Film – Série Noire Pour Une Nuit Blanche (1985)

Ce thriller (Prix spécial du jury au palmarès du 4e Festival du film policier de Cognac en 1985) est véritablement original et met en scène Jeff Goldblum en mari insomniaque et cocu qui prend la fuite avec une femme fatale improbable, Michelle Pfeiffer. Glamour et mort violente co-existent à la perfection dans ce polar de bande dessinée qui fonctionne comme un rêve. Ce film réunit une pléthore de réalisateurs célèbres jouant des petits rôles, parmi lesquels John Landis lui-même (interprétant le chef d’un clan d’assassins iraniens, un type débile et particulièrement gaffeur qui ne cesse de hurler), Roger Vadim (un méchant nommé «Monsieur Melville»), David Cronenberg (en tant que patron de Goldblum), Lawrence Kasdan et Jonathan Demme (comme officiers de police). On retrouve aussi des célébrités telles Irène Papas (en patronne des truands iraniens), le chanteur David Bowie (en très jovial tueur à gage britannique) mais aussi Jim Henson, Vera Miles et Dan Aykroyd… La musique est signée B.B. King.

Goldblum joue Ed Okin, un ingénieur aérospatial qui est frappé par une sorte de malaise existentiel difficile à définir. Il surprend sa femme au lit avec un autre homme. Dans la nuit sans vraiment savoir pourquoi, sa destinée s’enchevêtre avec la vie complexe de Diana (Pfeiffer), contrebandière de bijoux qui a des connexions avec l’industrie cinématographique et qui se retrouve confrontée à de graves problèmes quand elle passe clandestinement des joyaux qui appartenaient autrefois au Shah d’Iran.

Ce film est l’exemple fascinant du neo noir, qui sortait dans les années 80 bien qu’il ait en fait une fin ayant la fraîcheur des années 70. Dans une ambiance nuancée où la palette de couleur se veut discrète, il commence en douceur. Le film débute par la vie sans intérêt d’Ed où nous partageons sa routine d’ingénieur insomniaque pendant plus d’un quart d’heure. Cela peut éloigner certains téléspectateurs, mais ce serait dommage car cet effet est voulu pour offrir un contraste avec ce qui se produit quand Diana débarque dans la vie d’Ed tel un ouragan, car à ce moment là tout change, y compris le rythme.

Ce film est souvent très drôle et c’est un bon divertissement (comme le classique de Landis “Le loup-garou de Londres”, sorti en 1981) ; ce genre un peu hybride au langage parfois ordurier, parfois violent aussi (on se retrouve avec au moins 12 cadavres sur les bras à la fin de l’histoire), va de pair avec une histoire de plus en plus surréaliste et qui se termine dans un clap de fin encore plus incroyable à l’aéroport de L.A. Le scénario n’est pas sans rappeler celui de “Body Double” tourné par Brian De Palma un an plus tôt, qui raconte lui aussi l’histoire d’un looser trompé par sa femme et sans vrais amis, qui va vivre un cauchemar éveillé à la suite d’une rencontre avec une mystérieuse jeune femme.

Le mélange de comédie et de drame peut être si difficile à réaliser qu’il est rarement utilisé dans un cadre réaliste. Mais ici, il est complètement réussi, nous fournissant une sorte de version noire de ces comédies classiques comme “Bringing Up Baby” et “The Lady Eve” dans laquelle les femmes d’argent gâchent la vie d’hommes débonnaires et placides qui tardent à réaliser qu’en fait, ils cherchent à mettre un peu de piment dans leur vie. “Série noire pour une nuit blanche” essaie de préserver un tout cohérent, et contre toute attente y parvient admirablement.

Réalisateur : John Landis
Producteur : George Folsey Jr.
Scénario : Ron Koslow
Image : Robert Paynter
Direction artistique : John J. Lloyd
Musique : Ira Newborn et BB King
Réalisé par : Laurent Kandry, David Kaulin, David Kaplan

Voir sur YouTube : “Bande-annonce (Trailer) Série noire pour une nuit blanche (Into The Night) VOSTFR HD” par elephantfilms

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