Série TV & Livre – Les nouvelles aventures de Vidocq (1971-73)

Le thème : 

François Vidocq a connu le bagne. Évadé, le voici de retour dans le Paris du début du XIXe siècle. De petites arnaques en déguisements, l’ancien condamné parvient à échapper à son ennemi de toujours, l’inspecteur Flambart. Les deux hommes vont finalement faire équipe au sein de la Sûreté nationale, un service de police créé spécialement pour Vidocq, dans lequel il retrouve ses anciens compagnons que sont Desfossés et l’Acrobate, auxquels s’ajoutent le marquis de Modène et le fameux roi de la prothèse, appelé le Docteur. Dans ces nouvelles aventures, Vidocq se heurte à une ravissante “baronne”, redoutable chef de bande. Les affaires confiées à Vidocq ne sont pas seulement des affaires policières, mais également des affaires délicates, des affaires politiques, voire diplomatiques.

Cette série télévisée française en treize épisodes de 55 minutes, fut réalisée par Georges Neveux et Marcel Bluwal et diffusée de 1971 à 1973 sur la première chaîne de l’ORTF. Claude Brasseur (Vidocq) est entouré de Danièle Lebrun (la baronne Roxane de Saint-Gely), Marc Dudicourt (l’inspecteur Flambart), et la bande à Vidocq : Jacques Seiler (Louis Desfossés), Pierre Pernet (l’acrobate), Alain MacMoy (le marquis de Modène) et Walter Buschhoff (le docteur). Cette très bonne série Française qui mêle l’histoire de l’ère Napoléonienne à la fiction s’inspire librement de l’authentique Vidocq qui a réellement existé, et qui a d’ailleurs écrit ses mémoires.

À lire : “Les véritables mémoires de Vidocq” aux Éditions de La Decouvrance: 

Tour à tour boulanger, colporteur, marin, contrebandier, bagnard, puis chef de la police de Sûreté et pour finir industriel, inventeur et écrivain, François Vidocq (né à Arras, 1775-1857) est un personnage hors du commun. Ses exploits inspirèrent nombre d’écrivains tels Balzac, Eugène Sue, Alexandre Dumas… Victor Hugo, dans Les Misérables, immortalisera Vidocq dans le personnage de Jean Valjean. François Vidocq écrit ces Vraies mémoires en 1827. Son éditeur apportera alors quelques modifications afin d’embellir la vie mouvementée de ce personnage hors du commun. Cet ouvrage est la réédition du texte d’origine, expurgé des améliorations ultérieures.

Voici une description de l’authentique Vidocq faite par l’historien Jean Tulard : 

“Ce que retiendra la postérité, c’est qu’Eugène-François Vidocq fut, grâce au succès de ses Mémoires parus sous la Restauration, le père du roman policier. D’abord ses récits, probablement très arrangés, constituent une mine pour un auteur à la recherche de sujets. D’autre part, l’homme lui-même fut l’un des premiers détectives privés de notre histoire, ayant fondé une agence au service des particuliers après son éviction de la police officielle.

Pour le reste, on ne sait rien de sûr en raison de l’incendie des archives de la Préfecture de police en 1871. Il serait né à Arras, le 24 juillet 1775, d’un père maître boulanger et aurait fait preuve très tôt d’aptitudes pour le vol et la débauche. Travailla-t-il chez un acrobate ? Fut-il déserteur ? Ce qui est certain, c’est qu’il fut condamné au bagne et qu’il n’eut de cesse d’en sortir.

La chance lui sourit en la personne d’Henry, chef de la deuxième division à la Préfecture de police, celle dont relevaient les affaires criminelles et le sommier général contenant le signalement des prévenus de délits graves. Surnommé « l’ange malin » par le monde des escarpes, il lui avait paru efficace d’embaucher d’anciens bagnards pour lutter contre les chourineurs, les faux monnayeurs et autres voleurs à la tire. Écoutons le préfet de police Pasquier : « M. Henry avait, avec ma permission, fait sortir de Bicêtre où il était détenu à la suite de deux ou trois évasions des bagnes de Brest et de Toulon, un sieur Vidocq. Déjà, il avait dans la prison de Bicêtre rendu à la police d’assez importants services, et on lui avait dû d’utiles avertissements, fondés sur les relations que les voleurs enfermés trouvent toujours moyen d’entretenir avec ceux du dehors. M. Henry avait donc jugé qu’il pourrait, si on le mettait en liberté, faciliter dans Paris de précieuses découvertes, et il ne s’était pas trompé ». Mais il ajoute : “Cette confiance publiquement accordée, et avec tant d’abandon, à un homme condamné, a été d’un très mauvais effet et elle a beaucoup contribué, en plusieurs occasions, à déconsidérer la police.” 

On ignore les raisons qui poussèrent Vidocq à trahir son milieu. Peut être accepta-t-il de devenir le pourvoyeur du bagne pour cesser d’en être le locataire. C’est la raison que donne Balzac dans sa Dernière incarnation de Vautrin, un personnage inspiré par Vidocq.

En 1811 fut créée une brigade spéciale uniquement recrutée parmi les forçats plus ou moins repentis. Vidocq en eut la direction et fut rémunéré sur les fonds secrets. Il s’installa rue Sainte-Anne. Henry s’étant retiré en 1822, Vidocq, si l’on en croit les Mémoires de Canler, dut le suivre.

On le regretta. Et, le 31 mars 1832, il devenait chef de la police de sûreté. Les attaques reprirent : il fut accusé d’avoir dirigé la répression qui suivit le soulèvement de juin 1832 et La Tribune le présenta sous les traits d’un agent provocateur. Gisquet, nouveau préfet de police, préféra sacrifier son agent. « Jusque-là, écrit-il dans ses Mémoires, on pensait généralement qu’on ne pouvait faire la police des voleurs qu’avec des voleurs. Je voulus essayer de la faire faire par des gens honnêtes ». Le 15 novembre 1832, Vidocq donnait son accord en se retirant pour la seconde fois.

La Sûreté fut réorganisée sous Allard, mais Vidocq, grâce aux rééditions de ses Mémoires, resta un homme en vue, recherché par les écrivains.

Devenu un mythe, Vidocq a inspiré le Vautrin de Balzac, le Jean Valjean de Victor Hugo et le Jackal des Mohicans de Paris de Dumas.”