour que ça s’exécute ».

En 1966, son premier album sort chez Vogue. Il enchaîne les tubes, avec « Les Play-Boys », « Les Cactus », « J’aime les filles » ; en cette année de révélation, Jacques Dutronc assurera plus de 200 concerts à travers la France.

Autres albums remarquables :

Il est cinq heures (1968) : fait partie des séries des premiers 33 tours de l’artiste (entre 1966 et 1970) où on insère le disque dans la pochette après ouverture de celle-ci. Les titres de l’album comprennent l’ensemble des morceaux de trois 45 tours (4 titres) : « La Publicité », « Il est cinq heures, Paris s’éveille » et « Le courrier du cœur ». Cet album comporte les premiers morceaux créditant Anne Ségalen comme coauteur des paroles. Son titre-phare, « Il est cinq heures, Paris s’éveille », se classera N°5 en France, mais également N°3 aux Pays-Bas. C’est le flûtiste classique Roger Bourdin qui joue de la flûte dans ce morceau. On trouve également sur ce disque « Fais pas ci, fais pas ça », qui sert aujourd’hui de générique musical à la série de télévision du même nom, ainsi que « Le plus difficile » (classé N°9 en France), et « Hippie hippie hourrah », qui sera repris plus tard par le groupe Black Lips.

Guerre et pets (1980) : Cinq ans ont passé entre son précédent album, Jacques Dutronc et ce Guerre et Pets, qui est le premier des deux albums publiés par Gaumont Musique, après son départ de Vogue, son label depuis le début des années 1960. La majorité des textes de l’album sont écrits par Serge Gainsbourg, ami de Dutronc (qui venait de connaître un énorme succès avec Aux armes et cætera), qui lui concocte le fameux « L’Hymne à l’amour (moi l’nœud) ». Jacques Lanzmann, jusqu’alors auteur exclusif des chansons – et pour la plupart des tubes – de Dutronc, ne participe qu’à l’écriture de deux chansons (« La Vie dans ton rétroviseur » et « Manque de tout »). Dutronc reprend un titre qu’il a composé pour sa compagne Françoise Hardy dix-huit ans plus tôt : « Le Temps de l’Amour ». Guerre et Pets, disque d’or, s’est vendu à 168.000 exemplaires.

Discographie :

1966 : Et moi, et moi, et moi
1968 : Il est cinq heures
1969 : L’Opportuniste
1970 : L’Aventurier
1971 : Jacques Dutronc
1972 : Jacques Dutronc
1975 : Jacques Dutronc (Gentleman Cambrioleur)
1980 : Guerre et pets
1982 : C’est pas du bronze
1987 : C.Q.F.D…utronc
1995 : Brèves Rencontres
2003 : Madame l’existence

Voir sur YouTube : Jacques Dutronc « Et moi, et moi, et moi » (live officiel) ; Jacques Dutronc « Il est cinq heures Paris s’éveille » ; « Jacques Dutronc « Gentleman cambrioleur » (live officiel) » par Archive INA ; « JACQUES DUTRONC – MERDE IN FRANCE » par Ringard Willycat

https://www.youtube.com/watch?v=iRIxIXheO5k